Situation budgétaire de Vaulx-en-Velin : les frais de fonctionnement

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Mercredi 19 décembre 2018

Le budget d’une ville est assez simple en apparence, ce qui le rend complexe, c’est la ventilation dans les différents postes qui mériteraient plus de détail.

A quoi correspond un poste RECEPTIONS qui passe de 2500 à 4500 euros ou VOYAGES et DEPLACEMENTS qui passe de 1500 à 4500 euros ? 

Le budget se compose des recettes et revenus suivants :

  • Les impôts locaux
  • les dotations de l'état : à travers la DGF (Dotation Globale de Fonctionnement) l’état reverse à chaque commune une somme d’argent en fonction de différents critères. Comprenez bien que cet argent n'est pas une manne tombée du ciel : c'est celui qui sort de vos poches et que vous avez déjà payé à travers votre impôt sur le revenu et des nombreuses et diverses taxes telles que la TVA, la taxe sur les carburants, les cigarettes, ...
  • les revenus divers qui proviennent de la vente de certains services municipaux payants (PVs, Cantine scolaire, droits d’inscription à la bibliothèque, école de musique, ...)
  • les emprunts auprès des banques, qui permettent de répartir le coût d’investissements importants sur plusieurs années

Et des dépenses :

  • les dépenses de fonctionnement qui servent à pourvoir aux besoins de la commune au quotidien : entretien des bâtiments, des routes, des rues, des trottoirs, paie des employés municipaux, subventions aux associations, banquets et frais divers des élus, ...
  • les dépenses d'investissement (construction d’équipements sociaux, sportifs, culturels, aménagement de nouveaux quartiers, etc ...) qui sont décidées directement par le conseil municipal.
  • les dépenses qui concernent le remboursement des dettes de la commune (1,6 millions .

Une municipalité pour défendre son budget avance toujours deux principes. Vanter la maîtrise des dépenses de fonctionnement et mettre en avant une politique forte d’investissements au service des habitants.  La recette est connue et éculée. Pendant au moins trois quarts d’heure,  la municipalité va expliquer qu’elle est fantastique et se congratuler.   C’est la pratique courante.  

L’opposition va relativiser l’enthousiasme de la majorité en mettant en avant quelques points relativement négatifs avec en premier lieu une dette qui frôle avec les limites tolérables. Il faut dire que Vaulx-en-Velin est en tête du palmarès des villes les plus endettées. Et l’avenir s’annonce assez sombre  quoiqu’en dise l’adjoint aux finances.  

Pour investir en évitant d’emprunter, il faut réduire les frais de fonctionnement pour dégager de la capacité d’autofinancement. La pression mise par  le gouvernement en limitant l’augmentation des frais de fonctionnement à  1,46% incite la municipalité à chercher des économies, allant jusqu'à procéder à des licenciements d’employés municipaux.

Il faut dire que les charges de personnel  sont le premier poste en termes de frais de fonctionnement de la ville de Vaulx-en-Velin. (67 % des recettes sont consommés par les frais de personnel). Ceci malgré des transferts de compétences de la ville vers la métropole dans de nombreux domaines et l’externalisation de certains services.

La chambre régionale des comptes a à plusieurs reprises  mis en avant dans ses analyses la forte augmentation des charges de personnel dans les collectivités et souvent sans services supplémentaires. Dans certains cas, la chambre régionale des comptes fait état d’emplois de complaisance.  Je laisse à nos élus de l’opposition le soin de demander quelques explications si cela est nécessaire.

Il semble cependant que la municipalité doit faire appel à des vacataires pour pallier l’absence de titulaires. En effet le taux d’arrêt maladie des agents est très élevé sur la ville. Environ 44 jours d’arrêt en moyenne par agents avec parfois des arrêts pour longue maladie ce qui devrait finir par poser quelques problèmes à la mutuelle qui en général n’aime pas les déséquilibres financiers.

Au sujet du personnel, voilà une information sur le fameux rapport Auroux. Un élu très bien placé de l’exécutif m’a dit qu’il n’existait pas. Etant comme Saint Thomas j’ai fait une demande à la municipalité qui comme de bien entendu n’a répondu qu’après sommation par la CADA. Le rapport Auroux n’est pas communicable,  car il n’est pas encore finalisé. Incroyable non ? Quatre années après la venue de l’ancien ministre du travail, le fameux rapport, plusieurs fois promis à la presse et aux élus n’est pas finalisé.  J’ai fait une demande à Madame la maire pour connaitre le montant de la prestation de Monsieur Auroux mais je vais devoir attendre le recours à la CADA. Comme quoi, la notion de transparence est toute relative.

Je pense qu’il existe encore des marges de manœuvre sur le budget de fonctionnement. Outre des actions à mener sur des frais annexes comme les frais d’affranchissements qui paraissent élevés en rapport avec les moyens de diffusion il est possible de réduire de plusieurs dizaines de milliers d’euros, voir plus les postes communications municipales.

Une analyse sommaire du magasine MAG2LYON,  indique que la situation financière vaudaise ne s’est pas spectaculairement améliorée depuis 4 ans, faisant état de l’alourdissement de la dette. L’équilibre financier serait précaire, il est question de prêts pour assurer la trésorerie quotidienne et le fait que les entreprises peinent à se faire payer.

Autant de question que pourraient poser nos élus à l'adjoint aux finances ou directement à Madame la maire.  

Un audit des comptes de la ville par un organisme indépendant serait le bienvenu. Les organisations qui font contrôler leurs comptes alors qu'elles n'y sont pas soumises par la loi expriment, ce faisant, une volonté de transparence, indispensable au bon fonctionnement des échanges et à la confiance.

Thomas Petragallo