Situation budgétaire de Vaulx-en-Velin

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Samedi 22 décembre 2018

Ce n’était pas jour de fête pour la municipalité jeudi soir lors du conseil municipal. Comme il fallait s’y attendre, les reproches sont tombés sur les épaules de l’exécutif, mais cette fois avec quelques arguments qui dépassaient le cadre d’une simple confrontation entre majorité et opposition. Et pas seulement sur la délibération qui concernait le budget. D’autres délibérations ont fait l’objet de questions très pertinentes. C’est sans doute pour cette raison que les élus de l’exécutif faisaient grise mine. Y compris Hélène Geoffroy qui n’était pas aussi enjouée que d’habitude. L’approche des municipales commence à rendre les esprits plus tendus et puis sans doute le fait qu'il n'est pas simple de diriger une ville comme la notre en occupant également une multitude d'autres fonctions. 

Même Stéphane Gomez l’ex premier adjoint, en général assez pinçant semblait éteint. Est-ce la petite pique de Stéphane Bertin dans un article paru sur le site de l’APVV concernant la communication faite au sujet des 70 ans de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1948 avec en photo celle de 1789 ? Ou bien la réforme gouvernementale sur le Bac qui ne donne pas satisfaction à tous les enseignants ? Est-ce du fait qu’il commence malheureusement à mesurer que l’impéritie dont il affublait  l’ancienne municipalité s’est propagée dans les rangs de son exécutif ?  Ou simplement la rivalité qu’il contient avec Pierre Dussurgey plus bavard qu’a l’accoutumé ?

Concernant le débat budgétaire,  les différents groupes se sont apparemment focalisés sur les mêmes points. En premier lieu la dette de la ville. L’année de tous les dangers, de tous les excès, c’est ainsi qu’est perçu le budget de la ville. Et Christine Bertin, après un Nordine Gasmi très en verve d’annoncer l’évolution de la dette au cours du mandat. 2015 : 5,3M€, 2016 : 2M€, 2017 13M€, 2018 : 10M€ en budget, et 2019 : 11,4M€…  suivi d’une remarque pertinente de Philippe Zittoun qui pose la question suivante « Lors du débat d’orientation budgétaire il y a un mois, vous nous annonciez une capacité de désendettement de  12,4 années, cependant en l’espace d’un mois, vous nous annoncez 2 millions d’emprunts supplémentaires, les 12,4 années sont-elles toujours d’actualité ? ».

Sachant qu’une zone dangereuse  à mettre sous surveillance commence autour de 11-12 années, faut-il pour autant s’inquiéter ? Emprunter pour des investissements n’est après tout pas négatif. De nombreux ménages s’endettent pour acheter leur logement, voire une voiture, c’est donc souvent un passage obligé. Seulement voilà, quelle est la particularité vaudaise pour avoir un encours de dette par habitant le plus élevé de la métropole. 1718 euros par habitant en 2017. 60 % au-dessus de la moyenne de la strate, surement plus aujourd’hui. Vénissieux investie, Décines investie, Bron investie, Villeurbanne investit, mais avec une dette de 158 euros par habitant. Il y a de quoi s’interroger sur l’état de nos finances.

Alors Hélène Geoffroy apporte des explications, mais la situation est compliquée à défendre d’autant qu’elle a toujours voté le budget de Bernard Genin et Maurice Charrier lors de son passage dans l’opposition et les socialistes étaient auparavant allié avec les communistes dans la gestion de la ville. Si héritage il y a, il est également de sa responsabilité.

Un budget se doit d’être sincère, au plus prêt de la réalité. Dire que 11,4 millions sont inscrit au budget mais que « nos prévisions tournent autour de 8,3 millions pour 2019 » laisse interrogatif sur les autres postes. Et si la réalité pousse vers 14 millions d’emprunts quelle conclusion en tirer ?

J’entends l’argument d’Hélène Geoffroy sur le fait que sur la ville des habitants sont en difficultés sociales et que la solidarité doit s’exercer en matière de finance, les plus riches participants à cet effort à travers l’impôt. À terme, 93 % des vaudais ne seront pas assujettis à la taxe d’habitation. Mais notre Mairesse oublie de dire que si la ville obtient autant de dotations de l’état et des autres collectivités c’est justement du fait de la situation de la ville. C’est une compensation liée aux difficultés de la ville.  Il ne faut pas oublier qu’en matière d’impôts sur le revenu, aujourd’hui seuls 43% des ménages  sont éligibles.  C’est un peu la double peine pour la classe moyenne vaudaise.   

Philippe Zittoun dans son intervention a fait état d’une capacité d’autofinancement négative. Il est vrai que c’est le fond de compensation pour la TVA (FCTVA) qui est un prélèvement sur les recettes de l’état qui permet d’alimenter l’autofinancement.  C’est une dotation versée aux collectivités territoriales et à leurs groupements destinés à assurer une compensation (encore une compensation) , à un taux forfaitaire, de la charge de TVA qu’ils supportent sur leurs dépenses réelles d’investissement et qu’ils ne peuvent pas récupérer par la voie fiscale puisqu’ils ne sont pas considérés comme des assujettis pour les activités ou opérations qu’ils accomplissent en tant qu’autorités publiques.

Ce qui est très étonnant, c’est qu’entre le débat d’orientation budgétaire qui a eu lieu il y a seulement un mois, de nombreuses dépenses non budgétées sont apparues. Et non des moindres. La médiathèque rebaptisée, semble-t-il, maison de quartier voit son coût monter en flèche. 1,4 million d’euros de supplément entièrement à la charge de la ville et rien ne dit que ce coût ne va pas grimper de nouveau dans les mois à venir. Je vais porter une attention particulière sur ce dossier qui serait l’objet d’un article en début d’année, car des faits intéressants ont été apportés par les élus.

Les dépassements ne se limitent pas seulement à la médiathèque, le groupe scolaire Beauverie est dans le même cas.

Une autre délibération a fait l’objet d’interrogations et pas uniquement dans les rangs de l’opposition puisque deux élus de la majorité ont voté contre et une élue s’est abstenue. 

Il s’agit de l’achat de deux appartements situé dans le château à un prix sans commune mesure avec ce qui se pratique à Vaulx-en-Velin, et de loin ont conclu avec expérience à l’appui les élus qui se sont interrogés sur le montant payé par la ville. Notamment un T4 de 94 m2 sans grand luxe avec deux parkings pour le montant de 357 000 euros. Vous pouvez faire les agences, elles sont nombreuses au village, c’est une très très bonne affaire pour le propriétaire qui est d’ailleurs à l’origine de la sollicitation à la ville.  

C’est compliqué de marcher dans contre son camp, c’est plus facile de rester dans le confort d’un groupe, de baisser la tête en votant favorablement en pensant à la sauvegarde de ses indemnités avec un projet personnel qui ne s’arrête pas à un mandat. Beaucoup ménagent la chèvre et le chou, râlent en interne, mais avalent toutes les couleuvres possibles et inimaginables sans faire de remarques lorsque cela s’impose. Ce n’est même pas de la discipline politique, c’est innommable.

Il faut donc saluer l’abnégation de Jean Michel Didion et Mourad Ben Driss qui en étant dans la majorité ont voté contre la délibération d’achat des deux appartements. Éliane Da Costa aurait du les suivre, car sur un sujet comme celui-ci soit on est pour, soit on est contre. Comment cette situation va-t-elle se traduire pour Jean-Michel Didion. Va-t-il faire l’objet de la jurisprudence Geoffroy qui dit qu’adjoint doit suivre la voie de son maître sous peine d’être démissionné tel que cela s’est produit il y a quelques mois pour une adjointe de l’APVV.   

Il y a donc beaucoup à dire sur l’aspect financier de la ville et il mérite une attention particulière. Sans compter la problématique du personnel municipal  évoqué dernièrement. 

La touche finale de cet article se veut comme un rayon de soleil dans la grisaille hivernale. Les participants se sont mobilisés en force pour participer à la commission développement durable. Nous allons avoir un véritable bataillon en lutte pour la préservation de l’environnement. Je ne peux que sincèrement m’en réjouir en espérant des actions concrètes. De par des années d’expérience, pour ne pas dire quelques décennies à l’aube de mes 60 ans,  je connais la théorie de la pirogue ou pour la faire avancer on trouve généralement plus d’aboyeurs que de rameurs. J’ose ainsi espérer que le prochain nettoyage de printemps verra une participation massive et que l’action « faites  de la propreté » ne servira pas uniquement d’argument de communication. J’espère également que ceux qui ce sont inscrits participeront activement et ne feront pas trois petits tours et puis s’en vont ...... car moi pas avoir été élu président.

Et puisque il est de coutume dans les interventions municipales de la majorité de conclure par une citation, ce qui sauve parfois le discours d’un intervenant pourtant préparé à l’avance, je ne citerais pas une phrase de Jaurès qui en réalité est de Victor Hugo comme l’a fait Madame Dahoum, mais une devise « Unus pro omnibus, omnes pro uno » une locution Latine qui signifie « Un pour tous, tous pour un » en français. Ce qui exprime la solidarité et l’unité, que je trouve indispensables pour que nous puissions gagner le grand défi contre le changement climatique.  

Je voudrais profiter de l’occasion pour ce dernier article de l’année pour souligner le retour de Laurence Loison, journaliste du Progrés,  sur notre secteur. Je suis certain que les vaudais lecteurs de ce quotidien apprécieront ses qualités journalistiques, de plus en plus rares à notre époque.     

Et bien sur pour souhaiter à nos lecteurs et à tous les vaudais de bonnes fêtes de fin d’année et les meilleurs vœux de l’équipe Médiavaulx pour la nouvelle année.  

Thomas Petragallo