« Nous avons engendré un monstre »

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Jeudi 18 août 2016

Nous vous proposons un petit retour sur l’émission  de France 5 « C’est dans l’air » du 14 avril 2016. Les propos avaient retenu notre attention. Dans le contexte que nous vivons ces derniers jours en termes d’expression du vivre ensemble, les mots tenus par les différents intervenants résonnent encore dans nos têtes.  Il faut dire que rarement nous avions entendu un tel franc parlé. 

C’est François Pupponi, élu socialiste de sarcelle depuis 1995 et maire depuis 1997 soit 19 années pleines. Également député depuis 2007 et depuis novembre 2014 président du conseil d'administration de l'Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU) qui monopolise le plus souvent la parole.  Sans doute du fait de « son expérience de terrain ».

« Les rêves, les vœux pieux,  l’idéal que certains veulent pour les autres. La mixité, ou tout le monde vie ensemble personne n’en veut pour soi, on en veut pour les autres. Il faut la faire, mais quand je dis aux gens venez habiter à Sarcelle, elles partent en courant ces classes moyennes blanches. Il peut y avoir de la mixité sociale sans qu’il y ait des différences d’origine.  On les a communautarisés.

Cela fait 50 ans que cela dure, on a tendance à l’oublier. Manuel Valls met des mots forts, apartheid, ghetto qui sont des mots que l’on aurait pu découvrir un peu plus tôt.  Depuis 25 ans, on s’est un peu « arrangé » avec les ghettos.  Après 1990, 2005, après chaque mouvement on a mis de l’argent pour repeindre, mais pendant ce quart de siècle, sur le terrain globalement la question c’est d’être élu une seconde fois. J’ai vu des maires pactiser avec les forces en présence. En gros c’est un rapport de force.

J’ai vu énormément d’élus locaux essayer de se faire des Alliés, des amis. Pendant 10 15 ans, on s’est allié avec les grosses têtes, les fortes têtes sans trop éventuellement regarder qu’elles avaient un casier judiciaire derrière. Ceux qui entrainaient à attirer les quartiers derrière eux étaient bien souvent les caïds. On a fait avec ses personnes puisqu’elles arrivaient à calmer un peu le jeu. Et quand on est maire, on veut la paix, on achète la paix sociale.

On a commencé par les caïds et ensuite on n’a pas vu venir les salafistes  ni la montée de l’islam.

On s’est encore allié pour des questions électoralistes. Il faut se faire réélire,  passer un pacte avec la mosquée du coin cela peut rapporter un bon réservoir de voix. Petit à petit, on est passé de ces caïds aux représentants de l’islam, parfois on s’est allié avec les deux pour essayer de garantir la paix.

Passer des deals et avec ces deals on arrive au salafisme. S’il n’y avait pas eu les actes terroristes, les propos de Manuels Valls ne seraient pas ceux d’aujourd’hui.    

Tout d’un coup, l’état réagit, car on voit ce que cache ce mouvement salafiste. 1% de la population musulmane.

Pourquoi les classes moyennes blanches refusent-elles de venir dans certains quartiers. Tout simplement parce qu’elles ne se sentent plus en sécurité.

Tout simplement parce qu’elles se sentent victimes d’une sorte de racisme inverse.

Tout simplement parce que certains disent sales blancs

Tout simplement parce que certains ne supportent pas qu’ils ne soient pas musulmans.

Voilà pourquoi elles refusent de venir.

Ce n’est pas un refus raciste, mais la crainte des tensions qui viennent. »

Michel Bernard Requin magistrate honoraire.  Elle a longtemps été substitut du procureur de Paris et a présidé plusieurs associations d'aide aux victimes.

« Dans certains quartiers, à force de culture de l’excuse.  Il y a des gens qui sont en situation difficile, mais il y en a qui font n’importe quoi pendant des années. A force de la politique favorable aux mineurs en disant aucun mineur ne doit jamais  être déprimé on a un certain nombre de personnes, d’individus qui sont bien installés dans une délinquance, une impunité et quand j’entends dire que la prison est un facteur de récidive, car lorsqu’on sort de prison on récidive plus facilement encore faut qu’il y ait passage en prison. 

C’est le moyen de neutraliser quelqu’un momentanément. C’est le moyen de donner une réponse à la transgression. Ce sont aussi des récidivistes qui rentrent en prison. Les statistiques de madame Taubira étaient fausses. Donc ce sont des récidivistes qui sont en prison.

Il y a 20 ans les étudiantes étaient tête nue. Il y a une montée de la religion. Je suis surprise qu’elles se retrouvent beaucoup plus pratiquantes qu’il y a 15 ans.  Pression sur elles ?  Provocations ?.

« Vous avez lié cela au chômage, Alain Boer (grand ami de Manuel Valls)  affirmait quant à lui que le trafic de stupéfiants, la délinquance, l’insécurité n’étaient pas liés nécessairement au chômage et qu’il y avait beaucoup d’autres raisons. Or, il se trouve que comme tous les procureurs j’ai été au conseil de prévention de la délinquance depuis 1984.   

Il se trouve qu’il y a eu des politiques de la ville qui ont été organisées par les gouvernements successifs de droite et de gauche.

Il se trouve qu’on a éparpillé les sommes et les subventions que nous  allouions pour aider les habitants et les maires.

On a fait du saupoudrage, on a pris les grands frères et on a commis une erreur, nous n’avons pas suffisamment surveillé ce qu’était les grands frères. Cela voulait dire que pour avoir la paix sociale. Dans les conseils communaux, tout le monde nous le disait, car c’était la première fois que l’on réunissait le maire, l’instituteur, le juge des enfants, le procureur. Nous avions vraiment une approche commune et la on nous disait qu’il n’y avait besoin que de quelques-uns pour pourrir littéralement la vie des habitants d’un quartier.

Ces quelques un, il fallait répondre à leur comportement, on n’a pas fait suffisamment attention aux grands frères qui étaient souvent des complices que l’on retrouvait en train de commettre des cambriolages et de conduire la voiture qui servait aux cambriolages. Bref…les politiques n’ont abouti à rien. »

François Pupponi :  

« Nous avons engendré un monstre.

Ce sera plus difficile de mettre des riches chez les pauvres que les pauvres chez les riches.

On a communautarisé certaines villes avec une immigration mal gérée. On a fait évoluer le cadre de vie des habitants, mais pas leur condition de vie ».

Le maire communiste Allonnes depuis 2008 n’a pas contredit les propos énoncés ci-dessus. Nous ne comprenons pas comment un élu comme monsieur Pupponi qui révèle sans doute des actions qu’il a menées lui-même de manière à favoriser ses réélections peut se présenter devant les électeurs.  Doit-on imaginer que le schéma décrit par François Pupponi est celui qui s’est déroulé à Vaulx-en-Velin. Quelle confiance peut-on accorder à nos élus. Tout en tenant un discours sur la construction d’un vivre ensemble et de la mixité ils ont fait la part belle au communautarisme par opportunisme. « Nous avons engendré un monstre », mais qui va lutter contre ce monstre.  Nous avons bien vu pour les fêtes du 14 juillet et à travers les revendications des habitants combien la situation est difficile. Ceci favorise la montée du racisme.

Les événements d’Aubervilliers sont un  exemple de montée du racisme entre deux communautés. C’est impensable d’arriver à de telles situations.

V.L