Centres sociaux, la valse des directeurs ?

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Lundi 2 avril 2018

L'activité des centres sociaux était à l’origine  tournée vers les activités de loisirs. Elle est aujourd’hui largement tournée vers l'insertion sociale.  C’est donc un lieu de convergence qui propose diverses activités. De l’animation qui répond aux besoins du public en proposant des actions adaptées ; un « lieu de synergie »  et d’écoute où se rencontrent et travaillent ensemble toutes les forces locales ; un centre « créateur de valeurs collectives », permettant de (re)créer du lien social, de donner du sens à la collectivité et d'impulser des projets communs ; un organisme médiateur, orienté par une volonté d'être un intermédiaire entre les différents acteurs institutionnels locaux, afin de limiter les risques d'exclusion et de favoriser l'insertion des personnes. C’est souvent le seul interlocuteur des habitants et constitue l’unique équipement du quartier.  Ils constituent donc un vecteur indispensable au bon équilibre de la ville.

Ce sont des structures conséquentes composées d’un conseil d’administration élu par les adhérents pour 3 ans et renouvelé pour partie lors de chaque assemblée générale. Il est composé de trois collèges. Un collège usager, un collège associatif et un collège de membres de droit (des représentants de la municipalité et de la caisse d’allocation familiale). Soit environ une vingtaine de personnes

Le Conseil d’administration a pour responsabilité de définir les orientations, de prendre les décisions, de réfléchir et débattre sur les sujets qui vont permettre la réalisation du projet de l’association. C’est à lui de valider les décisions qui engagent l’association et qui auront pu être proposées soit par le bureau, soit par des commissions de travail. De manière habituelle et selon les statuts, le conseil d’administration se réunit de 3 à 5/6 fois par an. C’est en principe le président qui assure l’animation des conseils d’administration.

Le bureau est  l’organe exécutif du conseil d’administration. Il se réunit plus régulièrement et doit assurer la gestion et le bon fonctionnement de la vie quotidienne. Il a donc un pouvoir de décision à partir du moment où celle-ci participe à la réalisation des orientations ou des projets qui ont été validés par le C.A. Le bureau est constitué d'un président, un secrétaire, un trésorier et des membres qui ont été élus par le conseil d’administration. La responsabilité associative peut aussi être portée de façon collégiale sous réserve que ce soit stipulé dans les statuts.

Une vingtaine de salariés assurent le fonctionnement quotidien du centre social, généralement une association loi de 1901, piloté par un directeur. Celui-ci sous la responsabilité et par délégation du Conseil d’administration est garant de l’élaboration et de la mise en œuvre du projet associatif, assure la gestion financière (budget d’environ 1,3 M€), administrative et des ressources humaines, développe et anime les partenariats, accompagne la vie associative. En termes de ressources humaines, il doit s’assurer de la formation du personnel, car les métiers évoluent au sein des centres et plus qu’ailleurs la gestion des compétences est primordiale.

À Vaulx-en-Velin, nous disposons plus que de trois centres sociaux en activité (Peyri au Sud, Levy à la Grappinière, et le Grand Vire au centre-ville). Fin 2015, le quatrième centre social le monde R.E.E.L. a fait l’objet d’une liquidation judiciaire. Pendant des années, l’association a souffert d’un déficit structurel et a perdu sa subvention CAF ainsi que celle du Conseil Général. C’est la municipalité par des subventions extraordinaires qui maintenait à flot la structure. L’arrivée de la majorité PS et « Les différents politiques » entre l’exécutif et le centre ont conduit à sa fermeture.  

Depuis plusieurs années, les directeurs se succèdent ou souffrent en silence. Apparemment ce n’est pas dû qu’a des problèmes financiers. En 2017 le centre Peyri a frôlé la correctionnelle et la municipalité a mis la main au pot. Même si ce n’est pas toujours simple de satisfaire tous les besoins, les finances permettent cependant de faire vivre les centres. Il est question de mauvaise ambiance généralisée entre employés. À tel point que cela mettrait les centres sociaux en difficulté.

Lors du dernier conseil d’administration du Grand Vire, on a pu voir une présidente qui présentait la synthèse d'un questionnaire, reflétant le mal-être des employés, rédigé par... les employés avec pour conclusion : le directeur (arrêté) n'est pas à sa place !

Les centres sociaux vaudais jouant un rôle fondamental pour les habitants, personne n’a intérêt à les voir capoter à l’image de ce qui s’est produit pour le monde R.E.E.L. La CAF a semble-t-il bien compris le danger et fait de son mieux pour éviter ce qui serait catastrophique en tentant de remettre en ordre de marche nos centres sociaux. Cela fait cependant plusieurs fois que la CAF émet des préconisations, mais elles ne semblent pas suivies d’effet.

Comme tout organisme en prise directe avec les habitants, il est tentant pour les partis politiques de faire des centres sociaux un relai pour de futures élections. Ce n’est pas une généralité, mais à Vaulx-en-Velin comme ailleurs la tentation peut exister. C’est un des reproches qui fût fait au monde R.E.E.L.

Hélène Geoffroy qui fut adjointe déléguée à l'emploi, la formation professionnelle et à la condition féminine de Maurice Charrier et maintenant depuis quatre ans à la tête de l'exécutif municipal devrait se soucier de cette situation. Les centres sociaux articulent action publique et initiatives citoyennes, ce qui est tout à fait dans le crédo de sa politique. Il convient à notre avis et autant que possible et avec la difficulté de l'exercice, de garder une vigilance constante sur la qualité, l'utilité et la pertinence des actions réalisées par les centres sociaux. c'est grâce à une évaluation régulière, nécessaire tout à la fois aux gestionnaires, aux financeurs et aux acteurs locaux que les centres sociaux continueront à agir pour le bénéfice de tous. La municipalité doit être prometteuse de cette évaluation. cela permettrait sans doute de comprendre pourquoi nous aurions un tel turnover chez les directeurs de nos centres sociaux.

Ce fut le cas sous le mandat de Bernard Genin ou un audit avait été demandé au sujet du monde R.E.E.L ( http://www.mediavaulx.fr/index.php/9-blog/122-exclusivite-mediavaulx-le-rapport-d-audit-sur-le-fonctionnement-du-monde-reel). C'est toujours très riche d'enseignement lorsqu'un tiers indépendant et sans parti pris réalise une analyse.