Mémoires vivantes de Luttes des Quartiers Populaires

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Samedi 27 octobre 2018

Trente cinq ans après le "Forum Justice" du 28 octobre 1983 de Vaulx-en-Velin, en hommage à Wahid Hachichi, et la création en 1984 du mouvement des mères des victimes (Folles de la place Vendôme). Un an après l’événement « Mémoires de luttes des Quartiers Populaires » du 28 octobre 2017, l’Association Wahid et le « Rassemblement des Familles des Victimes » nouvellement constitué en Rhône-Alpes, lance le 27 octobre 2018, une journée d’action d’envergure nationale, au Cinéma « Les Amphis » à Vaulx-en-Velin, 12 rue, Pierre Cot.

Les familles entendent alerter l’opinion sur des dizaines de jeunes tués ou blessés ces dernières années au nom de la sécurité. A part quelques condamnations avec sursis, les auteurs impliqués, policiers ou non, bénéficient de non-lieu et de classements sans suite qui s’ajoutent au traumatisme des familles des victimes à jamais meurtrie. Au-delà de l’impunité qui sévit de manière récurrente depuis la loi du 28 février 2017 sur la présomption de « légitime défense », c’est la banalisation du droit de tuer qui est en jeu.

Sans haine et sans idée de vengeance, les familles souhaitent ne plus être des témoins passifs, appellent à un droit de réparation, par la prise en compte d’éléments d’enquêtes propres à relancer leur dossier sous un angle différent que celui perçu jusqu’alors par la justice.

A travers des débats, témoignages, chercheurs, professionnelles de justice ; magistrats, policiers, avocats, associations des jeunes de Vaulx, c’est un appel à toute la société qui est lancé…Des projections de films, expos photos, créations artistiques, dans un souci de valorisation des luttes menées depuis des années pour le droit à la justice et à la vérité. Dans ce que Vaulx-en-Velin, et d’autres quartiers, ont pu incarner en tant que précurseur d’idées, de sources d’influences et de cultures liées à des pratiques d’enquêtes police-justice, dans le cadre de combats citoyens.

Programme de l’événement : 27 octobre 2018 "Mémoires de luttes des Quartiers Populaires

 

Ouverture des portes : 14 heures - Salle Cinéma « Les Amphis ». Vaulx-en-Velin

 14 Heures : Annonce du programme sur la scène du théâtre des Amphis

 14 Heures 05 : Démonstration de boxe en collaboration avec le Boxing Club Vaudais et en présence de Elhem Mekhaled, du Boxing Club Vaudais, championne de France.
Fin de la démonstration : Prise de parole de Elhem Mekhaled sur scène pour évoquer l’itinéraire d’une championne native de Vaulx-en-Velin, et ainsi marquer sa solidarité avec l’événement.

 14 Heures 25 : Texte de Freeman (ex IAM) sur la mémoire des luttes des quartiers.

 14 Heures 30 : Projection du Film « YA OULIDI ! Le Prix de la douleur » de joseph Marando « Si ce funeste 18 octobre 1980, Lahouari Ben Mohamed n’avait pas été abattu par les balles racistes d’un CRS lors d’un contrôle de police, qui sait quel chemin aurait pris la destinée de la famille, des jeunes et des habitants de la cité des Flamants des quartiers nord de Marseille ?

 15 Heures 15 : intervention de Morane Chavanon, doctorantes en sciences urbaines (Université Lyon 2), elle fera un exposé "Quartiers populaires : sortir de l’image imposée en revendiquant son héritage contestataire".

 15 Heures 45 : Chanson de Mohamed Bouzidi : "Ya Oulidi" (mon fils), de la troupe des Flamants : Marseille ; Groupe initié à partir du meurtre de Lahouari Ben Mohamed, tué par un CRS en octobre 1980, et en hommage à toutes les familles des victimes ayant vécu un drame similaire. Accompagné de Loïc Février à la trompette.

 15 Heures 55 : Première intervention : les familles des victimes interviennent sur scène pour faire le bilan de leur dossier. Exposent la nature de leur dossier en présence de leur avocat. L’objet de l’intervention : est-ce que la mobilisation publique à pu et peux servir à faire progresser les affaires ?

 16 Heures 25 : Texte de Freeman : "L’espoir d’un rêve"

 16 heures 35 : Seconde intervention : Débat police-justice : Un(e) représentant(e) du syndicat de la magistrature + un représentant d’un syndicat de police (Sud-Intérieur + Un(e) représentant(e) des familles des victimes Marseille-Rhône-Alpes + présence des avocats des parties civiles + un militant historique + Morane Chavanon, université Lyon 2

 17 Heures 30 : Troisième intervention : Débats en forme de questions réponses avec le public . Répondrons aux questions : Une ou deux représentantes des Familles + 2 militants historiques des quartiers populaires + Une chercheuses : Morane Chavanon + avocats.

 19 heures 30 : Terminer sur la partie artistique : Freeman, ex IAM, textes sur l’engagement, les luttes, les inégalités, l’injustice + Troupe des Flamants : théâtre et chants), Mohamed Bouzidi, accompagné par Loîc Léfèvre, interprète 3 chansons Freeman, ex IAM, textes sur l’engagement, les luttes, les inégalités, l’injustice et le groupe Pokémon (hip-hop).

 20 Heures 30 : Fin de l’événement

A MédiaVaulx, nous sommes contre les crimes racistes et déplorons qu’au lieu de devenir plus fraternel, notre société se délite sous le couvert d’inégalité de plus en plus flagrantes et de tenants d’idéologies dévastatrices. Voila le terreaux qui divise les gens au lieu de les rapprocher. A cela s'ajoute des politiques gouvernementales à l'intention d'une classe de la population, les plus riches, ce qui conduit les autres à jeter un mauvais regard sur leur voisin encore plus accentué lorsqu'il s'agit d'un "étranger".  

 https://www.liberation.fr/societe/2013/10/14/quand-les-cites-comptaient-leurs-morts_939524

Nous espérons que les interventions des uns et des autres ainsi que les débats seront riches d’enseignements. Chacun réclame justice lorsqu’il estime être dans son droit ou lorsqu’il souhaite connaitre l’exactitude de faits. Parfois, des points de vue peuvent être contradictoires. Un policier qui poursuit un jeune en scooter qui refuse d’obtempérer avec une conclusion dramatique n’est pas perçu avec le même regard qu’un jeune en scooter qui roule à fond sur le trottoir, renverse un piéton qui conserve de lourdes séquelles ou décède. Et pourtant des deux côtés c’est un drame pour les familles concernées.

Il semble à lire la presse, qu’au quotidien, les policiers sont de plus en plus confrontés à des délits de fuite (voitures volées, emprise de l’alcool ou de produits stupéfiants, conduite sans permis) avec parfois des conséquences dramatiques pour les policiers lorsque le véhicule leur fonce dessus comme pour les délinquants. Ce n’est jamais tout noir ou tout blanc.

Il ne faut pas nier les injustices dans « les quartiers populaires », en termes d’emploi, de scolarité, de discrimination. Ces injustices sont avant tout le fait, la résultante de plusieurs facteurs antagonistes. Le principal est politique. Que la gauche soit au pouvoir ou que la droite soit au pouvoir, rien n’a changé malgré les promesses électorales parce que pour des raisons électoralistes chacun nos politiques voit en premier lieu ses propres intérêts avant de voir ceux des habitants.

En second lieu, et même le secrétaire du parti socialiste avoue que dans « les quartiers populaires » le communautarisme ambiant ne joue pas en faveur de la mixité sociale et de l’intégration.

Pour conclure, l'injustice est à géométrie variable. Quand on se voit accorder une faveur au détriment d'un autre c'est un privilège on oublie que le léser trouve cela injuste.