Les trous noirs : dans l’espace et dans les finances du planétarium

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Mercredi 25 juin 2014

Que sont réellement les trous noirs ? Le Planétarium de Vaulx-en-Velin a proposé le 17 juin une conférence grand public (où il y avait très très peu de Vaudais) présentée par Alain Riazuelo (chargé de recherche au CNRS et à L’Institut d’Astrophysique de Paris), qui donnait des clés pour comprendre les trous noirs, depuis leur découverte jusqu’aux débats les plus récents. L’entrée de la conférence qui a eu du succès était gratuite.

Un trou noir est un objet céleste dont le champ gravitationnel est si intense qu’il empêche toute forme de matière ou de rayonnement de s’en échapper (à l’exception notable de la radiation de Hawking). De tels objets n’émettent donc pas de lumière et sont alors perçus comme étant noirs. Ils ne sont pas directement observables mais plusieurs techniques d’observation indirecte dans différentes longueurs d'ondes ont été mises au point et permettent d’étudier les phénomènes qu’ils induisent sur leur environnement. En particulier, la matière qui est happée par un trou noir est chauffée à des températures considérables avant d’être engloutie et émet de ce fait une quantité importante de rayons X. Décrits par la relativité générale, leur existence est une certitude pour la quasi-totalité de la communauté scientifique concernée (astrophysiciens et physiciens théoriciens).

Si le planétarium fait la quasi-unanimité quant à la qualité de ses prestations et son intérêt éducatif et scientifique il est toujours sous le feu de l’actualité Vaudaise lorsque l’on aborde l’aspect budgétaire. Une des délibérations du conseil municipal de jeudi 26 juin destinée à valider la création d’un budget annexe spécifique au planétarium, fait préalablement le point sur sa fréquentation et ses finances depuis sa rénovation et sa transformation. Il faut reconnaitre qu’au niveau fréquentation Bernard Genin ne s’est pas trompé quand il estimait se situer dans la partie haute du tableau qu’il avait présenté lors d’un conseil municipal sous son mandat. Cependant concernant l’objectif financier c’est la version pessimiste qui l’a malheureusement emporté avec un reste à charge pour la ville qui s’établirait à 237 000 euros malgré une aide en dotation de développement de 252 000 qui ne sera pas reconduite et qui devait équilibrer les comptes. Finalement si le schéma se poursuit ce sont donc près de 500 000 de frais de fonctionnement supplémentaires qui resteront à la charge de la ville ; d’où l’objectif supposé de suivre ce budget du planétarium au plus prêt afin d’en améliorer la gestion.

Cependant ce qui a attiré notre attention lors de la conférence du 17 juin, c’est une discussion entre quelques initiés concernant les différents systèmes de projection aujourd’hui en usage dans les planétariums et notamment le fait que Montpelier venait de se doter pour 670.000 € d’un système de projection numérique dernier cri, suivant en cela Epinal et le planétarium de Bretagne. Nous n’aurions pas imaginé qu’il y a une telle effervescence autour des planétariums avec l’avènement des technologies numériques qui offrent aux spectateurs des images " plus dynamiques, plus profondes et plus contrastées » selon ses experts. Discussion fort intéressante quand on en vient au fait que Vaulx-en-Velin ne serait pas trop au gout du jour car son système daterait de 2006 et mériterait d’être remplacé. Oups….voilà encore une dépense de quelques bonnes centaines de milliers d’euros qui s’annonce pour les finances Vaudaises. En évoquant le simulateur et le process vidéo graphique du planétarium il nous revient à l’esprit que la société RSA COSMOS une des spécialistes sur ce secteur très fermé de ce type de matériel n’est pas en bons termes avec la ville de Vaulx-en-Velin suite à l’attribution un peu bizarre d’un marché il y a quelques années et dont le différent n’est pas encore réglé.

A l’heure où le projet de centre aquatique fait plus que débat avec en cours une pétition que s’évertue à faire signer les élus de l’opposition de gauche, la réflexion nous amène à faire la relation avec le planétarium. Ce sont des beaux projets, c’est indéniable. Toute ville rêverait d’offrir de tels équipements à ses habitants. Cependant, même si sur le papier l’argumentation laisse à croire qu’au niveau financier tout est rose, nous sommes inquiets sur deux points sur lesquels nous n’avons rien trouvé de rassurant sur la pétition. Le premier concerne les immanquables avenants qui viennent toujours se greffer et gonflent chaque fois la facture. Bien sûr, ce ne serait pas du niveau du musée des Confluences qui a triplé de prix entre le projet et la réalisation mais quelques centaines de milliers d’euros suffiraient à enfoncer encore un peu plus les finances de la ville. L’oubli du dévoiement pour le chauffage est un exemple. Demain on nous dira que l’on a oublié les moteurs destinés à l’ouverture du toit ou que la norme 4536 a évolué. Le second point pour lequel nous nous interrogeons et dont il n’est pas fait référence concerne les frais de fonctionnement du centre aquatique. Si la construction est une chose, l’entretien et la gestion en sont une autre qu’il convient de ne pas oublier afin de bien tout prendre en considération. C’est à ce niveau que l’on fait le parallèle avec le planétarium qui est une excellente référence car cela ne se passe jamais tel qu’on l’imagine. A moins, bien sûr, que la variable d’ajustement prévue ne soit l’augmentation des impôts des Vaudais. Dans ce cas, il est vrai que la réflexion quand au bien fondé ou non d’un tel projet ne se pose pas. On sait déjà par avance qui paiera la note supplémentaire : les vaudais. Cela a duré pendant 40 ans. Cela va-t-il s’arrêter ?