Un président de plus en plus critiqué

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Jeudi 30 mars 2017

Le voyage à Shanghaï de Laurent Wauquiez en compagnie d'entrepreneurs a été payé par la région Auvergne-Rhône-Alpes, dont il est le président. Laurent Wauquiez assure toutefois qu'aucun argent public n'a été engagé pour la tenue de cette réunion de soutien à François Fillon.

Cinq jours à Shanghaï, capitale économique de la Chine, pour faire la promotion d'une cinquantaine d'entreprises de la région Auvergne-Rhône-Alpes et renforcer la coopération, accompagné d'une délégation d'entrepreneurs français. Le voyage organisé par Laurent Wauquiez à la mi-février aux frais de la région ne poserait pas de problème s'il n'avait été ponctué d'une soirée de soutien et d'un appel aux dons pour la campagne de François Fillon. Rue89Lyon révèle qu'une enquête préliminaire vient d'être ouverte par le parquet de Lyon. Le but sera de déterminer si des deniers publics ont été, ou non, utilisés pour l'organisation de cette soirée politique.

De son côté, poussé à clarifier la situation par l'opposition, Laurent Wauquiez assure, par l'intermédiaire de son cabinet, que "pas un euro d'argent public n'a été dépensé pour cette rencontre".

Pas suffisant pour Stéphane Gemmani, conseiller régional du groupe "socialiste et démocrate" qui a saisi par courrier le procureur de la République, la Commission nationale des comptes de campagnes et le trésorier payeur général. Il évoque "un mélange des genres entre l'intérêt général de la région, qu'il (Laurent Wauquiez, NDLR) est censé représenter, et les intérêts particuliers et partisans de la campagne du candidat Fillon".

Jeudi 23 mars, une réquisition de documents a eu lieu dans les bureaux du conseil régional. Mais selon Rue89Lyon, l'affaire pourrait "être classée par la justice dans les prochaines semaines".

Quant à la Commission nationale des comptes de campagne, qui a accusé réception du courrier de l'élu d'opposition, elle a expliqué ne pas pouvoir se plonger dans ce dossier avant la fin de la campagne présidentielle.

l'élu Les Républicains serait également prêt à revenir sur sa promesse d'abandonner son mandat de député pour conserver la présidence de la Région afin de respecter le non-cumul des mandats. Et donc de faire l'inverse, en se présentant aux élections législatives dans le but de rester à l'Assemblée nationale tandis qu'il choisirait un successeur, probablement son n°2 Etienne Blanc, pour reprendre les rênes de la Région Auvergne-Rhône-Alpes.

L'intérêt de cette décision si elle s'avère vraie, c'est d'avoir davantage de temps libre et davantage de possibilité de se rendre à Paris, que ce soit pour exister médiatiquement ou pour peser dans son propre parti. On le sait, Laurent Wauquiez aspirerait de plus en plus à être candidat à la présidentielle 2022.

De plus en plus critiqué par l'opposition à la Région, il perdrait également cette mauvaise publicité qui pourrait l'affaiblir durant le prochain quinquennat.

V.L