L’hécatombe dans les ruches françaises

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Mercredi 26 février 2014

En cette période de salon de l’agriculture nous avons voulu rappeler que 300 000 ruches soit 1/3 des colonies d’abeilles périssent chaque année en France. Il semblerait que les abeilles soient plus vulnérables que la plupart des autres insectes aux pesticides. En cause aussi : la sous-nutrition et la mal-nutrition qui les empêche de résister à un parasite, le varroa qui leur transmet la maladie de la paralysie aiguë et celle des ailes déformées. Les fleurs riches en pollen et en nectar se font en effet rares ou ne sont pas plantées dans leurs zones de butinage.

Lorsque l’on parle agriculture on parle souvent des céréales qui ne dépendent pas de l’action des abeilles et des autres polinisateurs. Mais seulement 25% des cultures peuvent s’en passer. La plupart de nos fruits et légumes dépendent du travail de pollinisation des abeilles. L'abeille féconde plus de 80 % de notre environnement végétal, et dont dépend directement 40 % de notre alimentation. Sans abeilles : plus de pommes, de prunes, de cerises, de kiwis, de tomates, de courgettes, ou de melon ! Nos amis de l’association des croqueurs de pommes seraient bien embarrassés.

La disparition des abeilles en France, si elle pose le problème de la polonisation, pose également celui de la consommation de miel. Nous ne sommes plus autosuffisants en miel, loin de là. Seules 15 000 tonnes ont été produites en 2013 dans l'Hexagone, soit la récolte la plus faible jamais connue. En vingt ans, elle a diminué de moitié et le prix du miel a été multiplié par quatre ces 15 dernières années dont 25% en 2013. Les apiculteurs réclament au gouvernement d'aller plus vite sur le plan de réduction des pesticides. Décidé lors du Grenelle de l'environnement il y a six ans, il ne sera appliqué qu'en 2018. D'ici là, la France devra se contenter de miel importé d'Europe, d'Argentine et surtout de Chine qui représente près de 50% des importations européennes. Mais gare aux produits douteux qui n’ont de miel que le nom.

Sur Vaulx-en-Velin l’association ASSAPI s’est créée avec pour objectif de faire voler des abeilles, élever des cheptels de sauvegarde et protéger un environnement qui nous nourrit. L’année dernière, ils ont pâti du fait d’une mauvaise saison, et n’ont pas eu les essaims escomptés. Ils en ont eu seulement trois, assez faibles. Toutefois, les trois essaims sont miraculeusement en vie, grâce à une attention importante (les essaims ont été nourris tout l’hiver). Deux sont installés au Village, le troisième à la Rize, et une convention avec VEOLIA pour mettre deux ruches à la Soie vient d’être signée, et une autre est à venir à la Grappinière. L’association veut piloter une dizaine de ruches sur la commune pour que ces dernières puissent polliniser sur toute la commune.

réduction de la ruche, pour qu’elle passe mieux l’hiver

Réglementation

Toute détention de ruche doit être déclarée en mairie.

Les ruches ne doivent pas être placées à moins de 10 mètres des propriétés voisines quand elles sont implantées en pleine campagne, dans les terres ou les prairies. Sinon, elles doivent être à plus de 20 mètres des habitations, jardins, potagers ou d'agrément, et des voies publiques. 40 mètres si le rucher comporte plus de 8 ruches.

Il n’y a aucune prescription de distance si le rucher est isolé par un mur, une palissade, une haie vive ou sèche, d'une hauteur de 2 mètres minimum et un débordement de 2 mètres de chaque côté des ruches.