Quand la situation s’impose, Maurice Charrier se fend d’une lettre.

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Vendredi 12 mai 2017

Quand la situation s’impose, Maurice Charrier se fend d’une lettre. Ce fût le cas lors des municipales 2014 et il récidive pour les législatives en tant que porte-parole de la France Insoumise.  

Nous l’avons lu avec intérêt et sommes d’accord avec lui sur deux points.

En premier lieu, il est certain que si la politique que va engager Emmanuel Macron pendant les cinq années à venir ne répond pas aux aspirations des Français, Le Front national risque de servir d’exutoire et cette fois ce n’est pas une mauvaise prestation de Marine qui sauvera la mise.

D’autre part, la division des voix de gauche n’amènera rien de bon. On ne prétendre défendre des valeurs, une certaine vision de la société si pour des considérations bassement électoralistes, chacun veut tirer la couverture à soit.

Le positionnement d’EEVL, plus personne ne le comprend. À part quelques militants de base encore convaincus, c’est l’opportunisme qui a guidé ce parti complètement éclaté. Pour le reste, même si chaque élection est différente, le résultat obtenu par Jean Luc Mélenchon sur la commune est sans appel ce qui donne une certaine légitimité à son candidat pour les législatives sur la 7ème circonscription. D’autant qu’il y a une certaine chance de l’emporter.  Ce sont ces jeux d’appareils que les Français ne veulent plus et qui ont conduit au rejet du monde politique. Ces rancœurs à répétitions.  Rejet dont a profité Emmanuel Macron.     

"Maurice Charrier, maire honoraire de Vaulx-en-Velin Porte-parole de la France insoumise Elections législatives des 11 et 18 juin 2017 - 7e circonscription du Rhône : Bron, Rillieux, Sathonay et Vaulx-en-Velin

Les présidentielles viennent de se terminer par l’élection d’Emmanuel Macron, sans conviction profonde pour son programme, mais par un rejet salutaire et républicain du Front National. Les militants de la France insoumise qui sont parmi les opposants les plus acharnés au FN ont contribué à ce rejet, au-delà d’un Front Républicain toujours limité, la droite et le PS reprenant une fois le coup passé leurs errements qui nourrissent l’extrême-droite.

Une élection marquée au premier tour par la dynamique de la campagne de Jean-Luc Mélenchon, candidat de la France insoumise et par l’élimination du PS et de la droite, responsables ces dernières décennies des politiques gouvernementales qui ont eu pour conséquences le développement des inégalités sociales… et de favoriser la montée de l’extrême-droite de Marine Le Pen.

Nul doute que l’action d’Emmanuel Macron, alignée sur les directives de régression sociale de l’Europe et marquée par le libéralisme, ne tardera pas à décevoir, au risque à terme d’apporter à nouveau de l’eau au moulin du FN. Aussi le résultat de France insoumise sera un point d’appui au mouvement social qui résistera.

D’où l’enjeu des élections législatives prochaines, avec la possibilité d’une majorité gouvernementale véritablement de Gauche et de « progrès humain » autour des députés de France insoumise. Depuis que je ne suis plus aux responsabilités à Vaulx-en-Velin, bien que resté très attaché à cette ville, je m’étais imposé un devoir de réserve.

Mais les enjeux d’aujourd’hui me conduisent à me permettre quelques observations. Je les soumets à votre réflexion. Tout d’abord il faut être clair : en démocratie, chaque individu, chaque parti politique ou groupement de citoyens est parfaitement légitime à être candidat à une élection. Mais je conçois que l’on puisse se poser, au sein de la Gauche véritable, la question de l’efficacité. C’est là qu’interviennent mes questionnements.

Le candidat des Verts (EELV) se présente comme "légitime". Je n’ai rien personnellement contre lui, je le connais bien, mais force est de constater que le parti qu’il représente a participé à la mise en œuvre de la politique du gouvernement de François Hollande et de Manuel Valls, qu’il a participé à la "primaire du PS", qu’il a retiré son candidat en faveur du candidat PS… C’est donc auprès du PS qu’il doit rechercher un accord.

Le candidat communiste, et ne j’ai rien contre lui personnellement, je le connais également bien. Il se dit légitime car il est parti en campagne le premier dans la course aux législatives. Partir le premier peut être de bonne stratégie, mais ne donne en rien terme de légitimité. Et si, comme il l’affirme il y aurait là efficacité, pourquoi alors le PCF n’a pas proposé une discussion préalable à ses partenaires ? Et pourquoi a-t-il trainé les pieds pour soutenir Jean-Luc Mélenchon : 10 mois de discussions pour obtenir un timide soutien (les communistes Vaudais ayant d’ailleurs voté majoritairement contre), parrainages peu nombreux, non participation à l’élaboration du programme de France insoumise et non adhésion à celuici (en particulier sur les questions environnementales et de la sortie du nucléaire)… La référence à Jean-Luc Mélenchon ne servant que de faire-valoir à une stratégie dominatrice puisque c’est partout en France, dans toutes les circonscriptions que le PCF tentent ainsi d’imposer ses candidats.

Je connais l’argument du PCF : "Mélenchon est parti tout seul". Oui, mais il ne faut pas oublier que le PCF venait de décider, sans consulter ses alliés, sa participation unilatérale aux "primaires du PS" alors qu’il était évident que celles-ci étaient là pour servir à une candidature de François Hollande. On connait la lamentable suite… Le PCF se revendique du "Front de Gauche" ; c’est oublier que ce rassemblement, qui a motivé bien des espoirs à Gauche, n’existe plus depuis les dernières élections municipales et régionales au cours desquelles le PCF n’a pas maîtrisé ou a encouragé des alliances de ses élus avec d’autres que ces partenaires d’alors.

C’est une façon à peine voilée de tromper. Mais je garde espoir dans les militants communistes pour la plupart dévoués, et j’apprécie les positions prises par le Maire de la Courneuve, Gilles Poux, et par Marie-Georges Buffet, ancienne Secrétaire Nationale du PCF et cofondatrice, alors, du Front de Gauche, aux Côtés de Jean-Luc Mélenchon et de Clémentine Autain. Pour moi, ce qui fonde la légitimité c’est la clarté des positionnements passés, ce sont les 7 millions de voix obtenues par Jean-Luc Mélenchon sur la base de la clarté du programme de France insoumise.

J’adhère d’autant plus favorablement au mouvement citoyen de la France insoumise que j’y vois le prolongement national de l’initiative que j’avais prise, avec des amis, dès 1995, de créer à Vaulx-en-Velin le groupe Initiative Citoyenne en associant des acteurs alternatifs de la vie sociale et politique pour sortir du "carcan" dans lequel le PCF et le PS enfermaient la vie municipale Vaudaise. Aujourd’hui s’ouvre une nouvelle étape, celle des élections législatives. Il convient de transformer et d’amplifier le succès de la France insoumise au premier tour des élections présidentielles pour construire une majorité de la vraie Gauche, garantie pour la défense des valeurs de solidarité pour le progrès humain et de paix, pour affirmer les valeurs républicaines et laïques de la France".

Le 8 mai 2017

Maurice Charrier