L’appétit vient « En Marchant »

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 Lundi 12 juin 2017

Au lendemain du premier tour des législatives, tous les ingrédients sont réunis pour que le président de la République dispose d’une large majorité à l’assemblée nationale. Il se retrouve dans la même situation que François Hollande il y a cinq  ans. Les Français, ceux qui sont allés voter (une abstention record, 51,29 %, environ un électeur sur deux ayant boudé les urnes) ont souhaité donner à Emmanuel Macron une chance de pouvoir mettre en œuvre son programme.

On va donc voir si cette marée de nouveaux élus REM a une véritable valeur ajoutée. Que vont-ils apporter de plus ? Quelle fraîcheur ? Et surtout quelle cohérence ? Car à l'intérieur des quelque 400 élus annoncés, il y a des libéraux économiques (qui arrivent plutôt de la droite) et des libéraux culturels et sociaux (qui arrivent plutôt de la gauche) et surtout toute une frange d’élus sans convictions profondes, sans véritable engagement politique qui ne doivent leur probable futur élection qu’à la chance d’avoir obtenu l’investiture. Des investitures qui ont fait couler beaucoup d’encre, car l’idée originelle a largement été dévoyée pour laisser place dans une grande part au copinage entre anciens élus, surtout socialiste.

Bruno Bonnel en est l’exemple à Villeurbanne, une candidature qui souligne l’opportunisme d’une personne dont on peut émettre quelques doutes quant à son altruisme. 

Sur le plan national, la figure réjouit de Richard Ferrand, se défendant à travers le vote du peuple sur sa probité quant aux affaires qui lui ont été reprochées. Quand on sait que pour Patrick Balkany, ses multitudes casseroles ne l’ont jamais empêché de se faire réélire année après année, affaire après affaire, il y a sans doute de quoi modérer sa satisfaction et se faire humble parmi les humbles.

Balkany n’a été bouté hors de la circonscription qu’à travers l’effet Macron. Nous ne pleurerons pas non plus tous ceux qui nourrit par la république depuis des décennies ont provoqué cette vague d’amertume qui a bouleversé le paysage politique Français.  

Il va falloir composer avec tout cela, bien mixer et fabriquer des lois cohérentes, efficaces, utilisables et surtout pratiques pour les Français. Sans pour autant oublier l’essentiel, les véritables absents de l’hémicycle, ce sont les Français qui se sont abstenus majoritairement.

Ce matin, j’ai descendu les étages de mon immeuble, profitant du silence du début de la matinée pour rejoindre la relative fraîcheur du début d’une journée qui s’annonce estivale. Il faut dire qu’en ce moment les soirées sont plutôt animées et difficile de fermer l’œil.

Entre la chaleur et le bruit d’une population en pleine effervescence jusqu’à une heure avancée de la nuit, rien n’est propice au sommeil. Surtout impossible d’ouvrir les fenêtres, le bruit des scooters est semblable aux moustiques qui s’évertuent à rendre notre nuit impossible.

Je remonte lentement l’avenue Dimitrov en direction de la rue Albert Camus.  À peine quelques mètres parcourus et voilà que mes yeux se posent sur la place. Triste retour à la réalité. Les agents du Grand Lyon sont assis sur un banc sans doute en train de méditer sur la tâche qui les attend. Il faut reconnaitre que l’endroit est pitoyable tant les déchets jonchent le sol. Le même spectacle est présent devant les commerces. À quelle époque vivons-nous ? Dans quelle ville vivons-nous ?  Alors que résonne constamment la préoccupation environnementale Vaulx-en-Velin semble à des années-lumière de celle-ci. Pas de trace d’agenda 21 sur le site de la ville, en quoi s’engage-t-elle donc ?

En ce lendemain du premier tour des élections législatives, je ne peux m’empêcher de méditer sur la situation de notre ville. 27,2 % des électeurs inscrits se sont déplacés pour aller déposer un bulletin de vote dans l’urne. Sans doute, nos brillants analystes politiques locaux ne manqueront pas de consulter les registres pour connaitre le nom des abstentionnistes et en tirer quelques erratiques conclusions.

Je médite sur la situation de notre ville et les résultats obtenus par le parti socialiste qui subit pire qu’une défaite, une déconvenue. La soirée a dû être longue pour nos caciques locaux qui ne devaient pas s’attendre à une telle manifestation de rejet. Moi non plus d’ailleurs.

Je pensais que le chiffre des présidentielles serait au moins doublé sur Vaulx-en-Velin. Hélène Geoffroy en directrice de campagne avait mis tout son poids politique dans la campagne et accompli de longues journées de tractage en compagnie d’un certain nombre de nos élus ainsi que visites et réunions. Bien sûr, lors de la réunion publique de mercredi dernier la foule n’était pas au rendez-vous et c’est toujours le même noyau qui constitue l’essentiel des présents. Mais c’est le cas pour tous les partis politiques sur la ville.   

Chaque élection est différente et celle-ci ne préjuge en rien de la suite. Il reste trois ans jusqu’aux municipales et nous avons vu comment le paysage politique a évolué lors de ces trois dernières années. Cependant, comment ne pas la considérer comme un désaveu. Que Renaud Gauquelin se prenne une tôle, rien d’extraordinaire. Cela rejoint la logique nationale qui a sanctionné fortement le parti socialiste et de plus, c’est un illustre inconnu sur Vaulx-en-Velin malgré tous ces efforts pour se rendre visible.

743 votes avec toute cette énergie dépensée, tous ces tracts distribués, avec l’image d’Hélène Geoffroy comme symbole,  Muriel Lecerf et Pierre Dussurgey comme sergent recruteur ça ne fait quand même pas lourd. C’est même un cuisant revers.  Que peut-on trouver comme circonstances atténuantes ? Et si une partie de score s’expliquait par la déception des Vaudais quant à l’action municipale. Je regarde la place jonchée de détritus et je pense aux propos de Muriel Lecerf sur les résultats qu'elle avance en terme de propreté. Je lis la presse et il est question de dégradations sur le terrain de foot synthétique aubert, agressions perpétrés par de jeunes Vaudais au centre ville de Lyon. Dans quelle réalité sommes nous.  

Sur la circonscription Renaud Gauquelin s’est fait proprement laminer à Bron qui est pourtant une terre socialiste, mais il faut avouer qu’à Rillieux comme à Bron c’est plutôt tendance Gérard Collomb.

Andréa Kotarac n’a pas à nourrir de regrets. Il n’était pas en mesure de remporter la circonscription. La différence de vote avec Alexandre Vincendet est trop importante. Mais sur Vaulx-en-Velin, une union de la France insoumise avec les communistes et les verts peut susciter quelques perspectives pour un futur municipal à condition que cela ne reste pas qu'un écrant de fumée. Peut être que le prochain conseil municipal verra réapparaître nos forces d'opposition de gauche. 

Les reports de voix ne semblent pas trop favorables à Alexandre Vincendet. Tout porte à croire que le second tour s’achemine vers une victoire d’Anissa Khedher qui ne manquera pas d’être courtisée. Hélène Geoffroy en fine politique, n’a-t-elle pas déjà anticipée et placée autour du mouvement parmi les référents « En Marche Vaudais » quelques âmes qui pourraient servir ses desseins.

En attendant, il va falloir recaser parmi les troupes socialistes défaites.  

V.L