De la presse à la politique.

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Vendredi 23 juin 2017

Nous apprenons que Jacques Boucaud  directeur du journal municipal va prendre sa retraite. Il est remplacé ad intérim par Maxence Knepper un des correspondants du journal municipal.

Il y a quelques jours un article paru dans un nouveau média en ligne a mis l’accent sur le nombre de journalistes qui passait de la presse à la politique. Ils sont nombreux dans la région.  Environ une trentaine d’après Médiacité. Parmi ceux-ci, Jacques Boucaud apporte quelques éléments de réponse sur les raisons qui conduisent à cette situation.

« Ce qui m’a poussé à dire oui, c’est la précarité du métier ». Pour Jacques Boucaud, le déclic a été d’abord économique. Journaliste politique au Progrès, le reporter a fait jouer sa clause de cession en 2010. À 54 ans, il devient alors correspondant du Monde à Lyon et collabore à L’Express ou encore à Tribune de Lyon. Mais les piges se font de plus en plus rares. « Pour des raisons économiques, Le Monde faisait de moins en moins appel à des correspondants et envoyait ses journalistes à Lyon. Et Tribune m’avait enlevé ma page », se souvient Jacques Boucaud.

En 2012, des élus mâconnais viennent le voir. Ils lui proposent d’être tête de liste socialiste pour les prochaines municipales. Jacques Boucaud saisit l’occasion. « J’ai fait campagne en 2014, j’ai trouvé ça passionnant », raconte l’ancien journaliste. « La politique, c’était à la fois un choix économique et une opportunité. J’ai perdu l’élection mais je ne regrette absolument pas », affirme-t-il. Depuis 2014, il travaille à la mairie socialiste de Vaulx-en-Velin, en tant que directeur du journal municipal et conseiller presse. « Je ne suis pas dupe. La maire Hélène Geoffroy m’a recruté pour mes relations dans la presse. Des villes comme Vaulx ont besoin d’exister en dehors de problèmes de sécurité », explique Jacques Boucaud. Pour les élus, c’est une aubaine : les journalistes connaissent les mécanismes, les réseaux et possèdent un important carnet d’adresses.

Le métier de journaliste répond en principe à une certaine déontologie et passer de l’autre coté de la barrière change la donne puisqu’on abandonne souvent l’éthique au profit de la communication municipale et notamment de la « gloire de ma maire ».  

Nul doute que jacques Boucaud profitera de sa retraite pour continuer à écrire, pourquoi pas une biographie d’Hélène Geoffroy et préparer la conquête de Maçon, une bataille de perdue mais il en reste d’autres à mener. 

V.L