Quand la politique devient spectacle

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Jeudi 29 juin 2017

Je bois politique, je mange politique, je respire politique, je rêve politique, je vie politique,  telle pourrait être la préoccupation majeure d’une certaine partie de nos élus qui malheureusement est déjà clairement dans la perspective de l’élection de 2020. Ce sont des considérations sans doute plus importantes que les problèmes quotidiens des Vaudais. Ces derniers peuvent bien attendre, l’important c’est l’élection ou la réélection. 

Le mi-mandat va se solder par un retour à la normalité puisque la période Pierre  Dussurgey ne fût qu’une étape de transition pendant les quelques mois ou Hélène Geoffroy a occupé la fonction de Secrétaire d’État. Bien sûr, personne n’a été dupe sur le fait que le bureau du cinquième,a  toujours réservé à cette dernière lui permettant de conserver le contrôle sur tout. 

Ce choix pour assurer  l’intérim a fait couler beaucoup d’encre, et curieusement principalement au sein de l’exécutif socialiste lui-même. Pierre Dussurgey pourtant premier adjoint n’était pour certains pas digne de la fonction au point d’être dénigré par les têtes pensantes de son propre camp, ou plutôt par ceux et celles qui se définissent comme des têtes pensantes, car la réalité sonne plutôt creuse.

Pourtant, après quelques balbutiements Pierre Dussurgey pour quelqu’un qui n’était pas préparé à assumer cette tâche a tenu honorablement la fonction, loin d’être une marionnette dont on tire les fils et avec parfois plus de convivialité envers la population que ne sait le faire Hélène Geoffroy.

Au lieu de trouver du réconfort auprès de ses pseudo « amis », nous avons le sentiment que cela a parfois tourné davantage au savonnage de planche. Sans doute une jalousie maladive a-t-elle pris le dessus.

Le blog socialiste tenu par un membre de l’exécutif n’a pas été des plus tendres avec lui. Il est vrai que question solidarité le parti socialiste nous a montré à travers ses déchirures internes bien des exemples de sa notion de cohésion.

On peut dire ce que l’on veut, tant que nous ne sommes pas confrontés à certaines situations il est difficile d’en tirer des certitudes. Difficile de faire un quelconque reproche à Hélène Geoffroy d’avoir accepté un poste de Secrétaire D’État dans le gouvernement de François Hollande. Que cela nourrisse une ambition ou un désir de servir la France, il est des occasions qui ne se refusent pas.  

Dans ces conditions, qui d’autre que Pierre Dussurgey pour suppléer notre ministre. 

Le 4 juillet, tout devrait donc revenir à la normalité, Hélène Geoffroy devrait donc sans surprise retrouver le fauteuil de maire. À la normalité ou presque puisque suite à sa nomination comme ministre Hélène Geoffroy a abandonné sa vice-présidence à la métropole  et n’est plus députée. D’une part pour ne pas s’être représentée et d’autre part cumul des mandats oblige 

Se pose donc la question du montant des indemnités qui devraient être votées et particulièrement du fait d’occuper le poste à temps plein ou à mi-temps. Ce n’est pas une question si anodine. La ville a plus que besoin d’une prise en compte à temps plein.

À l’élection du maire, suis la désignation des délégations d’adjoints et de conseillers municipaux. En principe nous ne devrions pas assister à un grand chambardement, ce serait après le premier remaniement donner un mauvais signal sur la capacité de l’exécutif.  Mais sait-on jamais.  Les 753 trois voix pour le couple Gauquelin-Lecerf ne sont pas encore digérées même si le mot d’ordre est de relativiser la perte de la circonscription. Il y a un an encore, cela ne devait être qu’un long fleuve tranquille. La gauche de la gauche était laminée à Vaulx-en-Velin et la droite trop pépère pour présenter un quelconque danger. Mais voilà, un tsunami nommé Collomb-Macron est arrivé et à modifié la donne.

Alors, après cette bonne gamelle, les supputations vont bon train, alimentées par les spécialistes tout terrain qui en arriveraient presque à faire concurrence à Paco Rabanne.     

Les élus vaudais au conseil municipal ont des étiquettes normalement claires. Pour la majorité municipale, on retrouve:

* les PS et apparentés (18),

* les PRG et apparentés (7),

* les Agir Pour Vaulx-en-Velin (4),

* les non inscrits (2).

Et dans l'opposition

* la Gauche Citoyenne (5),

* Vaulx C'est Vous (4),

* Agir à Gauche avec les vaudais (3).

Mais depuis quelques mois la majorité socialiste est devenue plus hétérogène. Un certain nombre de PS et apparentés ont semble-il des velléités de ne plus être PS. Chacun a pu le voir sur les marchés des mois durant. Certains élus PS étaient absents : pas de Chekab, ni de Fartas, ni de Badiou, ni de Ben Driss, ni de Menzikian.... et la liste n'est pas exhaustive. Très bizarrement les élus PRG ont presque été proportionnellement plus assidus avec mesdames Dahoum et Mostefaoui qui ont raté peu d'évènements campagnards.

Certains ont déménagé et ne reviennent que pour les conseils municipaux, enfin quand ils reviennent. Comme l’a rappelé Stéphane Gomez lors du dernier conseil municipal, la place d’un élu est au moins au conseil municipal.

D’autres ont résolument fait un autre choix, mesdames Jacob et Da costa ne se cachent pas d’avoir rejoint  La REM bien avant les législatives, d’autres l’ont fait après la déroute. Difficile d’être alors en opposition avec Christine Bertin qui a fait campagne pour les présidentielles et les législatives pour « En Marche ».

Et il n’a pas fallu attendre les différentes élections pour voir monter la discorde dans l’exécutif PS et apparentés, l’entente est loin d’être au beau fixe, beaucoup sont lassés de n’être que des faires valoir. Mais pas question de démissionner.  

Alors on suppute, on fait courir des bruits histoire de provoquer des réactions. La première cible est Philippe Zittoun qui ferait un appel des deux pieds pour entrer dans la majorité. Surement à condition qu’il occupe un siège au conseil municipal à côté d’Ahmed Chekhab. Une chaleureuse réconciliation ne peut être que bienvenue, cependant vu les propos tenus ce serait avoir peu de considération pour soi-même et dès lors comment en avoir pour les autres et notamment pour les habitants.  

On parle également des fantômes Genin et Mandolino (PC) que nous n’avons pas vus depuis plusieurs mois au sein du conseil municipal. Après avant été tancé d’incapable ces derniers deviendraient brusquement fréquentables. Bravo, de quoi donner encore une belle image de la politique et du grain à moudre à La REM.

Il manque dans la nouvelle alliance des gauches, Nordine Gasmi. Trois voix silencieuses ce n’est pas négligeable d’autant que c’est également un ancien PS qui pourrait revenir au Bercail. Franchement, cet exécutif aurait de l’allure, on se prendrait presque à rêver que cela arrive.

Ce serait cool de voir intervenir Bernard Genin contre son EX premier adjoint Saïd Yahiaoui et Hélène Geoffroy en sourire.

Mais l’ennemi c’est la famille Charrier qui a su surfer sur la vague de l’insoumission mélanchoniste qui fait ces derniers jours plus de bruits à l’Assemblée Nationale que le groupe PS réunit. Maurice Charrier préparerait le retour de la princesse qui a dû à contrecœur partir en exil à cause des méchants socialistes.

Quand on voit comment les choses ont évoluées ces trois dernières années, c’est quand même tirer par les cheveux d’autant qu’entre avancer un candidat des pentes de la Croix Rousse qui a fait campagne avec un présentoir  et constituer une liste et monter une campagne pour les municipales c’est un peu plus touchy.       

Encore faut-il considérer que la majorité du groupe PS et apparenté se situe à gauche, car il est clairement établi que la politique menée par François Hollande et Manuel Valls était clairement à droite et validé par la secrétaire d’État Hélène Geoffroy.

Se pose la question du partenaire APVV. Comment en étant d’accord sur un projet de mandat  qui est pratiquement le même sur les points majeurs en être arrivée à une situation d’évitement et parfois d’opposition. D’où vient le problème sous-jacent ?

La décision prise en février 2016 d’ôter leur délégation d’adjoint à Stéphane et Christine Bertin n’a pas du arranger les choses, d’autant que dans leurs actuelles délégations de conseillers municipaux tout est fait pour ne leur laisser aucune latitude en les ignorants tout simplement. 

Les personnes discutent, on entend plein de choses, notamment les membres du cabinet et les têtes pensantes (toujours les mêmes) se réjouir de cette situation. En espérant sans doute qu’en faisant monter la sauce ils arriveront à provoquer ce qu’au fond ils ont sans doute envisagé dés le départ, le passage dans l’opposition de l’APVV dont l’étiquette soi-disant droitière est gênante pour éventuellement  rallier la gauche de la gauche.   

Lorsque l’on traite quelqu’un a qui il est dû la victoire avec un manque de respect et du dédain n’est-il pas normal que celui montre les dents. D’autant que les têtes pensantes font également des remous parmi leurs propres troupes, mais ces dernières étant tenues par d’autres considérations ne manifestent leurs mécontentements qu’en dehors de la sphère municipale.  

Le groupe APVV 6 élus à l’origine,  en a perdu deux, dont celui qui assure avoir conçus le programme des municipales. Une lourde perte donc.   

C’est Hélène Geoffroy qui a dans ses cartes les atouts pour jouer le choix de l’apaisement ou la rupture définitive. De quoi ajouter encore un peu de piment dans la sphère politique vaudaise décidément surprenante.

V.L