Lutter contre le micro-absentéisme des fonctionnaires

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Jeudi 6 juillet 2017

Bercy annonce le rétablissement du jour de carence dans le budget 2018

Il faut faire des économies dans une «France […] droguée à la dépense publique, […] une prison qui va peser sur les générations futures» et un nouveau tour de vis annoncé dans la fonction publique. Le jour de carence sera rétabli pour les fonctionnaires dès 2018, a annoncé ce jeudi le ministre de l’Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, lors des états généraux des comptes de la nation réunis à Bercy.

« Même si le jour de carence ne doit pas être le seul instrument pour lutter contre l’absentéisme des agents, qui est aussi la conséquence de souffrances d’une partie d’entre eux (…), il permet de lutter contre le micro-absentéisme qui désorganise les services, alourdit la charge de travail des collègues en poste et coûte environ 170 millions d’euros par an », a-t-il déclaré.

Le ministre a précisé ensuite que cette mesure, qui consiste à supprimer la paie le premier jour d’absence pour maladie, figurerait dans le projet de loi de finances pour 2018.

Gérald Darmanin a aussi indiqué qu’un « accompagnement » serait accordé aux « fonctionnaires les plus touchés, parce qu’ils sont les moins bien payés dans l’accès aux soins par exemple », sans donner plus de détails.

Officiellement cette mesure est destinée notamment à « rétablir de l’équité entre le public et le privé ». Ce jour de carence avait été mis en place, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, pour les fonctionnaires, le 1er janvier 2012 et supprimé par François Hollande en janvier 2014. Marylise Lebranchu, la ministre de la Fonction publique de l’époque, avait jugé cette mesure « injuste, inutile et inefficace ».

Inutile et inefficace, c’est une fausse justification car les chiffres montrent que l’effet de la mesure est positif en terme de baisse du nombre de jours d’arrêt maladie.

Peut être injuste, alors que, dans le privé, le salarié en arrêt maladie ne perçoit une indemnité qu’à partir du quatrième jour de maladie (trois jours de carence) mais voit sa perte de salaire souvent compensée par son employeur, à l’exception des petites PME, ou encore des artisans, ce n’est pas le cas dans la fonction publique, où il n’y a pas de compensation financière.

Cette annonce fait partie des « nécessaires réformes » promises par le gouvernement pour lutter contre le dérapage du déficit public. Outre la suppression de 120.000 postes de fonctionnaires d’ici 2022 (en ayant notamment recours au non-remplacement de départs à la retraite), Bercy a également confirmé un nouveau gel de la valeur du point d’indice en 2018 (après un gel de six ans et une revalorisation de 0,6 % en juillet 2016 et février 2017).

Parmi les autres chantiers en perspective figure l’allongement du temps de travail. Une mesure, qui comme le rétablissement du jour de carence, est dénoncée par les syndicats comme des « campagnes malhonnêtes et nocives » présentant les agents publics comme « des nantis, jouissant d’avantages infondés ».

V.L