L’hôtel formule 1 transformé en structure d’hébergement d’urgence.

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Vendredi 28 juillet 2017

La SNI, filiale de la Caisse des dépôts, a acheté une soixantaine d'hôtels. Ils ont vocation à accueillir des demandeurs d'asile, ainsi que des personnes en situation de précarité sociale.

Depuis plusieurs années, les structures d’hébergement d’urgence souffrent d’un engorgement que la crise migratoire de 2015 a accentué et qui se poursuit de plus belle en 2017. En effet, les places en centres d’accueil étant insuffisantes, plusieurs demandeurs ont été aiguillés vers des structures d’hébergement d’urgence, destinées en théorie à des populations en situation d’urgence sociale, notamment les sans domicile fixe. Le manque de place dans les centres dédiés a conduit l’Etat à recourir massivement aux nuitées dans des hôtels, onéreuses pour les finances publiques. Pour remédier à cette situation, l’Etat a augmenté le nombre de places, pour accueillir les demandeurs d’asile et les populations en difficulté.

En septembre 2016, le gouvernement publie deux appels d’offres, prévoyant la création de 10 000 nouvelles places d’hébergement d’urgence. 5 000 sont destinées à accueillir des personnes dans le cadre du dispositif d’hébergement généraliste, l’autre moitié des demandeurs d’asile qui ne sont pas des «clandestins» mais des personnes en situation régulière que la loi et les textes européens obligent à prendre en charge.

La SNI a emporté en mars 70% des appels d’offres : la totalité des places relevant du droit d’asile, et un gros tiers des 5 000 places d’hébergement généraliste. Pour fournir l’hébergement, la SNI a constitué un tour de table de six investisseurs pour acheter 62 hôtels Formule 1 qu’Accor voulait céder. Dans ce montage innovant, qui s’appuie donc sur l’argent d’investisseurs privés, c’est Adoma (ex-Sonacotra), filiale de la SNI, qui va gérer les centres. La SNI affirme que l’Etat sera gagnant. Le coût de la place de ce nouveau type de structure revient à 17 euros la nuit, comme actuellement pour une nuitée d’hôtel en moyenne, mais en comptabilisant aussi l’accompagnement social (correspondant à environ 4 à 5 euros).

Conformément aux lots emportés par la SNI lors de l’appel d’offres, 38 des 62 hôtels vont être dédiés à l’accueil des demandeurs d’asile, et les autres à l’accueil de personnes en situation de précarité sociale. La raison de cette séparation tient au fait que le contrat prévoit un accompagnement social, et que celui-ci diffère selon les populations.

En 2012, le nombre de places d’hébergement d’urgence a progressé de 50%, passant de 80 000 à 120 000 places.

Après la fermeture de l’Hotel Henni, il ne resterait à Vaulx-en-Velin,  ville de 45000 habitants qui possède un tissu industriel important qu’un seul Hôtel. 

DRISS