Promenade en terre presque inconnue.

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Vendredi 18 août 2017

La députée de la 7e circonscription du Rhône a été aperçue déambulant dans les allées du marché  de la thibaude et du centre-ville entourée d’une dizaine de militants LREM. Anissa Khedher profite donc de ses jours de repos avant le retour à l’Assemblée nationale et les débats qui ne manqueront pas de suivre la « Loi travail » pour se rapprocher des Vaudais et sans doute commencer à acquérir une certaine notoriété sur la ville ou elle fait figure d’illustre inconnue.

Il est encore tôt pour porter un jugement sur notre députée encore fraîchement élue d’autant que la plainte au pénal déposé par Alexandre Vincendet suivie par une saisine du Conseil constitutionnel pour faire invalider l'élection pour “détournement de moyens publics dans le cadre d’une élection » cours toujours et est suspendue comme une épée de Damoclès sur la tête d’Anissa Khedher.  La victoire s'est jouée à seulement 248 petites voix dans la 7e circonscription du Rhône. 248 voix qui ont fait pencher la balance en faveur d'Anissa Khedher. Pour Rappel, c’est principalement le communiqué de presse diffusé sur les réseaux sociaux par Jean-Michel Longueval, le maire de Bron qui est en cause. Dans ce communiqué à l'en-tête de la ville avec les coordonnées du service communication de la municipalité, Jean-Michel Longueval appelait à voter pour Anissa Khedher. Une faute qui pourrait être lourde de conséquences.

D’autant que si l’élection devait être rejouée, la donne a quelque peu changé ces derniers mois. Le potentiel Macron est à la baisse et les réseaux sociaux n’ont gère été tendre avec Anissa Khedher, d’une part elle traine comme un boulet sa prestation ratée sur  à la télévision en juin dernier sur TLM, une chaîne de télévision locale que l'élue traîne comme un boulet. Anissa Khedher, en pleine campagne pour le deuxième tour des législatives avec son opposant Alexandre Vincendet, le maire LR de Rillieux-la-Pape apparaît très peu sûre d'elle, bafouillant, et montre d'importantes lacunes sur certains sujets. 

Le souvenir de cet événement est revenu dans l’actualité du fait que la députée LREM en juin dernier vient d’être choisie pour représenter la France à l’Assemblée parlementaire de l’OTAN. Une nomination vivement critiquée et moquée par ses adversaires, à cause de la prétendue inexpérience de cette nouvelle élue sur les questions de défense, mais également à cause de sa passivité à l’Assemblée.

La nouvelle députée du Rhône est restée assez discrète pendant ces deux mois. Selon le site Nosdéputés.fr, la nouvelle élue ne serait jamais intervenue en commission, n’aurait effectué aucune prise de parole longue dans l’hémicycle, n’aurait proposé aucun amendement, n’aurait pas rédigé de rapport et n’aurait pas formulé de question écrite ni de question orale. Un certain effacement (dû sans doute en grande partie au frein qui a été mis sur les parlementaires LREM), qui n’a pourtant pas empêché Anissa Khedher d’être choisie la semaine dernière pour faire partie de la délégation à l’Assemblée parlementaire de l’OTAN, une organisation interparlementaire chargée de discuter des problématiques de l’alliance atlantiste.

La délégation de l'Assemblée parlementaire de l'OTAN, qui compte 18 membres titulaires parmi lesquels Jean-Christophe Lagarde, est une entité juridique qui n'a aucun lien avec l'organisation atlantiste. Elle est désignée par le parlement national. Chacun des 29 pays de l’alliance est représenté. Toutes les sensibilités politiques sont d'ailleurs censées y être représentées. Voilà déjà de quoi être rassuré, si ce n’est juste qu’un salon ou l’on cause, la polémique est-elle utile.

Pour Jenny Raflik, maîtresse de conférence à l'université de Cergy-Pontoise et spécialisée sur les questions de sécurité et de défense depuis le début de la guerre froide, "cette assemblée est davantage un forum de discussion et de rencontre". "Depuis sa création en pleine guerre froide, elle n'a jamais joué un rôle important" et "n'a pas de réels impacts sur les grandes décisions".

V.L