Du bon, du bon, du Bonnell

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Mercredi 23 août 2017

Il y a deux types de représentants dans le parti d’Emmanuel Macron. Les locomotives et les wagons. Nos voisins villeurbannais ont hérité d’une locomotive, pour l’instant Anissa Khedher notre députée serait plutôt à classer dans les wagons et c’est difficile pour un wagon de devenir locomotive, mais avec une bonne customisation tout reste possible.

La locomotive est généralement médiatique et n’hésite pas à s’accorder avec les médias. Bruno Bonnell qui a servi de référent dans le Rhône pendant la campagne des présidentielles en supervisant les comités locaux a été bien récompensé puisqu’il a pu présenter sa candidature pour les législatives à Villeurbanne sans passer par la case comité d’investiture, celle-ci lui étant acquise depuis le début.

En tant que référent, celui-ci a animé de nombreuses manifestations ou il n’a pas manqué de répondre aux questions du public à la manière d’un représentant en électroménager pratiquant le porte-à-porte. C’est ainsi qu’il est surement devenu un des meilleurs vendeurs du programme Macron, capable de combler en quelques phrases le vide sidéral des explications sur les différentes propositions.

Après avoir fait preuve de discrétion pendant les différents débats législatifs Bruno Bonnell promet que les classes sont terminées.

« Les vociférations de l'opposition qui nous a raillés en parlant de « novices » ont masqué une profonde révolution, un bouleversement du paysage à mon sens sous-estimé : pour la première fois, les trois quarts de l'Assemblée sont composés de primo-élus. Nous nous sommes retrouvés lancés dans le processus d'élaboration de la loi et du fonctionnement parlementaire sans aucune formation, mais surtout sans a priori, avec nos seules forces. Au regard du résultat, nous avons fait preuve d'une capacité d'adaptation remarquable. J'ai fait partie de ceux qui l'ont fermée, le temps d'apprendre les codes. Mais je vous annonce que nos classes sont finies. On va sortir du silence ! ».

En attendant de mettre en pratique ses intentions, le député LREM de la 6 e circonscription du Rhône commence à faire le bon client dans les journaux et sur les plateaux radio avant d’alimenter certainement les plateaux télévision.

Et le député LREM ne manque pas d’idées et celle qu’il a émise lors d’une interview au journal le parisien est une véritable révolution. « Pourquoi ne pas permettre au député de voter à distance avec des outils connectés ». Ainsi plus nécessaire d’assister aux séances dans l’hémicycle ou aux commissions. Bruno Bonnell invente le télétravail législatif. Et pourquoi pas des députés virtuels ou des robots.

Invité le plateau du Grand Oral des Grandes Gueules sur RMC. Le député LREM est principalement revenu sur la réforme du code du travail qui promet une rentrée sociale mouvementée. Bruno Bonnell a d'abord plaidé l'absence d'informations : "Moi je ne l'ai pas vu ce texte. Vous ne l'avez pas vu non plus. On le verra le 31 août".

Avant d'enchaîner sur une promesse double : "On propose à la fois de protéger les gens qui sont en situation d'employés et de donner plus de flexibilité aux employeurs."

A la question posée par Alain Marschall de savoir ce qui garantissait que le chômage baisserait avec la réforme du code du travail, Bruno Bonnell s'est montré "politiquement incorrect" : "Rien de garanti. Si ce n'est quelque chose d'exceptionnel que l'on a qui est le génie français. On a quand même des inventions extraordinaires, des chefs d'entreprises remarquables, des gens qui ont été audacieux, on a ce terreau de construction d'avenir. (...) Moi je crois qu'on peut se relever. Il faut simplement que l'on déstructure un peu tout ça (le code du travail ndlr) et qu'on lui donne plus de flexibilité. Ce n'est pas une loi qui va créer des emplois. Le plus important est de rentrer dans une logique où l'on redonne de la liberté d'action".

Une liberté d’action pour les patrons ?

V.L