Tout va bien ?

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lundi 18 septembre 2017

Sénèque disait, « On doit punir, non pour punir, mais pour prévenir » trouvant déraisonnable que l’on punisse un homme uniquement pour une faute commise, mais pour qu’elle ne soit plus. Cette vision diffère de l’analyse de Kant pour qui la faute est la raison première et ultime de la peine « on ne punit pas un homme pour qu’il ne commette pas d’autre crime, mais parce qu’il en a commis un ». Comme on peut le voir, depuis la nuit des temps l’homme disserte sur la manière, dont la société doit prendre en compte et traiter le coupable d’un fait délictueux. Et pendant que l’on diserte, le problème lui ne se traite pas.

Le principal média local, « Le progrès » fait souvent de beaux titres sur des faits divers Vaudais. Parfois on dirait même qu’il n’y a que notre ville qui est sujette aux délits et incivilités, ce qui est loin d’être le cas, mais les légendes urbaines sont tenaces. Il n’en demeure pas moins que ce soit à Vaulx-en-Velin,  à Villeurbanne ou ailleurs les exactions laissent des traces indélébiles dans l’imaginaire collectif. Notre société n’apporte pas la réponse adaptée et les incivilités et délits se multiplient et surtout le sentiment d’impunité prédomine.     

Hélène Geoffroy, comme le souligne un de ses fervents supporters a décidé de jouer à fond la carte de la communication pour montrer qu’elle a repris les rênes de la ville et que dorénavant on allait voir ce que l’on allait voir. Le premier support sera sans contexte un journal municipal tout acquis à sa cause. Seulement, ses efforts seront vains, car en termes de communication il est une règle immuable, le négatif l’emporte toujours sur le positif. Nous avons pu le constater au niveau des conseils de quartier ou il y a sans doute des actions intéressantes, mais occultées par un fonctionnement erratique dû au notamment au manque d’implication de la municipalité  et surtout à des interrogations récurrentes sur la propreté et les incivilités qui ne trouvent pas de réponse auprès des services municipaux.

La semaine dernière, un Vaudais de 21 ans a été interpellé au terme d’une  poursuite. Ce dernier défavorablement connu des services de police « avait refusé d’obtempérer lors d’un contrôle mené par des agents de la police municipale, place de la Nation. Circulant à bord d’un scooter volé, il effectuait des rodéos depuis plusieurs jours dans le secteur.  Visiblement content d’avoir échappé aux policiers, il n’a pu s’empêcher de repasser quelques minutes plus tard pour narguer les fonctionnaires. Sauf que cette fois, il a foncé droit sur les policiers. Les agents municipaux ont alors sorti la bombe lacrymogène pour éloigner le chauffard, qui a pris la fuite une nouvelle fois. Formellement reconnu par les policiers, le jeune homme a été interpellé quelques heures plus tard rue Emile-Zola. En revanche, le scooter reste introuvable. » Pouvait-on lire dans Le Progrès.  

Placé en garde à vue, le suspect a nié les faits malgré les déclarations des policiers. Ses dénégations n’ont pas convaincu le procureur. Le mis en cause est convoqué samedi matin au tribunal. Il est également placé sous contrôle judiciaire, avec interdiction de conduire un véhicule.

Le terme « défavorablement connu des services de police » induit qu’a 21 ans, l’individu en question est un multi récidivistes et que donc l’interdiction de conduire un véhicule risque allégrement de lui couler dessus comme l’eau sur les plumes d’un canard. Les cas de refus d’obtempérer se multiplient dans l’agglomération ce qui laisse supposer que le sentiment d’impunité croit. Nous avons particulièrement suivi la période du 14 juillet ou les esprits s’échauffent un peu plus que d’habitude et de manière unanime cette année n’a pas dérogé aux pratiques des années passées. Lorsque Manuel Valls évoque « un apartheid territorial, social, ethnique »,  parmi les maux qui rongent notre pays celui de la difficulté d’apporter une réponse appropriée aux délits à répétitions commis par des adolescents et de jeunes adultes est un héritage qui perdure depuis des décennies.

Parmi les nombreux chantiers que doit aborder le gouvernement d’Emmanuel Macron, celui-ci est d’importance et nous attendons avec intérêt les dispositions que va prendre le ministre de l’Intérieur qui en tant qu’ «ancien » maire de Lyon et «ancien » président de la métropole connait bien le problème.

« Je veux que la police ait les moyens de faire cesser rapidement par «  une injonction civile d’éloignement » les actes d’incivilités qui empoisonnent la vie quotidienne des Français : les dégradations d’immeubles, les menaces, les intimidations », a affirmé Jupiter pendant sa campagne électorale,  avant d’ajouter : « Lorsque des jeunes, ou moins jeunes, intimident, sèment la terreur et empêchent par exemple à des femmes de s’asseoir à une terrasse d’un café, lorsque les jeunes organisent un trafic au pied d’un immeuble, il est très difficile de les sanctionner pour les forces de l’ordre ».

 

Toujours dans l’objectif de lutter contre la délinquance, le candidat d’alors souhaitait « développer des circuits courts de sanction » pour les infractions « simples » comme « le vol à l’étalage ou l’usage de cannabis ». Par exemple, en cas d’interpellation par un policier sur la voie publique, « l’individu devra être sanctionné immédiatement », notamment via des amendes « d’au moins 100 euros ».

 

Il ne reste plus qu’à mettre en pratique et éviter que la panne de stylo pour les amendes.

V.L