C’est l’heure du classique bilan de mi-mandat.

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Mercredi 4 octobre 2017

Un peu partout en France, à l’image de la maire de Lille et de Martine Aubry qui l’a médiatisé,  nombre de municipalités présentent un bilan des actions menées depuis le début du mandat. Il serait étonnant que Vaulx-en-Velin déroge à la règle, la communication étant un élément important de la politique notre ville et par conséquent nul doute que nous allons trouver dans nos boites aux lettres d’un jour à l’autre quelques feuillets détaillants l’action municipale.   

Rendre compte en transparence de l’action menée est nous pensons une bonne chose et la démarche annoncée lors du dernier conseil municipal est à saluer, car cela permettra de confronter la vision de l’exécutif à la nôtre, celle d’habitants ne possédants bien souvent pas toutes les clefs de l’action municipale, ne voyants  pour certains « que la partie visible de l’iceberg ». 

Il y a près de trois ans, Hélène Geoffroy (PS) remportait les élections municipales mettant ainsi fin à plusieurs décennies de gouvernances communistes, gouvernance dont elle fût partie prenante avant de décider que ce serait beaucoup mieux d’être calife à la place du calife Charrier. Est-ce pour des considérations politiques, le parti socialiste voulant la main mise sur la ville de Vaulx-en-Velin ou pour des désaccords en termes de choix sur l’évolution de la ville ? Si Hélène Geoffroy a exprimé à plusieurs reprises lors des conseils municipaux auxquels elle a participé en étant dans l’opposition des avis différents,  elle et les élus PS ont pratiquement toujours voté les délibérations de Charrier-Genin et approuvé les budgets. Ce que qui est, il faut l’avouer plutôt surprenant.  En effet, quand on ne partage pas la décision prise par l’exécutif, pourquoi l’approuver et donc être comptable d’une situation qui est ensuite dénoncée comme étant catastrophique ?   

Avant de donner notre vision du mandat d’Hélène Geoffroy, il nous parait important de revenir au début de l’histoire.

Au premier tour des municipales 2014, Hélène Geoffroy réussit à convaincre les instances socialistes de mener une liste autonome.  Elle devance de peu la liste conduite par Bernard Genin. Mais son avance n’est pas une garantie de victoire, l’écart est loin d’être décisif. D’après les analyses internes, elle serait même perdante. Elle refuse une alliance avec Bernard Genin qui revendiquait la tête de liste et la reléguait à un poste d’adjoint. Des négociations s’engagent alors avec la liste citoyenne conduite par Stéphane Bertin qui a créé la surprise en trouvant l’adhésion de 17% des électeurs. Grâce à cet apport de voix, la municipalité vaudaise vire au rose. Elle devient également conseillère métropolitaine et alors qu’elle avait assuré la presse ne pas souhaiter devenir vice-présidente, elle occupe quand même ce mandat de 10e vice-présidente en charge de l’énergie. Pas de chance.

Elle alterne entre son mandant de députée et de maire de Vaulx-en-Velin partageant son temps entre l’Assemblée nationale et « sa » ville de Vaulx-en-Velin. Mais elle comprend rapidement que l’Assemblée nationale est le lieu idéal pour avoir de la visibilité et se constituer des réseaux d’autant qu’elle y est présente auréolé d’une victoire alors que tant d’autres socialistes ce sont ramassés.

En mars 2016, Hélène Geoffroy entre au gouvernement comme Secrétaire d’État à la ville auprès du ministre Pascal Kanner. Ce n’est qu’une demi-surprise. Nous savions qu’elle faisait du lobbying et elle a de bonnes relations y compris au sein du gouvernement. C’est une Royale Girl, comme Najat Vallaud Belkacem. Pendant la présidentielle de 2007, elle était responsable locale de sa campagne.

À Vaulx-en-Velin, cependant les trois premières années de mandats sont en demi-teinte plutôt sombre. Ça ne roule pas tout seul et comme elle est souvent absente beaucoup de choses n’avancent pas. Bien sûr, il y a la communication sur la priorité du mandat qui est basée sur la rénovation et la construction des écoles. Mais sur les autres plans, c’est beaucoup plus calme d’autant que le budget de la ville n’est pas reluisant. De plus elle ne peut pas s’appuyer sur une équipe expérimentée pour diriger la ville c’est donc de manière autoritaire, d’autres diraient dictatoriale qu’elle dirige son « équipe » et personne n’oserait la contredire. Ce n’est pas difficile, à part Stéphane Gomez et Muriel Lecerf (et encore c’est loin d’être acquis) personne ne peut au niveau du groupe socialiste faire le poids devant Hélène Geoffroy. C’est elle qui est décisionnaire sur tout. Elle écoute un peu, de loin, prend son temps pour décider et parfois cela prend trop de temps et il n’y a plus rien à décider.  

« Elle a “fait le ménage” dans le fonctionnement de l'administration communale, mais les rouages mis en place peinent à fournir des résultats. Il faut croire que le fameux rapport Auroux n’est finalement pas aussi objectif.

On peut également lire dans la presse  « Débuts de mandats difficiles avec une première polémique concernant un de ses adjoints Ahmed Chekhab qui a tenu des propos antisémites vis-à-vis d’un ex-adjoint. Même si elle condamne les propos, Hélène Geoffroy hésite beaucoup à le sanctionner et refuse de se séparer de lui. Il a même été promu d’après Philippe Zittoun. Pourtant la faute est caractérisée puisqu’il est exclu pendant six mois du parti socialiste. Aujourd’hui, vu les bouleversements sociétaux  Ahmed Chekhab aurait sans doute été contraint de démissionner.

Seconde difficulté avec un autre adjoint, Morad Aggoun, accusé de viol par une assistante. Là, c’est Hélène Geoffroy qui prend l’initiative de le démettre de ses fonctions. Fait qui reste dans le domaine de la présomption d’innocence, l’affaire n’ayant pas encore été jugée. Il faudra sans doute attendre 2019 pour en connaitre la conclusion. Quoi qu’il en soit, il y a eu relation sexuelle dans les locaux de la municipalité ce qui constitue dans nombre d’entreprises une faute grave et un licenciement.  Pour ce fait et quel que soit la conclusion du jugement, pour une question de déontologie, car il ne faut pas oublier que l’élu à le devoir d’être exemplaire, nous voyons mal Morad Aggoun revenir siéger au sein du conseil municipal et s’élever en donneur de leçons comme il l’a fait dans le passé.

« Flottements dans sa majorité, moins de deux ans après l’élection, elle opère un remaniement au sein de son équipe pour débarquer deux autres adjoints jugés ingérables ou indésirables, car lui faisant de l’ombre ».  Stéphane Bertin vient de comprendre qu’en politique celui qui détient le pouvoir peut l’exercer sans retenue. Cela s’appelle le fait du prince.  

Après cette introduction historique, nous ouvrirons le chapitre du bilan, en reprenant comme base le projet 2014-2020 destiné à servir, respecter et valoriser Vaulx-en-Velin qui a servi de support à la campagne électorale d’Hélène Geoffroy.    

V.L