Parlons bilan culture

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Vendredi 6 octobre 2017

Aborder le thème de la culture revient à s’engager sur un chemin qui ne se limite pas à un aspect purement financier. En effet, si la culture à un coût, ce dernier ne sera jamais compensé par la billetterie des spectacles. À trop chiffrer la culture, on lui fera perdre son âme. Cependant, à ne pas savoir la chiffrer, on risque de la tuer. C’est donc un compromis à trouver.

En général, il est acquis d’accorder une place à la culture dans le budget communal, souvent plus par obligation que par conviction. À qui est-elle destinée ? Un peu pour les scolaires, Un peu pour les jeunes, un peu pour les seniors, un peu pour ….

En cas de crise, c’est d’ailleurs un des premiers budgets qui passe à la trappe. Mais certaines municipalités et nous partageons ce sentiment, ont compris que la culture est essentielle dans la vie de chacun, parce qu'elle est un moyen d'émancipation, un tremplin pour les jeunes, car elle éveille la curiosité, l'ambition, l'ouverture d'esprit et l'imagination.

La culture permet de dépasser la peur de la différence et faire émerger le désir de vivre ensemble au sein de la population. Elle est un vecteur du lien social, du dynamisme économique, d’attractivité d'un territoire. Elle joue un rôle essentiel dans la construction de l’image de la ville et renforce son identité.

La ville de Vaulx-en-Velin est riche en termes de culture, que ce soit à travers son école de musique, à travers le développement  de la lecture et le rapport aux livres et à l’écriture, à travers les différentes associations qui l’animent, à travers une programmation liée au spectacle vivant, à travers ses activités scientifiques. Autant de clés à donner aux habitants pour s’émanciper à eux cependant de les saisir à condition d’y trouver un intérêt.

Les différents exécutifs qui se sont succédé à la tête de la ville ont contribué à la mise en place de ces outils culturels. L’exécutif conduit par Hélène Geoffroy a poursuivi dans la lancée en apportant sa touche de manière à faire adhérer le maximum de Vaudais. A-t-il réussi dans sa démarche ?

D’autres axes ont été développés, tels que par exemple la mise en valeur du patrimoine historique de la ville. Le château qui a fait l’objet de toutes les attentions de la part de l’association Vaulx-en-Velin village (AVVV) a été retenu comme étant un intérêt patrimonial. C’est également le cas pour notre patrimoine historique industriel, Usine Tase, usine Kaeser,…

C’est le témoignage que nous allons laisser aux générations futures qui est ainsi préservé. Des actions ont déjà été menées ou sont en cours, mais c’est un travail de longue haleine que l’exécutif a  le mérite de lancer et ainsi créer une dynamique.

Une autre forme de culture a été développée, à caractère historique également, celle qui vise à travers les commémorations à témoigner sur les mauvais faits de notre passé. Bien que nous considérons qu’il y a trop de commémorations et que le trop fini par en diluer l’intérêt, ce sont des moments qui devraient obtenir l’adhésion des Vaudais et donc leur participation ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. En dehors des manifestations nationales, peut-être qu’une unique cérémonie pourrait répondre de manière plus positive à l’objectif fixé.

Si l’on considère que les fêtes font partie de la culture, la mise en place des conseils de quartiers a ouvert de nouvelles perspectives. Nous pensons que nous pouvons disposer d’une richesse culturelle liée notamment au développement d’initiatives citoyennes.

Considérant le spectacle vivant, la ville dispose à travers le centre communal culturel Charlie Chaplin (5C) d’un outil adapté à cette forme d’art. C’est un peu le navire amiral de la culture vaudaise, au même titre que le planétarium. Nous pouvons à travers la programmation du 5C déceler quelle est l’orientation voulue par la municipalité. Sous l’aire Charrier-Genin la programmation était plutôt orientée militantisme de gauche, voire d’extrême gauche. Une programmation élitiste, par forcément accessible intellectuellement à tous. Avec en point d’orgue, le festival A Vaulx jazz qui a réussi à acquérir une renommée quasi internationale et dont le passage en biennale risque de casser la dynamique.

Le nouvel exécutif s’est plutôt orienté vers ce qui est l’essence même des banlieues, les cultures urbaines et notamment le HIP-HOP. C’est un mode d’expression qui possède un certain attrait et qui il faut le dire n’est pas déplaisant. Le risque c’est de conquérir un public de simples consommateurs ce qui n’est à notre avis pas le but ultime de la culture.

Suite aux problèmes de santé de la directrice du 5C, la municipalité a dû recourir à un prestataire extérieur pour peaufiner sa programmation 2017-2018. Celle-ci  loin de s’adapter au contexte vaudais est plutôt tous azimuts sans cohérence. Pas assez grand public à notre gout pour remplir la mission de satisfaire le plus grand nombre. Nous avons bien analysé l’escale proposée par Mourad Merzouki, mais  larguer les amarres pour ne pas faire relâche. D’ailleurs l’invitation pour la présentation de la saison 2017-2018 a largement été diffusée dans l’agglomération et n’a trouvé l’adhésion que d’une centaine de personnes, y compris élus et proches de la municipalité ce qui à notre avis n’est guère une satisfaction.

Il faut garder à l’esprit que les spectacles sont rarement pleins malgré une tarification très abordable pour toutes les catégories sociales. Nous aimerions bien que la municipalité joue la transparence en donnant des chiffres et notamment celui de la gratuité, car il se dit et il est bien de faire taire les rumeurs que de nombreuses places gratuites sont distribuées, notamment pour les spectacles de culture urbaine. 

Le festival d’Arts sacrés peut trouver un public, c’est une cible parfaite, car non exploitée au niveau de la métropole. Tout ce qui manque pour le développer c’est qu’il soit suffisamment porteur par la qualité et la rareté des spectacles pour donner envie au Lyonnais de se déplacer.

http://www.centrecharliechaplin.com/saison-2017-2018/saison

 

Métropole de Lyon - Conseil du 10 avril 2017 - Délibération n° 2017-1882

Centre culturel communal Charlie Chaplin

Cet établissement situé à Vaulx-en-Velin, géré en régie municipale, favorise la création artistique contemporaine en accueillant des compagnies en résidence et propose une programmation pluridisciplinaire, tout en mettant l’accent sur les arts du langage et les cultures urbaines.

Composée d’environ 45 spectacles donnés sur 75 représentations, ayant accueilli 12 285 spectateurs

la saison passée, la programmation de la saison comprend 2 à 3 temps forts, constitués de spectacles se répondant autour d’un thème (ex : l’emploi et le chômage ; l’économie financière ; etc.) et accompagnés de différents parcours artistiques (impromptus, conférences, bals, déclinaison gastronomique, etc.). Il accueille également une partie des concerts du festival en biennale « À Vaulx Jazz ».

Sur un budget prévisionnel total d’environ 1 012 695 €, il est proposé que la Métropole soutienne le Centre culturel communal Charlie Chaplin par une subvention de 50 365 € soit 4,97 % de son budget. Les autres financements attendus proviennent de la Ville de Vaulx en Velin (792 330 €) et la Région (50 000 €).

À titre de comparaison, si l’on prend la programmation de la ville de Décines qui est classé scènes ayant un rayonnement à l’échelle de l’agglomération, nous trouvons beaucoup plus de cohérence.

$    La ville de Décines fait apparaitre la part subvention et une part mise à disposition de personnel ce qui n’est pas le cas pour Vaulx-en-Velin ce qui nous rend difficile de faire un comparatif. D’autre part le Toboggan acceuille également une salle de cinéma de 150 places et un espace d’exposition, "La Spirale".

Le Toboggan

Centre culturel situé au coeur de Décines-Charpieu depuis 1996, géré en régie autonome personnalisée, il regroupe plusieurs équipements : un théâtre, un cinéma, un espace d’exposition et une médiathèque. Actuellement labellisé Plateau danse et Scène régionale, son théâtre offre une programmation pluridisciplinaire tout en mettant l’accent sur la danse et ayant accueilli 14 500 spectateurs la saison précédente. Se voulant ancré dans son territoire, il met de plus en plus en avant des propositions à destination du grand public. Oeuvrant à une mission de diffusion culturelle, il développe un programme d’action culturelle et de sensibilisation, et tend, pour ce qui est de la production, à accompagner des projets de petite dimension, avec notamment des prêts de plateau durant diverses périodes.

Sur un budget prévisionnel total d’environ 1 654 000 €, il est proposé que la Métropole soutienne le Toboggan par une subvention de 57 434 €, soit 3,47 % de son budget. Les autres financements attendus sont les suivants : Ville de Décines-Charpieu (600 000 € de subvention et 406 550 € de mise à disposition de personnel), Région (110 790 €), Etat (57 500 €).

 http://www.letoboggan.com/-SPECTACLES-.html

En conclusion  nous pouvons donner une note de 5/10 à l’action municipale dans ce domaine.