Enfants sans toit

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Samedi 26 janvier 2019

Depuis quelques semaines, l’attention locale est portée sur « les enfants sans toit ». Que ce soit à travers les médias sociaux, les journaux y compris nationaux et des reportages télévisés.

Par des actions de terrains, des enseignants, des parents d’élèves, des habitants réunis en collectifs se mobilisent en occupant des écoles ou des infrastructures scolaires publiques. Ces occupations ont pour but de permettre à des familles dont les enfants sont scolarisés dans ces écoles de trouver un abri pour la nuit, car la plupart déboutées du droit d’asile se retrouvent sans logement.

Mais le but du collectif est également d’alerter les collectivités sur l’urgence de la situation et sur la nécessité de permettre à tout enfant scolarisé et à sa famille d’avoir un logement pérenne et stable durant sa scolarité dans le respect de la loi. Selon l’article L. 345-2-2 CASF « Toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique et sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d’hébergement d’urgence » selon l’article L. 345-2-2 CASF. Aucune condition de régularité de séjour n’est imposée par les textes. Cet accueil est donc immédiat et inconditionnel. Un étranger débouté du droit d’asile ou une personne qui fait l’objet d’une mesure d’éloignement exécutoire doit ainsi pouvoir bénéficier d’un hébergement d’urgence s’il est sans abri, en situation de détresse médicale, psychique et sociale ». La préfecture est le représentant de l’état censé faire appliquer la loi.

À ce jour à Vaulx-en-Velin 37 enfants de 10 mois à 18 ans sont toujours sans abri dont 33 scolarisés dans diverses écoles de la ville. Environ 200 sont concernés sur l’agglomération.

Sur les réseaux sociaux, les échanges sont parfois vifs et la plume accusatrice à l’égard des enseignants, des parents d’élèves, des habitants du collectifs souvent accusés de jouer les extrémistes. Pour certain l’extrême gauche dans toute sa splendeur qui souhaitent mettre en défaut la municipalité. « La détresse que vivent quelques familles, pour la plupart déboutées du droit d’asile, et l’émotion compréhensible qu’elle suscite, ne saurait être préemptée, instrumentalisée par quelques activistes en mission, démonstratifs et donneurs de leçons » déclare Hélène Geoffroy dans un communiqué de presse au ton particulièrement incisif.

Face à la grande détresse de ces familles dont la situation administrative et le sort sur le sol français ne sont pas tranchés et des enfants présents tous les jours en classe avec d’autres enfants qui se posent des questions c’est difficile en tant qu’enseignants, parents d’élèves de ne pas se sentir concerné. En tant qu’habitants nous avons un peu plus de recul pris dans le tourbillon de la vie et éloigné de ce problème, loin des yeux, loin du cœur, mais nous ne pouvons pas rester indifférents d’autant que parfois certains d’entre nous ont connu une situation proche.

Quand la préfecture, qui s'est engagée à ne pas laisser à la rue des familles avec enfants, ne propose aucune solution pérenne ni d'autres alternatives que faire ? Fermer les yeux ?

Personne ne peut nier le caractère social de Vaulx-en-Velin jusqu’aux impôts pour ceux qui y sont assujettis plus élevés que dans les quartiers bourgeois de l’agglomération. Le mot solidarité n’est pas galvaudé dans notre ville. La gratuité de la cantine et du périscolaire pour les enfants en question ainsi que le faible coût payé par les familles à faible revenu est un geste solidaire.

Cependant, le caractère social n’est pas qu’une volonté de la ville, il est dû aux circonstances et à l’historique de plusieurs décennies parfois subi. Concernant le nombre de logements sociaux, l’objectif de la municipalité actuelle est d’en réduire le pourcentage pour le porter de 58 à 50% parce que c’est difficile avec une trop forte concentration de vraiment jouer un rôle social.

Je ne sais pas si faire une somme de dispositifs assurant un rôle d’hébergements social s’exonère de réfléchir sur ce qu’il est possible de mieux faire. Parfois ces solutions d’hébergements installées en catimini avec un permis de construire signé un mois d’août et sans prévenir les adjoints et les habitants posent des interrogations. Aujourd’hui plus encore à l’heure où la défiance envers les élus a atteint son paroxysme.

Les mots et les comportements déplacés n’ont pas lieu d’être entre personnes de bonnes volontés en présence d'une situation jugée humainement inacceptable au pays des droits de l'Homme. Droits de l’homme sur lesquels la municipalité a grandement communiqué lors des 70 ans de la déclaration de 1948.

Effectivement Vaulx-en-Velin et les vaudais font beaucoup plus que d’autres autres villes de la métropole ce qui n’est pas sans parfois poser des problèmes. Parfois moi aussi j’aimerai que pour rétablir un équilibre social un plus grand nombre de ceux qui travaillent et décident de l’avenir de notre ville s’y installent. Cependant s'opposer les uns aux autres et se renvoyer la patate chaude ne résout pas les problèmes. il n'y a que le dialogue et la volonté de croire que chacun fait le mieux possible et qu'entre la loi et la conscience parfois la conscience l'emporte. 

Il est question de logements inoccupés depuis plusieurs années sur la ville et chauffés de surcroit. La préfecture en général propose des nuitées d’hôtel et quelques semaines dépensées dans ces conditions représentent plus d’une année de loyer d’un logement social, il y a le moyen entre préfecture et municipalité de trouver un terrain d’entente au moins jusqu'à la fin de la scolarité des enfants.

Thomas Petragallo