Le bouc émissaire

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Mercredi 11 octobre 2017

Le 1er octobre, Ahmed H., un Tunisien de 29 ans, avait tué au couteau deux jeunes femmes à la gare Saint-Charles de Marseille, avant d’être abattu par la police. Interpellé deux jours avant pour avoir volé un pull dans un centre commercial de la Part-Dieu à Lyon, Ahmed H. avait été remis en liberté le lendemain, alors qu’il était en situation irrégulière. Ce ressortissant tunisien avait été interpellé à sept reprises depuis 2005 sous sept identités différentes.

Une procédure d’expulsion avait alors été envisagée, mais elle n’avait pas abouti car le centre de rétention administrative de Lyon était surchargé.

Il apparaissait également que la personne de permanence à la préfecture du Rhône, ayant autorité pour signer l’Obligation de quitter le territoire et le placement en rétention de l’individu, était injoignable. L’auteur du double homicide de Marseille avait finalement été relâché le samedi après-midi.

Saisi par le ministre de l’Intérieur au lendemain de l’attaque terroriste de Marseille, qui a coûté la vie à deux étudiantes, l’Inspection Générale de l’Administration devait faire toute la lumière sur cet affaire.

Le verdict est tombé dans la journée de mardi. « Un ensemble de dysfonctionnements » à la préfecture du Rhône, dont l’équipe sera profondément renouvelée « dès demain », ont conduit à la remise en liberté de l’auteur du double meurtre de Marseille la veille de l’attaque à la gare Saint-Charles, a déclaré  le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb.

Et pour commencer le préfet du Rhône  Henri-Michel Comet était remercié et qu'un nouveau préfet du Rhône serait nommé ce mercredi en conseil des ministres. "Il faut que certains portent la responsabilité de cela. D'où la décision qui sera prise demain en Conseil des ministres de faire en sorte que ceux qui [ont] une responsabilité changent", c’est justifié le porte-parole du gouvernement . pourtant le rapport ne met pas en évidence de fautes individuelles, "mais un ensemble de dysfonctionnements" : "Nous devons mettre en place une série de mesures correctrices", a précisé le ministre de l’Intérieur. Arrivé seulement en février dernier, Henri-Michel Comet sera accompagné dans sa chute par son secrétaire général Xavier Inglebert.

Et celui qui va faire les correction est déjà nommé  Selon les informations lus sur Lyonmag  et confirmées par celles de la Provence, son remplaçant est déjà connu dans le Rhône. Il s'agit de Stéphane Bouillon, actuel préfet de la Région PACA, en poste depuis août 2015.
Passé par la Région Alsace et la Corse notamment, il fut directeur de cabinet de Claude Guéant au ministère de l'Intérieur.

« Pour l'anecdote, Stéphane Bouillon avait prêté sa résidence privée de préfet à Emmanuel Macron cet été pour les vacances du président de la République. Et il est intéressant de noter qu'il a été condamné par le passé à 800 euros d'amende avec sursis pour avoir validé un communiqué de presse sans le lire, ce dernier désignait pourtant à tort un individu comme étant un terroriste.

Il a également été condamné pour faute en avril dernier dans le cadre de l'affaire des permis illégaux de Coti Chiavari en Corse. Malgré des avis défavorables de la Direction départementale des territoires, il avait délivré, la veille de son départ de Corse, quatre permis de construire pour "réhabilitation de ruines" alors que le projet concernait un restaurant et des villas ». peut-on lire toujours sur le site Lyonmag.

Nous pensons que s’il n’y avait eu drame  cette affaire n’aurait pas autant fait de bruit. Le préfet a joué le rôle de bouc émmisaire.

« Je préférerais, plutôt que d’aller chercher une victime expiatoire, en faisant croire que c’est le préfet d’une région de neuf millions d’habitants qui n’a pas bien instruit un dossier d’une personne en préfecture, qu’on se pose les questions de fond. La question ce n’est pas un homme, c’est la défaillance de l’Etat de droit dans notre pays », a-t-il conclu rappelant que « dans quasiment 80 % des cas quand un policier ou un gendarme arrête un délinquant, il sera relâché sans même avoir une peine de justice ». avance Laurent Wauquiez le président de la région Rhône-Alpes-Auvergne.  Et de rajouter « Quand un étranger en situation irrégulière est sur le sol français, il n'est quasiment jamais reconduit à la frontière ».