Ou en sont les conseils de quartier.

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Vendredi 13 octobre 2017

Un des grands chantiers promis par le nouvel exécutif et ses ténors lors de leur prise de fonction en 2014 concernait la démocratie participative. Donner la parole et des responsabilités aux habitants afin de leur permettre de s’ingérer dans la politique de la ville faisait partie des nouvelles avancées municipales. D’autant que sous l’ère Genin, les dispositifs de relation avec les habitants ont peu fonctionné.

La mariée était belle, avec pour dote quatre adjoints de quartier, un chargé de mission, une secrétaire, un budget de fonctionnement de 5000 euros par conseil et un budget de 30 000 euros en terme d’investissement et bien entendu une charte.

Tout pour ce qui est donc nécessaire pour que cela fonctionne et un certain nombre d’habitants ont répondu présent avec la motivation d’œuvrer pour la bonne cause. Celle des Vaudaises et des Vaudais.

Nous avons été particulièrement attentifs au déroulement des conseils de quartier dès leur origine parce que nous pensons que c’est réellement quelque chose d’important au même titre que l’avancée qui consiste à diffuser le conseil municipal par internet.  Amener les habitants au plus près de la chose publique à l’heure ou tout ce qui touche à la politique a plutôt tendance à provoquer un mouvement de recul ne peut être que positif. Notamment dans un contexte de mutation en profondeur de notre ville les habitants doivent avoir leur mot à dire.

Il est tout à fait raisonnable d’admettre que la mise en place d’un nouveau processus engendre un moment de flottement. La méthode est nouvelle, les adjoints également et encore peu au fait de l’action publique. Cependant, au bout de quelques mois, voire une année, sans demander la lune, nous pouvons estimer que les rouages devraient commencer à être bien huilés. 

 

Une action qui a des visées à long terme, ne peut se permettre  de flotter trop longtemps sous peine de lasser les participants et les participants sont le cœur du dispositif. C’est pour cette raison que nous nous sommes rapidement fait l’écho des dysfonctionnements.

Nous ne pratiquons pas la langue de bois. Encouragé par les propos de l’élu à l’urbanisme  qui n’a pas hésité à souligner à plusieurs reprises l’impéritie des élus de l’exécutif précédant, de l’équipe Charrier-Genin, il nous a semblé utile d’exprimer notre point de vue avec le même degré d’analyse et de clarté que le fit notre élu également président du groupe socialiste.    Nous avons donc à plusieurs reprises fait des remarques sur les dysfonctionnements. Mais la municipalité n’a jamais souhaité se remettre en question.

Parce que nous pensions bêtement que celui qui est capable d’apporter un jugement aussi qualitatif sur le travail d’anciens élus aurait été des plus éclairé pour remettre en question le propre travail d’élus de son équipe. Avec d’autant plus de facilité que joue la proximité.

C’était cependant puéril de notre part, il n’est pas facile de se remettre en question, c’est une qualité rare que d’avoir la capacité de le faire. Pourtant quelquefois la nécessité l’impose sous peine de faire capoter un projet. Toute l’ambigüité de la réussite des conseils de quartier réside pourtant dans l’implication des élus censés d’après nous  apporter un certain niveau de contribution.

Nous sommes les premiers à vouloir leur réussite. Ce n’est pas un réconfort pour nous de considérer que ces trois premières années d’exercice se caractérisent par un presque échec. Car il faut le dire, le fait d’être incapables de mettre en ligne les comptes rendus des conseils de quartier comme il est stipulé dans la charte n’est pas le meilleur des signaux donnés.

Aujourd’hui  les conseils de quartier vivotent entre découragements des participants et volonté de mener à bien la mission qu’ils se sont donnés. Un certain nombre d’entre eux a abandonné ne trouvant pas les éléments nécessaires à leur motivation.  

Hélène Geoffroy a rencontré chacun des conseils de quartier pour recueillir leurs remarques.  Cependant celle qui est redevenue mairesse de Vaulx-en-Velin n’était pas sans les ignorer, car à chacune de ses participations ce sont les mêmes arguments donnés de manières récurrentes par les présents.

Le manque d’implication des élus. En effet en tant qu’adjoints de quartier, ils sont censés apporter une plus-value, mais sont rarement présents et n’organisent rien. Pourtant si nous comprenons bien le but des indemnités versées aux élus, c’est censé couvrir des frais engagés dans l’exercice de leurs missions.  1408 euros mensuels est une somme non négligeable. Pour rappel, le salaire moyen des Français pour 35 heures est de 2250 euros nets, que le SMIC mensuel est de 1139,81 euros.  Cette question des indemnités ne doit pas devenir un sujet polémique, mais c’est quand même une chose curieuse. Pour leurs partis politiques et dans le cadre d’élection, les militants se dépensent sans compter leurs heures. Nous l’avons vu pour les législatives ou une partie de nos élus étaient constamment sur le terrain et pourtant non indemnisé.   

Le manque de réponses aux questions posées par les conseils de quartier est une autre vexation faite aux conseils de quartier. Que ce soit au niveau des élus ou au niveau des services de la ville. Cela contrarie le travail fait par leur membre et donne l’impression qu’ils ne servent à rien.

Le fait de se voir imposer des investissements par les élus ou par les services de la ville sans que le conseil soit consulté  est également un élément d’incompréhension et de non-respect vis-à-vis du conseil qui élabore son plan pour l’année en cours et voit ce qu’il a retenu remis en cause de manière unilatérale.

Voilà les trois principaux points d’achoppements  qui nous semblent de nature à dénaturer le bon fonctionnement et la pérennité des conseils de quartier. À cela s’ajoutent les guerres intestines que se livrent les élus entre eux et les partis politiques. C’est dommage que cela vienne interférer dans la l’appropriation par les citoyens d’un processus de démocratie locale.

Se pose également la question du poste de chargé de mission qui a été renouvelé pour trois ans. Nous serions curieux de connaitre son apport réel dans la gestion des conseils de quartier ce que ne manquera sans doute pas de faire madame la mairesse lorsqu’elle présentera le bilan.  Il serait logique en fonction des différents points que nous avons évoqué que la municipalité reconnaisse qu’il y a moyen de mieux faire et s’engage à répondre de manière positive aux remarques faites par les participants des différents conseils. Savoir reconnaitre ses erreurs  et corriger ce qui ne fonctionne pas est la vertu des grands dirigeants.