la tension monte d'un cran

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Lundi 16 octobre 2017

Nouvel épisode dans la bataille juridique opposant Anissa Khedher et Alexandre Vincendet.

Après le recours formulé par le maire de Rillieux devant le Conseil constitutionnel, visant à faire annuler l’élection de la candidate LREM dans la 7ecirconscription du Rhône, cette dernière a produit un mémoire contradictoire de 50 pages que Salade Lyonnaise s’est procuré.

Plus qu’une simple défense, il s’agit d’une véritable contre-attaque en règle contre son adversaire.

Au fil du document, Anissa Khedher s’emploie logiquement à minimiser les six soupçons d’irrégularités pointés par Alexandre Vincendet, de l’affichage aux listes électorales, en passant par le dépouillement du scrutin et le soutien illégal de la candidate par une commune.

 

Une foule de griefs à pertinence variable 

Ce qui ressort des premières observations, c’est qu’une poignée de voix pourraient en effet être retranchées du résultat d’Anissa Khedher en raisons d’irrégularités ponctuelles, mais qu’aucune volonté de triche manifeste n’a été décelée. Surtout, le faible nombre de cas recensés ne saurait justifier à lui seul l’annulation du scrutin.

Il est notamment question de deux Français établis hors du territoire national ayant malgré tout pu voter à Vaulx-en-Velin et Bron (villes de la circonscription), ainsi que d’une différence d’une unité entre le nombre d’enveloppes et le nombre d’émargements dans un bureau de vote.

Mais le point le plus important et le plus sérieux du dossier porte sur les signatures « manifestement différentes », d’après Alexandre Vincendet, de 312 électeurs entre les deux tours. Quand l’on sait que l’élection s’est jouée à 251 voix près, l’enjeu est de taille.

Le Conseil juridique et du contentieux du ministère de l’Intérieur précise toutefois « l’absence d’observation ou d’anomalie majeure recensée par la commission de recensement des votes ».

 

« Attaques répétées à caractère raciste et misogyne » 

L’autre angle d’attaque de la députée LREM, c’est la « campagne indigne et largement liée à ses origines » ainsi que les « attaques répétées à caractère raciste et misogyne » reprochées à son adversaire. Un tract en particulier, « aux propos diffamatoires » selon la défense, est pointé du doigt puisqu’accusant Anissa Khedher de « communautarisme, d’absentéisme, d’incompétence, d’inexpérience, de soumission ».

La question des origines et de la religion revient sans cesse dans la procédure, pour le premier comme élément jouant supposément en défaveur de son adversaire, pour cette dernière comme des attaques racistes.

Un exemple concret ; le père et le frère de la candidate sont accusés par Alexandre Vincendet d’avoir « dissuadé et empêché sa propre équipe de faire campagne.  » Pire, ils auraient même « patrouillé en ville armés de couteaux de chasse », d’après le maire de Rillieux-la-Pape.

Un élu LR de Bron, Marc Dubief, affirme en effet avoir été menacé par un individu armé d’un couteau, sans que l’élément de preuve fourni par le plaignant ne soit a priori exploitable.

 

Vincendet et les « tontons macoutes » 

En revanche, l’emploi par Alexandre Vincendet des termes « tontons macoutes » afin de désigner le père et le frère de la candidate, jugés responsables du « contexte incroyable de peur » qu’il décrit, est jugé « inacceptable et raciste » par l’avocat d’Anissa Khedher.

On peut en effet questionner la pertinence du lien établi entre des milices paramilitaires haïtiennes et les agissements supposés des proches de la députée.

Cet épisode symbolise incarne à lui seul le fond du problème : le plaignant semble s’attacher à ramener systématiquement Anissa Khedher à ses origines par des phrases et parallèles douteux, quand la défense dépense presque autant d’énergie sur la forme des attaques plutôt que le fond des accusations.

 

Les comptes de campagne de Vincendet rejetés ? 

Retour au fond donc. Les 312 signatures d’émargement jugées différentes entre les deux tours par Alexandre Vincendet sont ramenés par la marcheuse à « tout au plus une dizaine de cas ».

Enfin quant à la publication de soutien à Anissa Khedher du maire de Bron Jean-Michel Longueval sur Facebook, l’intéressée affirme ne pas en avoir « fait la demande », ne pas avoir « participé au contenu du communiqué » et ne pas avoir « été sollicitée pour donner son accord ». Surtout, son impact sur les comptes de campagne de la candidate est jugé « extrêmement limité ».

Pour ne rien gâcher, la députée demande non seulement que les recours visant son élection soient rejetés, mais également que les comptes de campagne de son rival le soient également. L’affaire est loin d’être terminée.

 

Rodolphe Koller - 13/10/2017 18:39  sur saladeslyonnaise