Où trouve-t-on le renouveau démocratique promis par Emmanuel Macron?

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Mercredi 8 novembre 2017

Les promesses sont enthousiastes,  mais les faits sont tenus. Nous avons du mal à déterminer ce qui différencie En Marche des autres partis notamment en termes de définition des instances dirigeantes et comportement des élus.

Les plus tolérants diront qu’il faut que jeunesse se fasse, cependant LREM est encadré à près de 75% par du vieux mobilier, en grande partie issu de recyclage socialiste et à moindre quantité de républicains d’une droite divisée par des guerres claniques. Difficile donc d’accorder un trop gros crédit à ce magma d’intérêt dont la convergence nous échappe encore.  Cela a au moins eu le mérite de clarifier le fait pour ceux qui en doutaient encore que certains partis sont facilement miscibles entre eux et n’adoptent finalement qu’une posture électorale. L’entente a toujours été bonne entre Gérard Collomb et Michel Mercier un peu moins entre Gérard Collomb et Jean Jacques Queyranne pourtant à priori du même camp. Comme quoi !

Sur le plan régional, les derniers évènements n’ont fait que mettre en évidence ce que nous supposions il y a quelques mois. La prise en main par le couple Collomb du mouvement LREM. En effet, Caroline Collomb a été nommée en octobre dernier référente, ce qui n’était une surprise pour personne. Cette charmante dame s’étant apparemment bien débrouillée pour éliminer toute velléité de candidature hormis la sienne. Dorénavant sera comme d’habitude telle est donc la trajectoire finale du mouvement En Marche. le Lyonnais Éric Forquin. Dans une lettre adressée au vice-président du Conseil d’État Jean-Marc Sauvé, rappelle l’obligation de réserve qui s’impose aux magistrats des tribunaux administratifs puisque Caroline Collomb est conseillère au tribunal administratif de Paris, Caroline Collomb.  Peut-elle dans le même temps exercer les fonctions de responsable locale de La République en marche (LREM) ?

L’article 46 de la charte de déontologie de la juridiction administrative précise : "Même lorsqu’ils s’expriment sous leur seul nom sans faire état de leur qualité, la plus grande prudence s’impose aux membres de la juridiction administrative dans l’expression publique de toutes leurs opinions, qu’elles soient d’ordre politique, juridique, religieux ou associatif, en particulier lorsque leur notoriété nationale ou locale rend publique leur qualité de membre de la juridiction administrative. Ils doivent en outre s’abstenir de toute expression publique en faveur d’opinions ou d’activités incompatibles par elles-mêmes avec la nature ou la dignité des fonctions exercées. » La charte de déontologie précise encore que « certaines responsabilités de premier plan au sein d’un parti politique peuvent, du fait notamment de leur exposition médiatique et de la charge de travail qu’elles comportent, se révéler en pratique inconciliables avec l’exercice normal des fonctions au sein de l’institution".

Par ailleurs, le Collège de déontologie avait eu l’occasion à plusieurs reprises de préconiser aux magistrats candidats (à une élection) d’exercer leurs droits à congés ou de se mettre en disponibilité.

Le niveau national est tout autant prisonnier puisque c’est le chef qui a nommé son successeur à la tête du parti, bien avant que ce dernier ne présente officiellement sa candidature. La démocratie trouve ainsi ces limites, le peuple des marcheurs n’a qu’à bien se tenir.  D’ailleurs difficile de savoir combien d’adhérents actifs compte le parti, il n’y a pas de cotisation à acquitter et en deux clicks le compteur fait +1 avec de possibles doublons. À la louche, nous estimons environ 30 000 contributeurs vraiment engagés sur toute la France.

Et cette méthode se répercute à tous les niveaux. Comme la nature a horreur du vide, chacun essaie de le combler en se positionnant comme fer de lance. Il vaut mieux être au sommet de la pyramide pour jouer au capitaine de troupe plutôt que faire le grouillot de service. L’art de manier le cirage et la brosse à reluire est très tendance dans ce mouvement ou savoir jouer les fous du roi devient une stratégie. Et ainsi donc, l’effet pyramide se retrouve à chaque échelon du système En Marche avec à la base les comités locaux dirigés par un ou plusieurs co-animateurs qui sont un peu les capos de la Macronie. Ce sont eux qui seront chargés de mettre en mouvement le peuple des marcheurs pour les échéances électorales.  Ils porteront un regard envieux sur le niveau supérieur de la pyramide espérant pouvoir en grimper les marches.  Cela fait penser à ses sociétés de ventes à domiciles avec vendeurs, chefs vendeurs, directeurs vendeurs et président. Mais maintenant que la période d’euphorie est passée, cela va être beaucoup plus difficile de galvaniser les troupes. À Vaulx-en-Velin sans doute plus qu’ailleurs vu le taux l’abstention qui s’apparente à un manque d’intérêt pour la chose politique.  

Et nos députés, que deviennent-ils ? Échanges surprenant parfois sur les réseaux sociaux entre défenseurs de la noble cause et pourfendeurs d’un mécanisme qui apparait déjà grippé ? Prenons par exemple le cas de Blandine Brocard qui fit chuter Yves cochet le député/maire de Caluire. Sa disparition de la scène politique suite à son élection a fait couler beaucoup d’encre au point de troubler nombre de ses électeurs et mettre en verve ses détracteurs. Surnommée la députée fantôme de la 5ème circonscription du Rhône par les médias nationaux, Il est vrai que ses explications peuvent laisser pantois. Se faire passer pour novice vaut cependant dans tous les domaines et celui du choix de ses collaborateurs montre que notre élue n’a peut-être pas saisi le sens du renouveau déclamé par Macron lors de la campagne présidentielle. S’opposent toujours ainsi l’aspect légal et l’aspect moral.         

En effet, et c’est visible sur le site de l’Assemblée Nationale qui nous pouvons supposer se nourri de bonnes informations, Renaud George  maire de Saint-Germain-au-Mont-D’or  et vice-président du grand Lyon a été embauché par la députée qui est également conseillère municipale de cette même ville. Un autre élu de la ville, Olivier Perrot se retrouve également dans les collaborateurs. Question renouveau des pratiques nous pouvons nous interroger sur l’aspect moral de la démarche bien que « maire » n’entre pas dans la définition  des emplois familiaux interdits par la Macronie.

Renaud George est également gérant d’une société et également avec son ami Olivier Perrot animateur du Comité local En Marche Val-de-Saône Métropole de Lyon (il vaut mieux être toujours au sommet de la pyramide). Tout est légal bien sûr, mais surprenant quand même et nous sommes toujours autant émerveillés par la capacité de ses surhommes capables de travailler bien plus des 35 heures du commun des mortels. Quand même, un poste de maire et de vice-président de la métropole cela doit laisser peu de temps de libre non ?

Sur un plan plus local, peu de signes de vie des macronistes. Notre députée est rarement présente sur le terrain Vaudais apparemment accaparée par le travail de l’Assemblée Nationale. Après tout c’est là- bas que se trouve le terrain d’apprentissage. Cependant le fait de devoir voter ce que décide le chef des députés Richard Ferrand enlève une part du travail de réflexion. Chef qui fait à nouveau l’objet d’une plainte. Cette plainte déposée par l’association Anticor  relative à l’affaire du bien immobilier acquis par la compagne de Richard Ferrand et loué ensuite aux Mutuelles de Bretagne, dont il était alors le directeur général, vise à obtenir la désignation - quasi automatique - d’un magistrat pour enquêter. Elle porte sur des faits présumés de « prise illégale d’intérêts », et recel et complicité de ce délit. Il y a un mois, le parquet de Brest avait classé sans suite l’enquête en invoquant notamment la prescription de l’action publique et le fait que «  Les infractions d’abus de confiance et d’escroquerie ne sont pas constituées, faute d’un préjudice avéré ».

Il y a aux dernières nouvelles trois comités locaux sur Vaulx-en-Velin qui brillent par leur discrétion. C’est sans doute un sentiment qui prévaut dans une majorité de comités locaux à travers la France. Beaucoup se sont inscrits au moment de l’euphorie collective qui a suivi les grandes messes jupitériennes, mais en réalité il y a très peu de personnes qui participent. Il n’est pas certain et notamment à Vaulx-en-Velin que les structures s’étoffent de manière importante. Ce que souhaiterait pourtant Caroline Collomb, car il va falloir aller au charbon pour convaincre les électeurs. En attendant un des animateurs est cependant assidu à toutes les manifestations vaudaises. Nous sentons poindre en lui une volonté non dissimulée d’être présent lors des futures échéances électorales, mais en flirtant avec Hélène Geoffroy et le PS local au moins celui-ci semble déjà annoncer la direction qu’il souhaite prendre.