Ou il fût question de PLUH

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Vendredi 17 novembre 2017

Lors du conseil municipal du 9 novembre dernier, la délibération qui a été la plus débattue concerne l’adoption du nouveau PLUH. (Plan local d’urbanisme et d’habitat).

En gros quelles seront les possibilités et les règles édictées en matière d’urbanisme, secteur par secteur pour les 20 années qui viennent sur notre ville. A la question est-ce que Vaulx-en-Velin trouve dans ce document l’essence d’un développement harmonieux en adéquation avec des perspectives positives. Les avis ont été mesurés. Pour nos élus, certains points sont positifs, d’autres critiquables.

Comment ce PLUH a-t-il été élaboré et par qui.

Si nous avons bien compris la démarche, C’est à travers les conseils de quartier fraichement installés  donc des habitants,  que la ville a revu le PLU existant et donné ses préconisations à la métropole. Le service urbanisme apparemment en sous-effectif n’ayant pas fait de remarques particulières,  il peut être sous-entendu que le travail des conseils de quartier  que tout le monde souligne comme remarquable constitue la base du PLUH vaudais proposé par l’exécutif à la métropole. La métropole supervise l’ensemble des communes qui sont dans son périmètre (59 communes qui la compose (dont la Ville de Lyon, organisée en 9 arrondissements) et défini également la politique globale en termes d’habitat. C’est donc à elle qu’il revient d’élaborer la bouture définitive du PLUH de l’agglomération. Vaulx-en-Velin, est donc comme toutes les autres communes, englobée dans une vision de développement d’ensemble.

Pour cela, la métropole s’appuie sur les préconisations des villes mais également des siennes et de  celles de personnalités dites publiques associées (Conseil régional, SYTRAL (Syndicat Mixte des Transports pour le Rhône et l’Agglomération Lyonnaise), SEPAL (Syndicat d’Études et de Programmation de l’Agglomération Lyonnaise), CCI de Lyon (Chambre du Commerce et d'Industrie de Lyon), CMA du Rhône (Chambre de Métiers et de l'Artisanat du Rhône), Chambre d'Agriculture du Rhône), promoteurs immobiliers.

En fonction des avis, observations et demandes des uns et des autres,  le service urbanisme de la métropole élabore le PLUH ville par ville  qui est proposé au vote des élus métropolitain. Ce qui fut fait le 11 septembre 2017 avec un votre favorable sans remarques particulières ni prise de parole de nos élus métropolitain (Hélène Geoffroy, Muriel Lecerf, Stéphane Gomez, Bernard Genin ?).

La ville à fait connaitre aux conseils de quartier que 90% des demandes formulées sont retenus par la métropole pour la partie vaudaise du PLUH mais sans donner accès aux documents qui pourtant devraient être publics puisque validés par la délibération. Il s’est finalement avéré que quand même, les 90% n’étaient pas des 90%  et la municipalité a dû faire un « travail pédagogique » pour expliquer aux conseils de quartier déçus d’avoir découvert des modifications substantielles. L’adjoint à l’urbanisme n’ayant pas par méconnaissance du dossier apporter les explications nécessaires,  c’est Hélène Geoffroy qui a pris le relais pour expliquer qu’effectivement tout n’est pas parfait mais que s’est globalement satisfaisant et des réserves seront déposées sur tel ou tel point.

Cet échange avec les conseils de quartier était sans doute un préalable pour justifier le vote favorable de la délibération lors du conseil municipal du 9 novembre 2017. Pouvait-il en être autrement ? Difficile de voter pour à la métropole et contre au niveau local. Alors un certain nombre de réserves ont été formulées et consignées dans la délibération. Est-ce suffisant pour convaincre la métropole d’apporter quelques modifications, l’avenir le dira.

Seul le groupe APVV pourtant composante de la majorité municipale a voté contre. Des explications sur cette décision sont données sur le blog de l’APVV.

Est-ce un bon PLUH ou un mauvais PLUH qui a été approuvé. Nous pensons que quel que soit le document et les règles imposées,  rien n’empêche les bons ou les mauvais projets et que ce qui prime c’est l’orientation que souhaite donner la municipalité en termes d’urbanisation mais également de vivre ensemble.

Ce qu’elle est prête à accepter ou non. C’est donc sa volonté politique. La ville s’est développée par endroit de manière anarchique, au centre-ville par exemple le résultat des mandatures précédentes n’est pas à la hauteur des espérances pourtant la situation était prévisible. Il eut été possible de faire autrement.

Nous pouvons également faire le constat que la mixité sociale ne fonctionne pas. Aujourd’hui la cohabitation s’avère difficile lorsque des immeubles sociaux sont proches d’immeubles en copropriété. Les propriétaires vendent au bout de quelques années lassés par des comportements humains et les négligences et le laxisme des bailleurs sociaux et par conséquent de la municipalité. Le cœur du problème est dans le vivre ensemble. Dans certaines copropriétés les logements vendus sont récupérés par les bailleurs sociaux et l’habitat se dégrade lentement.

Allons-nous continuer à densifier pour répondre aux engagements de la métropole en autre en termes d’habitat social. Se baser sur 2026 pour atteindre le chiffre de 50% contre 59% aujourd’hui n’assure aucune garantie, pourtant en son temps Maurice Charrier avait estimé à 40% de logements sociaux le seuil acceptable pour une commune. Ce seuil sera-t-il atteint en 2050, 2075 ? Que ceux qui pensent déjà aux élections de 2020, donc au futur, s’attardent un peu sur le présent.

Nous vous encouragerons à jeter un regard attentif sur ce qui se passe au sud de la commune, autant sur la partie villeurbannaise que vaudaise. Le PUP Gimenez ne risque-t-il pas dans quelques années de se « transformer en quartier difficile » ? La densification faite autour du château d’eau nous pose également beaucoup d’interrogation en terme de cadre de vie, de vivre ensemble.

Le fait de limiter les hauteurs obligent les promoteurs à occuper un maximum d’espace sur les terrains donc à construire un maximum pour amortir les couts.  Il y a de vraies questions de société à travers l’urbanisme et il est très important de les prendre en considération.     

Le problème que peut poser le PLUH tel qu’il sera finalement adopté, après la prise en compte à la marge des remarques formulées suite à l’enquête publique, apparaitra sans doute au moment où il sera impossible de refuser un permis de construire à un promoteur ou à un institutionnel car son projet est conforme aux règles édictées. C’est pourquoi il se doit d’être le plus conforme à la vision politique des élus si ce n’est à celle des habitants puisqu’en finalité c’est pour eux et avec eux que se construit une ville.