Ce n'est pas la même famille

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Samedi 23 décembre 2017

La réflexion bat son plein chez les socialistes métropolitain.

Depuis la claque électorale reçue lors de la dernière présidentielle, le Parti socialiste du Rhône n’avait plus vraiment donné signe de vie. C’est désormais du passé.

Après le retour sur la scène médiatique en début de semaine de Najat Vallaud-Belkacem qui a annoncé vouloir continuer à “faire vivre la sociale-démocratie”, les socialistes lyonnais ont également décidé de prendre les choses en main pour reconstruire localement le parti.

Première étape de la refondation : se libérer de la tutelle macroniste qui pèse sur la fédération du Rhône avec un Gérard Collomb et ses fidèles lieutenants qui continuent de faire la pluie et le beau temps à Lyon.

Les militants PS vent debout

Selon nos informations, pour se reconstruire seuls et en opposition à la politique gouvernementale, les militants PS lyonnais ont en effet décidé de demander à leurs représentants qui siègent à la Métropole de Lyon de pousser les élus macronistes membres du groupe métropolitain “PS et Républicains” à faire leurs valises.

“C’est vrai qu’il y a actuellement des discussions dans ce sens. Les militants sont vent debout et nous demandent de prendre une décision rapidement sur le sujet. Savoir si nous quittons ou non ce groupe politique pour reprendre notre indépendance sera d’ailleurs à l’ordre du jour d’une réunion à la fédé en janvier”, confirme à Salade Lyonnaise, Marc Cachard, conseiller métropolitain PS de Rillieux.

Un scénario souhaité par ce dernier comme la plupart des élus PS lyonnais qui n’ont pas voulu céder aux sirènes macronistes après la présidentielle.

“Cette scission à la Métropole redonnerait du baume au coeur des militants. De toute façon, David Kimelfeld (le président macroniste de la Métropole, Ndrl) ne donne jamais la parole aux élus PS du groupe. Il préfère la donner aux élus LREM du groupe. Et puis franchement, vous trouvez normal que la présidente de ce groupe PS soit Anne Brugnera, une macroniste ?”, confie une autre cadre socialiste lyonnaise !!!! 

Kimelfeld affaibli ?

Mais même si les socialistes compteraient rester dans la majorité métropolitaine quoiqu’il arrive, ces derniers ont tout à gagner s’ils venaient à décider de prendre leur indépendance. Cette scission avec les macronistes pourrait en effet mettre David Kimelfeld, et indirectement Gérard Collomb, en difficulté .

“Kimelfeld sera obligé de compter sur eux pour avoir une majorité de vote des dossiers”,croit savoir un élu influent du Parti socialiste lyonnais, qui voit une douzaine d’élus sur les 32 que compte actuellement le groupe être prêts à franchir le pas.

Une situation qui ne semble en revanche pas inquiéter Anne Brugnera plus que ça.

“S’ils prennent cette décision, j’aimerais que nous puissions en discuter. Mais même si je reconnais que la question de la création d’un groupe LREM à la Métropole s’est posée après les élections, les 32 élus du groupe ont pris la décision de rester ensemble et d’appliquer le projet métropolitain de Gérard Collomb jusqu’en 2020”, assure la députée.

“Il en va de la survie du PS à Lyon”

Sauf qu’en six mois, les temps ont changé et la politique du gouvernement est de plus en plus critiquée par les élus PS.

“L’ultimatum pour clarifier la situation du PS local avec les macronistes est tel que les élus socialistes n’auront sans doute pas d’autre choix que de s’émanciper de Collomb et ses amis”, lâche un cadre socialiste de la fédération, qui assure qu’il “en va du survis du PS à Lyon”.

“Moi j’ai été élu en 2014 sur une liste socialiste. Et ça je ne l’ai pas oublié. Bien-sûr on resterait dans l’exécutif, car on a voté le plan de mandat, mais sur la politique nationale, nous ne sommes d’accord avec rien ou presque. Le gouvernement actuel n’est pas mon gouvernement, je suis désolé”, conclut Marc Cachard, dont le nom circule pour reprendre la fédé après le congrès national du parti les 7 et 8 avril prochains.

Antoine Comte (saladelyonnaise)