Le vivre ensemble

Share

 

Lundi 8 janvier 2018

Au cœur d’un certain nombre de sujets de notre vie quotidienne ainsi que sur le plan sociétal, le vivre ensemble n’a jamais été autant mis à l’épreuve. C’est d’autant plus probant dans une ville comme la nôtre qui concentre un certain nombre de caractéristiques.

Le « vivre-ensemble » est devenu ces dernières années la pierre angulaire de l'essentiel des discours politiques. François Hollande a à plusieurs reprises évoqué ces deux mots que l'on peut rattacher d'un trait d'union  et qui apparaissent de plus en plus comme le paravent de nos impuissances et de nos abandons.

Les exemples sont nombreux, des pompiers lyonnais qui manifestent contre les caillassages dont ils font l’objet lors de leurs interventions voire parfois des jets de cocktails Molotov, idem pour les femmes de policiers qui s’inquiètent pour leurs maris. Le personnel médical doit lui aussi faire face à la montée des incivilités et au manque de tolérance. Nous pouvons évoquer un cas où un malade hospitalisé au titre de la CMU se permet de recevoir huit personnes dans sa chambre alors qu’en principe trois sont autorisés, s’autorise à fumer et a réussi à faire virer le second occupant la chambre. Dans tous les domaines, le vivre ensemble est en régression y compris parfois au niveau du voisinage avec les travaux du dimanche après midi.       

Le bilan de mi-mandat que nous propose la municipalité repose autant sur un projet collectif que sa volonté à le porter. Dernière les 92 pages de papier premier choix,  nous ne recherchons pas uniquement des actions, mais également ce qui peut amener notre ville à faire société.  Peut-on s’entendre sur un projet collectif, autour de quelles valeurs ? La réponse à ces questions nous espérons la trouver  en feuilletant le document édité par la municipalité. Malheureusement nombre d’indicateurs semblent attester que l’individualisme, le communautarisme, le repli sur soi même mettent en péril ce vivre ensemble et que nous pouvons aujourd’hui plutôt utiliser le terme de « tenir ensemble »

Bien sûr, ce n’est pas un fait spécifiquement vaudais, mais n’oublions pas que notre mairesse fût secrétaire d’État à la ville de François Hollande il y a encore peu et quoi de plus naturel qu’une ville pour protéger la liberté et les droits individuels de chaque citoyen, mais aussi être capable de se penser et de se transformer collectivement.

Et le cadre de vie est le premier lien collectif qui devrait réunir les habitants, la ville appartient à toutes et à tous et est partagée par toutes et par tous. Sur ce plan, la municipalité en ne s’estimant pas globalement satisfaite du résultat obtenu au bout de trois ans de mandat avoue un échec et a le mérite de reconnaitre que les dispositions prises ne se sont pas avérées suffisantes.  Dès les premiers mois du mandat nous avions mis en évidence par de nombreux constats et de nombreuses photos le fait que la propreté de l’espace public laissait à désirer. Nous avons également le souvenir de Stéphane Bertin au cœur d’un article dans le journal local jouant l’agent municipal en train de nettoyer un massif.

Bien sur pour être tout à fait honnête et nous l’avons constaté un peu partout autour de nous, le comportement d’une partie grandissante de citoyens a franchi un palier ces deux dernières années et jamais les incivilités en matière de propreté n’ont été aussi fortes.

La municipalité, pour assurer une ville propre nous propose toute une batterie de mesures preuve qu’elle souhaite s’investir, mais sans un changement de comportement des habitants c’est le cercle vicieux du toujours plus d’efforts qui va s’instaurer avec un résultat qui sera toujours décevant aux yeux des personnes sensibles à la propreté. C’est comme si les prérogatives en matière environnementale et comportementale  ne trouvaient pas d’écho auprès d’une partie de la population et particulièrement de notre jeunesse. Nous appellerons la naissance de l’effet Mac Donald ou l’effet je jette ma merde par la fenêtre de la voiture où je la dépose par terre au lieu d’utiliser un objet très inutile pour certains qui se nomme poubelle.     

La question de fond est : que faire pour améliorer les règles de vie en société sans que la condition sine qua non soit la répression.

Nous avons également constaté que les dépôts sauvages sont  en augmentation un peu partout dans la ville et qu’il existe des lieux ou le phénomène est récurrent comme si la force de l’habitude et l’impunité ont pris le pas.

Le bilan de mi-mandat en termes de propreté s’avère donc être un échec et la municipalité le ressent comme tel.  Espérons que les mesures prises pour endiguer le phénomène porteront leurs fruits. Nous voulons penser positif.