La frontière entre comédie et tragédie est étroite

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Mardi 30 janvier 2018

Quand on verse un tonneau dans une pinte, cela déborde. La crise est profonde au Parti socialiste, la rose semble même de plus en plus fanée. Les législatives partielles de ce week-end viennent confirmer si cela ne se savait déjà qu’il lui sera difficile de se relever.  Sur le plan national, quatre candidats sont en lices pour prendre la tête d’un PS à la dérive après que forcée par les nouveaux statuts du parti, la députée des Deux-Sèvres et ex-ministre de l'Environnement de François Hollande fut mise hors jeu. Malgré sa tentative de s’imposer dans « la petite mafia socialiste » ne pourra pas «déverrouiller» le parti et le rendre «à tous les citoyens» de gauche. Il ne manquerait plus pour le PS que Stéphane Le Foll l’emporte pour en signer la fin définitive.  

Dans le Rhône, entre les macronistes et les derniers socialistes, la guerre est définitivement déclarée peut-on lire dans saladelyonnaise sous la plume d’Antoine Comte. Au centre des crispations : la mainmise de Gérard Collomb et de ses amis d’En Marche sur la fédération PS du département qui commence à agacer fortement les militants du parti.

Du coup, ces derniers réclament depuis plusieurs semaines que les élus socialistes siégeant à la Métropole montent leur propre groupe politique dans l’hémicycle pour prendre leur indépendance vis-à-vis des macronistes et notamment d’Anne Brugnera, députée LREM et présidente du groupe métropolitain “Socialistes et Républicains”. 

Leur chef de file : Marc Cachard, un élu PS de Rillieux qui dénonce “le fonctionnement anti-démocratique du groupe”. “Le fait que ce soit une élue LREM qui préside ce groupe me gène. Mais ce qui me dérange encore plus, c’est que le temps de parole ne soit pas le même pour tous les élus du groupe. Nous sommes souvent censurés”, tacle ce dernier, dont le nom circule parmi les nombreux candidats à la reprise de la fédé PS dans les prochains mois. Une prise de position défendue prudemment par plusieurs élus PS du groupe qui n’a pas du tout plus à Gérard Collomb.

Selon nos informations, le ministre de l’Intérieur, qui a convoqué tous les élus de la majorité municipale il y a deux semaines à l’Hôtel de Ville, a taclé directement l’initiative de Cachard.

“Ce n’est pas un élu de banlieue qui va faire la loi à Lyon. En plus si le PS a perdu en 2014 à Rillieux, c’est à cause de lui”, aurait lancé Collomb, en le traitant même de“Monsieur 6%” en référence au score de Benoît Hamon à la dernière présidentielle.

Une déclaration comme Collomb en a le secret qui aurait alors fait sortir de ses gonds Zorah Aït Maten, l’adjointe aux Affaires sociales et à la Solidarité de la ville de Lyon. Cette dernière aurait même demandé la tête d’Anne Brugnera pour la présidence du groupe.

“Ce que veulent les socialistes n’a rien de choquant. À la Région, les élus macronistes du groupe PS ont constitué leur propre groupe. Il faut pouvoir avoir la même réciprocité à la Métropole au nom de la clarté politique”, confie un cadre influent du PS lyonnais, qui a assisté à la scène.

Reste à savoir si Cachard et ses maigres soutiens auront assez de poids pour franchir le Rubicon et affronter enfin le baron Collomb.

“Ce qui est sûr, c’est qu’il faut qu’on ait des élus qui soient capables d’affronter directement les Collombistes. C’est la seule solution pour faire encore exister le PS à Lyon”, assure un élu PS, qui pense malgré tout que “rien ne bougera avant le congrès national du parti” prévu début avril ».

Nos élus socialistes vaudais  auront-ils la volonté ou intérêt à affronter les Collombistes avec le risque d’être trop isolé lors des prochaines élections municipales. Est-ce dans cette perspective qu’Hélène Geoffroy se fait discrète en évitant de s’afficher trop promptement avec ses camarades.