Comment améliorer le recyclage ?

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Jeudi 8 février 2018

Alors que le tri sélectif est un enjeu majeur dans le combat pour la préservation de l’environnement, un Français sur deux seulement trie effectivement ses déchets, peut être encore moins d'un habitant sur deux  à Vaulx-en-Velin. 

Du côté du verre, la mise en place de conteneurs  a réussi  à sensibilisation et aujourd’hui  45% du verre est issu du recyclage. Pour le plastique, les progrès à faire sont encore immenses. 20% seulement du plastique consommé en France est issu du recyclage. Dans les grandes villes, comme Paris et Marseille, seule une bouteille en plastique sur dix est collectée, le reste est soit incinéré, soit jeté dans la nature.

Par exemple, 7 bidons de lessive suffisent à pouvoir fabriquer un siège auto pour bébé. Le plastique est une matière qui met plusieurs siècles à se dégrader dans la nature et son incinération est extrêmement polluante. Le recyclage du plastique est d’autant plus difficile que les matériaux sont souvent composés de différents plastiques et ajouts. 

Parmi les matériaux non mélangés qui se recyclent à l’infini, on trouve le Polytéréphtalate d'éthylène (PET), composant des bouteilles d’eau. Les bouteilles recyclées sont transformées matière première pour produire à nouveau des bouteilles en plastiques, des cartes bancaires et même du tissu polaire. Encore faut-il qu’elles soient triées du reste des déchets dans des corbeilles séparées et qu’elles intègrent la filière de recyclage adéquate.

1 Tonne de PET recyclée c’est :

$1·         2 tonnes de CO2 non rejetées (ce qui correspond à 3 jours de route en voiture sans s’arrêter 

$1·         610 kg de pétrole brut épargnés (ce qui correspond à la consommation moyenne annuelle d’un habitant)

$1·         10 960 kWh non utilisés (soit la consommation électrique annuelle d’une maison de 200

Nous consommons de plus en plus d’eau en bouteille malgré  toute la communication faite autour de l’eau du robinet. En France, la consommation d’eau embouteillée est de 125 litres par habitant, soit une consommation de 8,3 milliards de litres pour l’ensemble de la population française en 2016. Aujourd’hui  les Français dépensent plus d'argent pour acheter de l'eau en bouteille que pour des sodas.

Et des bouteilles nous en trouvons un peu partout dans la nature ou au bord des routes comme si au lieu de prendre conscience de l’enjeu environnemental une partie de la population n’en avait rien à foutre. 

Dans certaines entreprises des corbeilles collectives et des machines de tri pour les bouteilles en plastique sont mises à disposition des salariés à des endroits stratégiques, tels que les halls d’entrée, les cafétérias ou les salles de pause.

Dans la région lyonnaise et particulièrement à Vaulx-en-Velin, YOYO ( https://www.yoyofrance.com) fédère une communauté de trieur avec pour faciliter la démarche et pour créer une certaine émulation le mot d’ordre suivant : Je trie, je gagne des récompenses. Pour chaque sac collecté, le trieur agit pour la communauté (propreté de son quartier, liens de proximité) et bénéficie de récompenses individuelles près de chez moi ! Allez sur le site de YOYO et choisissez un coach parmi la liste des coachs ou devenez vous-même coach !

Il est question de relancer comme cela se fait dans d’autres pays la mise en place de consigne pour les bouteilles en plastique, les canettes et les piles. La consigne, ce n’est pas inédit en France. Elle était même généralisée sur les bouteilles en verre dans les années 1960, 1970 et 1980.  C’était genre 20 centimes [de franc] le retour.

Chez nos voisins européens, par exemple en  Allemagne, où  la plupart des bouteilles sont consignées, le système est simple et rodé. Il suffit de rapporter les bouteilles consignées là où on les a achetées, ou dans un supermarché, qui sont tous équipés d’une machine qui traite automatiquement les bouteilles vides. On introduit les bouteilles dans la machine, une à une. La bouteille est scannée et triée automatiquement. Si une bouteille n’est pas consignée, elle est simplement rejetée par la machine. On la met alors dans l’une des poubelles qui se trouve à côté de la machine pour qu’elle soit recyclée. Lorsqu’on a scanné toutes les bouteilles, la machine imprime un bon qu’il suffit de porter à la caisse du supermarché. On peut soit obtenir l’argent en espèce, ou bien déduire le montant du bon de ses achats. Le principe de la carotte !!!!

Mais rendre les bouteilles à la consigne peut être compliqué. Cela signifie les entreposer chez soi dans un premier temps. Beaucoup  préféreront surement payer quelques centimes de plus et ne pas supporter tous les inconvénients liés au fait de ramener leurs bouteilles vides.  Et puis l’avenir se dirige vers des courses en ligne avec de nouveaux fournisseurs sur les rangs.

Le recyclage reste encore pour l’instant l’apanage de personnes convaincues par la nécessité de la préservation de l’environnement ou alors, il faut que l’économie procurée par le tri soit substantielle avec un paiement de la taxe d’ordures ménagères au poids.