Un Bonnel sinon rien.

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Lundi 19 février 2018

Trop c'est trop ! Le président de l'Assemblée nationale hausse le ton sur les députés qui sèchent régulièrement les séances de l'hémicycle. François de Rugy a ainsi assuré vouloir frapper au porte-monnaie les députés peu scrupuleux sur leurs horaires de travail. Dans le viseur du patron du Palais Bourbon, les "multirécidivistes de l'absentéisme". Selon lui, certains députés sont bien loin de l'attitude "irréprochable" que leur fonction suppose. Dans le Rhône, Bruno Bonnell (LREM) et Danièle Cazarian (LREM) font partie de ceux qui pratiquent l’assemblée buissonnière, Anissa khedher n’est pas loin derrière. À son cœur défendant, la députée de notre circonscription est souvent en vadrouille, mais le rôle d’un député n’est-il pas en finalité de débattre et voter les lois de la République française.

Mais si Annissa khedher la joue fantôme au niveau des médias (il faut dire que ses interventions ont laissé quelques traces) son collègue Bruno Bonnel lui répond présent des qu’une occasion se présente. À croire qu’il préfère s’épancher devant les journalistes plutôt que mettre les pieds à l’Assemblée nationale.  D’ailleurs il est favorable au travail à distance afin de pouvoir voter sans être présent dans l’hémicycle.  Il est sans doute plus agréable de s’exprimer aux grandes gueules sur la station RMC.  

Et devant les journalistes, Bruno Bonnel a un avis sur tout et comme dirait Coluche surtout des avis.

Sa dernière intervention en date concerne le dérapage incontrôlé ou contrôlé de Laurent Wauquiez.  Bien sûr il agit en tant président du conseil d’administration de l’École de management et de commerce, mais cela joue le mélange des genres, car c’est tant que député En Marche que ses commentaires seront perçus.

Mais c’est sur la problématique du pouvoir d’achat que le médiatique entrepreneur devenu par la grâce jupitérienne député En Marche a fait valoir toute sa capacité de réflexion «  il faut arrêter de se plaindre, la qualité de vie des Français est telle qu’il aurait tort de se focaliser sur le terme «  pouvoir d’achat ». Vivre en France est un bonheur qui se suffit à lui-même ».

Il est vrai que la France est un beau pays non dépourvu de certains avantages cependant tout n’est peut être pas aussi rose que la bulle stratosphérique dans laquelle est enfermé notre député.  

Il suffit de se rendre dans une des épiceries solidaires vaudaises pour constater que leur fréquentation n’est pas à la baisse et elles sont nombreuses dans notre ville. Namania, Avec, Oasis D’amour, Victoire….. Sans compter sur les autres structures d’entraide comme les restaurants du cœur, le secours populaire ….Et notre ville n’est pas la seule dans ce cas.

Pour Emmanuel Macron, ce fut l’alpha et l’oméga de son programme électoral, redonné du pouvoir d’achat aux Français. Mais à commencer par les plus riches d’entre eux, les autres attendront encore un peu pour voir se concrétiser la promesse du chef de l’état et en attendant ont commencé par cracher au bassinet. Comme dirait le proverbe, il faut savoir donner pour recevoir, cependant, ce sont toujours les mêmes qui donnent. 

"L'enjeu du pouvoir d'achat gagne en intensité et provoque un effet déceptif de la politique menée, avec un décalage entre le discours d’Emmanuel Macron et la promesse d'augmenter le pouvoir d'achat, d'une part, et les effets réels de sa politique, d'autres part."C'est bien la question du pouvoir d'achat qui cristallise les déceptions, alors qu'au 1er janvier, les prix du gaz, diesel, du fioul domestique ou des timbres ont augmenté, celui des autoroutes également. En mars, c'est le prix du paquet de cigarettes qui augmentera d'un euro et bientôt l’électricité suivra.

Sans compter les hausses des assurances et des mutuelles qui s’annoncent notamment pour ces dernières suite à la réforme du secteur de la santé. Selon le baromètre annuel de l'Observatoire Cetelem, publié le 6 février dernier, 48% des consommateurs jugent même que leur pouvoir d’achat a baissé en 2017. Pour les retraités c’est la hausse de CSG qui passe mal et les salariés peinent à voir sur les feuilles de paie une évolution de leur salaire.   

Les Français ont donc le sentiment qu’Emmanuel Macron est le président des riches, car suite à la réforme de l’ISF, ce sont les premiers bénéficiaires à croire que pour eux, vivre en France n’est pas un bonheur qui se suffit à lui-même. 

Et puis ce n'est pas si simple. Il faut se souvenir du "cauchemart" vécu par Gérard Collomb lorsque ses indemnités ont été réduites à 4000 euros, sanctionné pour son absentéisme au sénat ; Et de la députée En Marche  qui  mange pas mal de pâtes, et a ressorti des vêtements de la cave, car avec 5000 euros par mois c'est difficile.