La santé, un sujet préoccupant

Share

 

Jeudi 11 juillet 2019

En 2018, plus de 600 médicaments se sont trouvés en rupture de stock contre 44 en 2008. Les industriels produisent de plus en plus en flux tendu sans ce préoccupé des stocks, sauf quand les médicaments sont chers et rentables.

À Vaulx-en-Velin, la difficulté est d’une autre nature. C’est le manque de praticiens qui est à mettre en avant. Combien de vaudais vont consulter en périphérie, Décines, Bron, Villeurbanne.

Sur certains secteurs c’est la mise en place des zones franches qui ont conduit des praticiens à de l’optimisation fiscale. C’est dans ce cadre que le laboratoire du village s’est retrouvé en centre-ville.

Pour réduire les inégalités en termes de soins, l’exécutif municipal a pondu un super document sur apparemment du papier non recyclé. Après le contrat local de sécurité, voilà le contrat local de Santé.

Créés par la loi HPST du 21 juillet 2009, les contrats locaux de santé (CLS) participent à la réduction des inégalités territoriales et sociales de santé. Ils permettent de mieux coordonner les actions sur les territoires vulnérables, volontaires pour un engagement contractuel. Ils portent sur la promotion de la santé, la prévention, les politiques de soins, l’accompagnement médico-social, les déterminants de la santé.

Les élus locaux peuvent être à l’initiative d’un CLS, tout comme l’agence régionale de santé (ARS).

Le premier intérêt du document produit par la municipalité est de faire un rappel sur les caractéristiques de la population vaudaise. Précarité, chômage, diplôme, taux de scolarisation … autant d’éléments qui démontrent que notre ville reste la plus pauvre de la région et que la situation ne s’améliore pas.  Il ce cependant regrettable que les chiffres fournis par L’INSEE date de 2015.

Le document dans son introduction fait état d’inégalités fortes en matière d’accès aux soins, d’une démographie médicale pas toujours favorable au recours aux soins et à la prévention, un seuil bien en dessous de la moyenne de l’agglomération.

Rien que pour les indicateurs, ce document mérite d’être lu.

Pour le reste, le contrat local de santé décline un certain nombre de fiches d’action avec l’ambition d’attirer de nouveaux professionnels de santé et d’améliorer le cadre de vie.  En entreprise, nous avons également l’habitude de traiter un problème à travers des fiches actions, mais cette technique ne vaut que s’il y a une implication effective des différents acteurs.

La Ville de Vaulx-en-Velin est membre du Réseau français des Villes-Santé de l’OMS depuis 2007, cela ne date donc pas d’hier que les problèmes de santé sont sur la table. Mais ce sur mandat, le constat fait par ce contrat local de santé démontre que beaucoup de blabla a été dit, sur le terrain les difficultés restent au même niveau, voir se s'accentuent dans certains domaines avec en corollaire que 52 % des médecins généralistes sont presque en fin de carrière.

Par exemple, en 2016 était mis en avant dans le cadre de l’hygiène et de la salubrité publique la promotion d’une ville propre enjeu majeur et des actions relatives aux décharges sauvages. Dans le document nous apprenons qu’en 2018 le nombre de signalements pour dépôts sauvages de déchets était de 88 et ne cesse d’augmenter.

Le problème c’est que toutes les villes signent un contrat local de santé et que les acteurs déterminants qui s’engagent sont les mêmes. Métropole, Assurance maladie, ARS, l’État, l’éducation nationale. Qui aura la priorité, sans doute les villes plus à même de se mobiliser. Cela reste donc  un bon levier de communication.

Fort heureusement, depuis 2018  une offre de santé est proposée par l’association Santé commune qui est venue s’installer sur notre ville. Une nouvelle offre qui est arrivée comme un cheveu sur la soupe, une occasion que la ville a su saisir.

En termes de bilan de mandat, il n’y a donc pas de quoi se féliciter. Mieux vaut la jouer modeste. 

Thomas Petragallo