Un discours friandise, mais l'excès de sucre c'est mauvais

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Mardi 22 mai 2018

La fin de soirée de ce lundi a été quelque peu tumultueuse autour du commissariat. Les premiers mortiers de l’été on fait leur apparition et pas moins de trois cars de CRS ont été mobilisés tard dans la nuit.  À cela s’ajoutent les rodéos à moto. Tout ce qu’il faut pour exaspérer encore plus les habitants déjà bien éprouver par les incivilités récurrentes.

Emmanuel Macron  a aujourd’hui  dans la présentation de son projet pour les banlieues reconnu la spécificité des banlieues, entre « sources d’extrême inquiétude » et « optimisme profond ». « Il y a de la grande violence, il y a du banditisme, il y a du trafic, il y a de la profonde insécurité, donc ne nous voilons pas la face en disant "c’est formidable et tout va bien "», a-t-il fait valoir.

« Oui nos quartiers ont du talent, mais oui dans nos quartiers il y a aussi de la violence, il y a des choses qui ne vont pas, et c’est explosif », a-t-il poursuivi, évoquant « des raisons inadmissibles » de cette tension « qu’on a laissée s’enkyster », et aussi « une forme d’éloignement avec la République ».

« Je ne vais pas annoncer un plan ville, un plan banlieues », a déclaré le chef de l’État dans la salle des fêtes de l’Élysée. Cette méthode de plans dédiés est « aussi âgée que moi », née dans les années 1970, a-t-il précisé. Elle « a apporté des choses », mais « on est au bout » de ce que cela a pu produire, et « aujourd’hui poursuivre dans cette logique est poursuivre dans l’assignation à résidence, la politique spécialisée » et « je n’y crois pas », a-t-il martelé

Et d’annoncer un « changement de méthode » vis-à-vis des banlieues.

Alors, voilà encore une promesse. Il y a encore peu, en avril 2016 à Vaulx-en-Velin, le gouvernement de François Hollande qui comptait dans ses rangs comme secrétaire d’État à la ville Hélène Geoffroy et un ministre nommé Macron nous parlait d’"apartheid territorial, social, ethnique" des quartiers. Sans sourciller, sans remettre en cause une seconde sa responsabilité et celles des différents gouvernements dans la précarisation des quartiers populaires.

Le président Macron, en affichant une posture volontariste à l’intention des médias a abordé différents sujets, Trafic de drogue, radicalisation, emploi.

Il a déploré une augmentation des discours racistes et antisémites, qui sont « en train d’empirer » dans les quartiers. Le chef de l’État a appelé à la « lutte » contre ce phénomène, « Il faut regarder les choses en face : c’est en train d’empirer », a assuré le chef de l’État, assurant que les pouvoirs publics allaient « faire appliquer la loi sur les discours racistes », tout en appelant à éviter la « stigmatisation ». Nous aurions bien aimé qu’il soit plus clair sur ce point.

Pour présenter son projet, l’Élysée avait mis les formes, mais la très attendue allocution d’Emmanuel Macron sur les banlieues a laissé sur leur faim une partie des habitants, associations, chefs d’entreprise et élus locaux invités ce mardi. Près de 600 personnes étaient conviées, qui ont eu droit à une succession de témoignages convenus de femmes, une institutrice, des responsables d’associations, une jeune commissaire de police, des représentants des élus ou du monde de l’entreprise et du sport… avant le président de la République ne prenne la parole.

Et parmi les invités, non pas Hélène Geoffroy en grande spécialiste des Banlieues (ce qui reste encore à prouver), mais le président de la métropole et maire du 4e arrondissement de Lyon, un secteur qu’il est difficile de considérer comme une banlieue.  La raison de la présence de David Kimelfeld ? Il fait partie des présidents de métropoles de toute la France qui ont récemment signé le Pacte de Dijon présenté le 6 avril dernier pour une nouvelle politique de cohésion urbaine et sociale.

Toutes les conditions sont remplies pour cela finisse en eau de boudin….