Hélène Geoffroy et la brasse coulée

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Jeudi 31 mai 2018

La mairesse de Vaulx-en-Velin a réuni hier soir en « urgence » le conseil municipal pour annoncer des décisions fortes. C’était l’assurance donnée par une personne proche du dossier à la presse la veille pour préparer le terrain. En principe la ville est avare en communication, mais cette fois elle semble disposée à s’exprimer.

Mais les décisions prises sont-elles de nature à le déminer le terrain ? Une chose est curieuse, quelques jours auparavant la situation n’était gère alarmante, le conseiller en communication qui s’était promené dans la ville (tard le soir) n’avait rien vu d’inhabituel ? Comme quoi c’est comme les champignons parfois il est possible de passer à côté sans les voir.

Pourtant l’exaspération des habitants lors des diverses rencontres avec les élus de la ville et d’Hélène Geoffroy aurait dû être un signal d’alarme. Les conseils de quartiers ont souvent exprimé ce à quoi les habitants étaient confrontés. Mediavaulx à plusieurs reprises a également tiré le signal d'alarme. Mais cette expression de mal vivre est restée lettre morte.

D’ailleurs, quelques semaines après sa prise de fonction un magasin avait été pillé rue Émile Zola. Nous ne comptons plus les fois où des cars de CRS sont demandés en renfort et que des hélicoptères tournent autour de nos têtes.

Alors comme à chaque fois que des renforts sont requis, la présence policière est accentuée sur la ville avec des contrôles fréquents. Mais, cela n’est que de l’éphémère, dès la tension retombée le non droit reprend possession de la ville.

Bien sûr, cette fois il va falloir montrer un signal supplémentaire de la part de la municipalité pour se rendre crédible. Que va-t-elle faire ? Mettre un policier devant chaque école pour rassurer les parents d’élèves. Ce que nous avons pu entrapercevoir sur les réseaux sociaux c’est qu’Hélène Geoffroy aurait brusquement pris conscience de la nécessité d’armer la police municipale. Et non pas seulement elle, tout le conseil municipal, même les plus récalcitrants viennent d’avoir une révélation. Qu’en penser ? Que ce serait peut être suffisant pour éviter que les agents recrutés et formés ne démissionnent pas pour se vendre dans une ville avec une meilleure réputation? Il est compréhensible de penser que si des armes circulent dans les quartiers sensibles, nos agents ont envie de se sentir rassurés et armés. Est-ce cependant suffisant ?

Comment allons-nous faire pour traiter les multirécidivistes qui n’en ont rien à foutre des interpellations et font un doigt d’honneur aux policiers et aux caméras? Peut être qu’Hélène Geoffroy va demander conseil à son collègue de Rillieux-la-Pape et comme Alexandre Vincendet délibérer pour couper les aides municipales aux parents des mineurs de plus de 13 ans multirécidivistes. En tout cas, cette décision d’armer les policiers municipaux va alimenter le moulin de Stéphane Bertin pour l’APVV qui avait réclamé cette mesure il y a de nombreux mois.

Dans les médias, on peut lire une déclaration de la France Insoumise qui dénonce le manque de réactivité de la ville."Les Vaudais expriment leur préoccupation, de l'inquiétude, voire de la peur. Nous devons tous, au-delà de nos convictions personnelles, être déterminés à combattre ces actes. Il en va de la sécurité de chacun et de l'image de notre ville" explique le parti dans un communiqué.

Il dénonce également le manque de réactivité d'Hélène Geoffroy, la maire de la Ville : "C'est à la première magistrate de Vaulx-en-Velin d'être à l'offensive, c'est à Hélène Geoffroy de se battre pour que l'Etat prenne ses responsabilités. Qu'il garantisse aux Vaudais leur droit fondamental à vivre en sécurité. Mais il faut reconnaître que ce désengagement était déjà de mise quand la maire était secrétaire d'État chargée de la Ville dans le gouvernement de Valls".

Sophie Charrier qui se présentera surement pour la France insoumise lors des prochaines municipales oublie qui a semé les graines. Si les contrôleurs TCL ne s’aventurent pas à Vaulx-en-Velin cela ne date pas l’arrivée d’Hélène Geoffroy à la tête de la ville. Il nous parait malvenu d’apparaitre en donneur de leçons.

Il ne faudra malheureusement pas compter sur le premier flic de France. Le doyen du gouvernement, et ses multiples mandats au compteur (sénateur, maire, député, président de métropole) n’a jamais porté dans son cœur Hélène Geoffroy et sa police de proximité, si un jour nous en voyons la couleur va mettre des années à reconquérir le terrain.

La situation que nous vivons aujourd’hui n’est que la conséquence de décisions politiques prises par nos gouvernements successifs