Les promesses n’engagent que ceux qui les croient

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Vendredi 1er juin 2018

En fin d’après-midi, le centre-ville donnait l’impression d’être sous couvre-feu. L’atmosphère était pesante et la tension palpable au sein des forces de l’ordre, présente en nombre et lourdement armée. Tout ceci laisse une impression surréaliste. La nuit de jeudi à vendredi a vu son lot de violences gratuites. D’un immeuble de la rue Paul, nous pouvions entendre le combat que se livraient des casseurs avec les forces de l’ordre. Entendre le bruit du mobilier urbain se briser sous les impacts des projectiles. Le lendemain dans la presse nous avons pu lire que 70 à 80 individus ont à nouveau pris en otage l’image de la ville à travers leurs exactions allant jusqu'à s’en prendre à la devanture du local de la police municipale inauguré il y a quelques mois à grand renfort de communication par notre ex-secrétaire d’État à la ville. Place Guy-Môquet, au cœur du Mas du Taureau, un magasin d'optique a été incendié. Des palettes et des détritus ont également été brûlés.

Personne ne peut se réjouir de cette situation. Elle est dramatique à plusieurs niveaux. Pour l’image de la ville et de sa population, car les premiers impactés par cette démonstration d’absurdité ce sont ses habitants, tous ces habitants et pas seulement ceux qui habitent au cœur des quartiers concernés en premier chef. Elle est dramatique pour les finances de la ville, car il faut remplacer ce qui est dégradé, investir dans des éléments de sécurité. Les finances de la ville, mais aussi celles des vaudais qui paient les impôts les plus élevés de la région Rhône-Alpes. Elle est dramatique, car ces actes de violences gratuites se répètent année par année, plusieurs fois dans l’année et vont crescendos s’en prenant aux pompiers, aux médecins et aux forces de l’ordre. Elle est dramatique, car elle souligne l’impuissance de la municipalité et de manière plus générale des pouvoirs publics.

Les habitants râlent, mais personne ne les écoute. Il faut attendre les extrêmes pour que daignent se manifester les élus. Arrive alors le moment des discours, le moment des promesses. Ce n’est pas la première fois qu’Hélène Geoffroy avance des solutions, mais la réalité c’est que dans les faits rien ne change. Cela fait plusieurs années que l’on nous parle de la vidéo surveillance, la panacée sensée résoudre tous les problèmes. « Les 80 caméras de vidéo protection nouvelle génération devraient toutes être opérationnelles à la rentrée », mais de quelle année ?

Notre édile avance des arguments qui n’en sont pas. D’après elle la transformation urbaine entraine une reprise du territoire. Cela fait maintenant 20 ans que la ville de Vaulx-en-Velin est en transformation urbaine et pourtant la violence est toujours présente, voire elle s’est déplacée au fil des démolitions. D’ailleurs le centre-ville qui est pourtant de construction récente est bien l’exemple que son argumentation ne tient pas. Les bobards deviennent insupportables. 

Il est peut-être temps d’arrêter la théorie et passer à la pratique et la pratique c’est de ne rien laisser passer. Chaque acte délictueux doit être immédiatement sanctionné. Les rappels à la loi ne sont pas suffisants.

Dans « Lyon Capitale » Didier Maciocia, le patron de la Société régionale d'HLM de Lyon, ne mâche pas ses mots : « il faut arrêter de se voiler la face : évidemment que les loyers sont en grande partie payés par le cannabis. » Certains pousseront des cris d'orfraie. C'est pourtant la réalité de certains territoires parmi les plus pauvres de la métropole (les quartiers prioritaires), où le taux de chômage peut toucher jusqu'à la moitié des jeunes dans certains secteurs (1). Du cash qui paie les loyers, mais aussi les courses au supermarché, les factures d'électricité... « Chaque année, poursuit-il, on est tenu d'établir une enquête de revenus pour le calcul du revenu de solidarité. Donc les revenus de nos locataires, on les connaît. On sait donc que quand quelqu'un n'a pas de revenus, est en décalage avec l'aide sociale et qu'il nous paie très facilement en cash, sans retard, voire parfois plusieurs mois d'avance, on a de fortes suspicions qu'il s'agisse d'argent illégal ». 

Si l’on souhaite lutter contre l’économie parallèle, l’état en a donc la possibilité. À cela s’ajoute la limitation des transactions en argent liquide. Et pourquoi ne pas supprimer la monnaie fiduciaire. Plus de billets, plus de pièces ainsi tout mouvement peut être tracé.