Problèmes de digestion

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Mercredi 23 mai 2018

Eh oui, la politique c’est souvent de la communication, juste ce qu’il faut pour appâter l’électeur. Ce qui est surprenant que des élus se fassent prendre à leur propre jeu.  En paroles, Macron et sa clique se positionnent à la pointe du combat et on fixe des objectifs très ambitieux. Mais on s’empresse de les repousser à la Saint-Glinglin pour se contenter de quelques mesurettes.

Quand des élus expriment leur colère ou avouent leur incompréhension au lendemain du discours du chef de l’État sur sa politique de la ville il y a de quoi être surpris. « Je n’ai pas encore digéré, je suis sidéré », a renchéri François Pupponi , député PS du Val d’Oise et ancien maire de Sarcelles. Un poids lourd de la politique socialiste.

« J’ai quitté la salle […] quand il a prononcé pour la 3e fois le mot "clientélisme" », a expliqué Sylvine Thomassin. « Je me suis sentie insultée », a-t-elle justifié. Selon elle, même s’ils le voulaient, les maires de banlieue ne pourraient pas faire de clientélisme : « On n’a ni logement ni emploi à distribuer ».

La phrase sur « les deux mâles blancs » ne passe pas. Un peu après, sur Public Sénat, c’est le socialiste Stéphane Troussel qui s’en est pris au discours du chef de l’État. Le président du département de Seine-Saint-Denis estime que ce dernier « n’a pas été à la hauteur ». Dans l’édition 93 du Parisien, il estimait déjà que « le président avait posé un lapin aux banlieues ». Pour lui, le rapport de l’ancien ministre de la Ville a été purement et simplement enterré.

Quelques minutes plus tard, sur France Inter, le maire PS de Sarcelles (Val d’Oise) François Pupponi voyait aussi rouge avec cette phrase. « Je suis blanc, je suis habitant de Sarcelles et j’ai été maire pendant 20 ans, mais j’ai peut-être le droit de parler ». Selon lui, le président a fait « une faute historique » « Il a nié la légitimité démocratique dans ces quartiers, on parle tous les jours aux habitants, on vit avec eux, croire qu’il n’y a que du clientélisme et que des élus qui ne connaissent pas la situation et ont méprisé les populations est une erreur d’analyse », selon François Pupponi.

Avec leur expérience, tout ce beau monde socialiste n’aurait pas du être surpris.

Il est vrai qu’au fur à mesure que les mois passent, nul doute que Macron n’est ni de gauche, ni de gauche et comme plus de la moitié de la macronie est socialiste cela nous laisse plus que pensifs sur la capacité de ces élus à tourner leur veste.

Concernant le clientélisme, il est utile de faire une piqure de rappel à François Pupponi au sujet de propos qu’il a tenu lors de l’émission de France 5 « C’est dans l’air » du 14 avril 2016.

 « Les rêves, les vœux pieux,  l’idéal que certains veulent pour les autres. La mixité, ou tout le monde vie ensemble personne n’en veut pour soi, on en veut pour les autres. Il faut la faire, mais quand je dis aux gens venez habiter à Sarcelle, elles partent en courant ces classes moyennes blanches. Il peut y avoir de la mixité sociale sans qu’il y ait des différences d’origine.  On les a communautarisés.

Cela fait 50 ans que cela dure, on a tendance à l’oublier. Manuel Valls met des mots forts, apartheid, ghetto qui sont des mots que l’on aurait pu découvrir un peu plus tôt.  Depuis 25 ans, on s’est un peu « arrangé » avec les ghettos.  Après 1990, 2005, après chaque mouvement on a mis de l’argent pour repeindre, mais pendant ce quart de siècle, sur le terrain globalement la question c’est d’être élu une seconde fois. J’ai vu des maires pactiser avec les forces en présence. En gros c’est un rapport de force.

J’ai vu énormément d’élus locaux essayer de se faire des Alliés, des amis. Pendant 10 15 ans, on s’est allié avec les grosses têtes, les fortes têtes sans trop éventuellement regarder qu’elles avaient un casier judiciaire derrière. Ceux qui entrainaient à attirer les quartiers derrière eux étaient bien souvent les caïds. On a fait avec ses personnes puisqu’elles arrivaient à calmer un peu le jeu. Et quand on est maire, on veut la paix, on achète la paix sociale.

On a commencé par les caïds et ensuite on n’a pas vu venir les salafistes  ni la montée de l’islam.

On s’est encore allié pour des questions électoralistes. Il faut se faire réélire,  passer un pacte avec la mosquée du coin cela peut rapporter un bon réservoir de voix. Petit à petit, on est passé de ces caïds aux représentants de l’islam, parfois on s’est allié avec les deux pour essayer de garantir la paix.

Passer des deals et avec ces deals on arrive au salafisme. S’il n’y avait pas eu les actes terroristes, les propos de Manuels Valls ne seraient pas ceux d’aujourd’hui.    

Tout d’un coup, l’état réagit, car on voit ce que cache ce mouvement salafiste. 1% de la population musulmane.

Pourquoi les classes moyennes blanches refusent-elles de venir dans certains quartiers. Tout simplement parce qu’elles ne se sentent plus en sécurité.

Tout simplement parce qu’elles se sentent victimes d’une sorte de racisme inverse.

Tout simplement parce que certains disent sales blancs

Tout simplement parce que certains ne supportent pas qu’ils ne soient pas musulmans.

Voilà pourquoi elles refusent de venir.

Ce n’est pas un refus raciste, mais la crainte des tensions qui viennent. 

On a communautarisé certaines villes avec une immigration mal gérée. On a fait évoluer le cadre de vie des habitants, mais pas leur condition de vie ».