Lidl souhaite s’implanter à Vaulx-en-Velin

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Jeudi 3 octobre 2019

 

Près de 60 personnes se sont déplacées jeudi dernier au village dans les locaux de l’école GrandClément dans le cadre d’une réunion publique pour aborder la présentation du projet d’implantation d’un supermarché LIDL rue Marcel Cachin.

 

C’est l’adjoint à l’urbanisme qui a débuté la présentation en posant les bases des futures constructions qui doivent s’installer sur une parcelle de terrain vert qui jouxte une zone fortement urbanisée.

 

Une école, un équipement sportif, un pétanquodrome, et une surface commerciale de 1900m2 doivent prendre place sur l’espace végétalisé cerclé de rouge.

Ces différents projets suscitent une certaine inquiétude de la part des riverains et ce à plusieurs niveaux, notamment sur le point sensible qui est la question du stationnement synonyme de nuisances et de la préservation de l’environnement.

Pour l’instant, à part pour le supermarché LIDL, il n’y a pas de définition bi, ni d’étude précise faite sur les constructions et sur les infrastructures routières à venir.

Le pétanquodrome :

Un investissement de près de 3 millions d’euros pour accueillir le club de pétanque, dont les installations actuelles sont jugées inadaptées par la municipalité.

Il sera doté d’un bâtiment de 2283 m² accueillant seize jeux couverts et des locaux annexes, tels que bureau technique, local médical, club house, tribune, vestiaires et douches.

À l’extérieur, une aire de 12 à 16 jeux sera aménagée sur 2 455 m², ainsi qu’un parking de 20 places.

L’objectif est un démarrage des travaux pour 2020 pour une durée de 14 mois.

Le pétanquodrome est déjà bien cadré pour un projet qui n’est pas encore défini.

Les 66 adhérents du club de pétanque dont certains ne sont pas Vaudais vont se sentir très très à l’aise dans l’équipement qui leur est dédié et non compatible avec le national de pétanque et avec des compétitions d’envergure.

 

Photo journal municipal du 02/10/2019

Le supermarché LIDL

Autrefois hard-discounter (un terme depuis banni du vocabulaire de l’entreprise), Lidl est maintenant une enseigne de supermarchés qui compte plus de 30 000 salariés en France. Septième enseigne de distribution de France et première en Europe, l’enseigne souhaite faire évoluer son image au profit d’une offre plus qualitative. Et surtout LIDL met en place une stratégie commerciale agressive vis-à-vis de la concurrence à l’aide d’un maillage très organisé et une communication publicitaire bien rodée. Les catalogues vont inonder les boites aux lettres. Lidl est devenu le premier annonceur français.

Une transformation et une montée en gamme qui se manifeste notamment par une profonde refonte de son parc de maga­sins, dont bon nombre sont agrandis, transformés, voire détruits pour laisser place à des formats plus grands, autour de 1 400 m².

Lidl souhaite construire une centaine de magasins par an d’ici 2020, auxquels s’ajoutent 800 démolitions-reconstructions, transferts ou créations de nouveaux magasins prévus dans les cinq ans à venir. 

Les magasins, quasi identiques, répondent à un cahier des charges très précis. L’industrialisation des processus de VINCI Construction France permet de respecter les délais très courts de construction : dix-sept semaines au total dont quinze avant l’arrivée des équipes de vente de Lidl. Ce planning correspond à une réduction des délais de 20 à 30% par rapport à une construction classique.

Thibaut Barth, directeur immobilier chez Lidl France est venu présenter aux habitants le projet d’implantation d’un magasin rue Marcel-Cachin. Pour l’instant un compromis de vente est signé avec le propriétaire du terrain mais aucun permis n’est encore déposé.

Pour une emprise au sol de 1920 m², il offrira une surface de vente de 1 273 m², alors que celui qu’il remplace, le Lidl de l’avenue du 8-Mai-1945, incendié en 2013 et 2015 bénéficiait d’un peu plus de 850 m² seulement. Il a été constaté que 20% des usagers du LIDL de Décines étaient des Vaudais et que potentiellement l’installation d’un supermarché sur Vaulx-en-Velin répond à un besoin (surtout de LIDL)

S’en suit une description idyllique du projet, Panneaux photovoltaïques en toiture aménagement paysager d’un assez vaste espace vert, parking intégré. Tout ce qu’il faut pour se donner une bonne conscience et communiquer en matière d’écologie mais que diront les maraichers et agriculteurs des terrains limitrophes dont le métier a souffert, tributaires des grandes centrales d’achats des distributeurs.    

Face au directeur immobilier de LIDL, Une majorité de riverains inquiets pour des questions de circulation, de places de parking et de protection de l’environnement. Deux ou trois personnes se sont positionnés d’emblées favorables à l’implantation.

En termes de circulation, une étude a été faite. Aux heures de pointe, de 120 à 130 voitures de clients devraient, au maximum par heure, emprunter la rue Marcel-Cachin et s’ajouter aux 4500 véhicules qui passent chaque jour dont 150 camions.

Il y a deux points noirs. La rue Marcel-Cachin débouche sur l’avenue Charles de Gaule ainsi que la rue louis saillant qui canalise la circulation de la zone industrielle. Le soir c’est parfois assez galère car la circulation n’est pas fluide. Sans compter les jours de match au Groupama Stadium ou la circulation est beaucoup plus dense accentuée par la fermeture régulière du passage à niveau de la ligne de tramway.

Il ne faut pas considérer les problèmes de circulation qu’à Vaulx-en-Velin, Une clientèle décinoise sera surement attiré par le supermarché LIDL et aux heures de pointe, les ouvertures, fermetures de la barrière du tramway sur la rue de la fraternité peut accentuer les bouchons comme c’est déjà le cas aujourd’hui.

 

Le stationnement est également une source d’inquiétude de la part des riverains. A l’heure actuelle malgré une progression des verbalisations signalée par l’adjoint à l’urbanisme, sur le terrain rien n’a changé, c’est un peu l’anarchie dans ce domaine et la crainte pour les riverains n’est pas sans fondement. Il n’y a qu’à voir comment se passe une entrée ou sortie de classe au village pour comprendre que cela ne va pas être de tout repos. Peut-être une problématique de taux de recouvrement des contreventions ?

20 places de parking sont prévues pour le pétanquodrome. Si la municipalité a pensé que 20 places étaient suffisantes pour les usagers, c’est un équipement qui revient cher en ratio fréquentation. Les concours ayant lieu généralement le week-end, il ne faudra pas compter sur celui du super marché dont l’ouverture au moins le dimanche matin ne fait aucun doute. D’autant que pour des problèmes de sécurité le parking du supermarché devrait être fermé en dehors des heures d’ouverture. Il va donc se poser la question de la responsabilité.

Par exemple, l’international de pétanque démarre le vendredi dès 9h30 et se poursuit le samedi et dimanche dès 9 heures.

La problématique économique

Il est évident que placé rue Marcel-Cachin, la voiture va être le moyen de locomotion le plus utilisé, cependant les Vaudais du Mas du Taureau, du centre-ville, de la Grapinière ont besoin d’un commerce de proximité, limitant le déplacement, a un prix concurrentiel. Le LIDL implanté rue du 8 mai 1945 répondait à ce besoin, Implantation et prix. C’est dommage qu’une logique commerciale l’emporte sur le besoin et ce n’est peut-être pas la bonne population qui va bénéficier des services de ce supermarché.

Dans une note du service économique de la ville de 2015, il était de plus spécifié que la réouverture du LIDL rue du 8 mai 1945 affaiblirait les autres commerces. Quid d’un supermarché qui fait le double de surface ?

La préservation des espaces naturels

De nombreux habitants sont pour la préservation de cet espace naturel et de la préservation de la biodiversité. On ne peut pas avoir un discours en faveur du développement durable, de la préservation de l’environnement et favoriser l’expansion alors qu’il est possible de faire autrement.

Dans un premier temps, on explique que l’implantation est circonscrite sur une parcelle, puis un beau jour, pour des raisons d’intérêt général, on se retrouve avec un projet d’expansion en centre commercial et une requalification du PLUH. C’est dommage que l’adjoint à l’environnement n’ai pas donné son avis sur ce projet.  

 

La plupart des supermarchés sont implantés dans des zones commerciales ou sur des emplacements géographiquement éloignés des habitations.

Le directeur immobilier du LIDL a pris comme exemple le supermarché qui vient de s’installer rue du Bochet à Tignieu dans l’Isère pour . Nous ne sommes pas tout à fait dans la même configuration.

En premier lieu, il existait déjà une activité industrielle sur la parcelle de Tignieu, En second lieu les deux axes de circulation absorbent facilement le trafic car il y a déjà des centres commerciaux à proximité et le supermarché n’ajoute pas de flux supplémentaire ou alors à la marge. D’autre part, il n’est pas en prise direct avec l’entrée de ville et le lotissement est somme toute assez éloigné et ne souffrira pas de problème de stationnement ni de pollutions.

 

L’implantation rue Marcel-Cachin, est-elle une opportunité pour LIDL, ou pour tous les Vaudais ?

Avant de traiter le sujet avec lucidité, l’adjoint à l’urbaniste place les interrogations légitimes des habitants sur un plan politique et accuse l’opposition de manipulation. Comme si les habitants n'étaient pas assez responsables pour définir leurs besoins.

Tout d’abord, Hélène Geoffroy se pâme de faire de la démocratie participative la pierre angulaire de sa gouvernance. Cependant le projet est annoncé au détour d’un présentation une fois celui-ci pratiquement bouclé. Le conseil de quartier peut se demander s’il n’est pas pris pour un con et n’a d’utilité que servir à la communication municipale.

L’implantation du LIDL n’a rien n’a voir avec le projet municipal de 2014 car en 2015, dans une note, la direction du développement urbain tenait compte du LIDL de l’avenue du 8 mai qui a brûlé deux fois et prive les habitants du secteur d’un commerce de proximité à prix compétitifs.

Dans cette note, il est fait état d’une implantation qui affaiblit le village. Alors avec un espace de vente de près du double cette situation ne peut-être qu’amplifiée.

Il y a donc deux objectifs qui s’opposent, celui commercial et expansionniste de LIDL pour prendre des parts de marché et le besoin des habitants intramuros pour qui la proximité (déplacement à pieds) et le budget sont significatifs ainsi que le fait d’éviter l’étalement urbain qui mène à la « bétonisation » des sols fertiles et sont nécessaires pour préserver la biodiversité. Une pétition de plus de 700 signatures fait états des revendications des habitants.  

En attendant, le terrain sert de décharge depuis plusieurs semaines.

 Thomas Petragallo