Doit-on construire à tout prix à Vaulx-en-Velin?

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Mercredi 15 janvier 2014

 

A l’heure où de grands chantiers de construction sont à l’étude ou en cours de lancement sur notre ville, une discussion entre élus concernant l’opération de rénovation urbaine sur le quartier de Mermoz dans le 8ème arrondissement de Lyon a attiré notre attention. Cette recomposition urbaine devrait aboutir à une mixité sociale composée de 55 % de logements sociaux (propriété de Grand Lyon Habitat) et de 45 % de logements privés (Association Foncière Logement, promoteurs privés, accession à la propriété). Une opération qui devrait prendre fin à l’horizon 2015. Bien que les prix pour l’accession à la propriété soient près de la moitié moins élevés que dans le quartier de Monplaisir, le quartier chic du 8ème, les logements peinent à trouver des acquéreurs ce qui n’est pas sans poser des problèmes aux aménageurs qui trouvent que ce n’est pas très rassurant pour la suite des opérations. Pourtant la demande existe. A quoi cela est il dû ? A la réputation d’un quartier qui peine à se défaire de son image ? A la proportion de logements sociaux ? Nous n’en savons rien, mais cela nourri quelques interrogations et inquiétudes quand on sait que nous nous trouvons dans une situation similaire à Vaulx-en-Velin. D’autant que les projets déclarés sur notre ville présentent des taux de logements sociaux de 65% sans compter la politique tarifaire et d’aide voulue par le grand Lyon qui peut permettre à des ménages modestes et notamment des primo-accédants de devenir propriétaires. Vaulx-en-Velin est souvent décrite comme un laboratoire de la politique de la ville. Après une vingtaine d’années d’expérience, les conditions pour rétablir un équilibre devraient être connues et produire de bons résultats. Nous devrions donc faire une totale confiance à ceux qui sont devenus des spécialistes. Maurice Charrier a souvent insisté sur la nécessaire diversification de l'habitat, d’un retour à des quartiers résidentiels, moins denses, et plus végétalisés avec pour objectif de ramener à 40% le taux de logement sociaux. Cela ne s’invente pas, c’est le discours devant les médias ou les institutionnels. Aujourd’hui, il est président de l’INTA, loin de Vaulx-en-Velin et du Grand Lyon présidé par Gérard Collomb qui, lui, a une autre vision pour notre ville. Les maitres mots concernant notre ville sont pour ce dernier : logement social (65 % sur les projets Tase et Mas du Taureau) et densification (2500 logements au Mas du Taureau contre les 1500 initialement prévus). Pourtant le Vice-président en charge de la politique du logement, de la politique de la ville et de la cohésion sociale est bien Maurice Charrier ; il n’a donc pas dû être capable de lui prodiguer les bons conseils. Cela parait toujours immoral à certains lorsque l’on aborde la problématique du logement social, pourtant cela ne doit pas être un sujet tabou. Il existe une véritable pénurie de logements de cette nature que ce soit au niveau national ou dans notre agglomération. Sur le site du gouvernement on peut voir le chiffre de 169.543 demandes de logements sociaux pour la région Rhône Alpes. Ne pas prendre en considération la nécessité de satisfaire cette demande est une ineptie. Seulement, concentrer une offre sur un seul lieu ne permet pas d’accompagner ces habitants qui se trouvent trop souvent en situation de précarité (sur l’enquête de Lyon Capitale de Janvier 2014, Vaulx-en-Velin est un des plus mauvais élèves en termes de budget pour les interventions sociales). Nous partageons la crainte de nous trouver dans la même situation que la rénovation urbaine de Mermoz et qu’au final, les mêmes causes produisant les mêmes effets, les rénovations urbaines d’aujourd’hui soient les zones de priorités urbaines de demain.