La voix des militants et la voix des élus.

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Dimanche 28 octobre 2018

À travers un communiqué, les militants socialistes de Lyon  et La Fédération départementale du Parti socialiste dans le Rhône "souhaitent faire part de leur désaccord profond" à un retour de Gérard Collomb à la Ville de Lyon. Ils ont demandé, aux élus PS du conseil municipal, à  ne « pas apporter leurs voix » à l’ancien ministre de l’Intérieur, qui entend reprendre son fauteuil à la tête de la mairie.

Les responsables politiques ont, quant à eux, déjà affirmé soutenir le principal intéressé.

Il y a donc quelque chose qui ne fonctionne pas au niveau des instances socialistes puisque les élus tiennent leur mandat des militants qui ont investi de leur temps.

Un conseil municipal extraordinaire, prévu pour rendre à Gérard Collomb son poste de maire, doit se tenir le 5 novembre. Et l’édile dispose de suffisamment de soutiens pour regagner son siège. Car les groupes de la majorité, à savoir les socialistes, Lyon Gauche Solidaire, les centristes et les Verts, ont confirmé il y a 5 jours qu’ils voteraient pour lui afin de « poursuivre leurs engagements pris devant les Lyonnais en 2014 ».

Devant cette fronde, la Fédération départementale du Rhône (constituée de nombreux vaudais)  , qui espère convaincre les brebis galeuses lyonnaises, rappelle son « désaccord profond, tant sur le fond comme sur la forme » avec Gérard Collomb, qui avait quitté le parti pour s’engager en faveur de la République en Marche et soutenir Emmanuel Macron, lors de la campagne présidentielle. Et de parler de « rupture idéologique avec les valeurs humanistes et de gauche ».

Les militants soulignent surtout que "Gérard Collomb, par son action au ministère de l'Intérieur a prouvé sa rupture idéologique avec les valeurs humanistes et de gauche qui constituaient pourtant le socle de son rassemblement depuis 2001". Malgré son départ du gouvernement, Gérard Collomb est toujours considéré comme "le principal artisan de la politique d'Emmanuel Macron" par les socialistes.

Les militants socialistes  affirment ne pas être dupes quant au choix de Gérard Collomb de ne pas se présenter sous l’étiquette LREM pour les élections municipales de 2020.

« Les tentatives pour se démarquer de la politique du Président de la République et de son parti piloté localement, rappelons-le, par son épouse, Caroline Collomb, sont bien des faux-semblants », ajoutent-ils.

Et des militants d’ajouter « qu’il serait temps que les élus socialistes encore en poste tiennent compte des avis de leurs bases, ça suffit les opportunistes qui ne veulent que conserver leurs pitoyables avantages au détriment de leur idéologie PS !!!! »

Ce sketch nous démontre encore un fois qu’un élu respecte rarement les préconisations de ceux qui l’ont élu. A votre avis chers lecteurs, la position de ces élus est-elle devenue si différente pour ne pas partager celle des militants ou bien leur décision de soutenir Gérard Collomb se base-elle sur un critère « Economique ». 

Car on trouve dans les expressions familières du XXe siècle le terme « Aller à la soupe ». Expression principalement utilisée dans le milieu de la politique. Elle est plus largement utilisée dans le langage courant pour définir les actions menant à se placer auprès des personnes influentes ou à délaisser ses opinions en vue d'obtenir des faveurs matérielles. la possibilité de perdre des indemnités, parfois non négligeables, ( 1400 euros pour les adjoints élus vaudais)  conduirait donc certains d’entre eux à faire fi de leurs engagements auprès de leurs collègues ?  

Il ne faut pas oublier qu’en 2015 c'est Collomb qui a lâché Jean-Jacques Queyranne et a donc favorisé l'élection de Wauquiez, en 2017 il a lâché le PS pour Macron. Il serait énorme qu'il soit encore soutenu par les socialistes, quels qu'ils soient.