Jeux de pouvoir

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Mardi 20 novembre 2018

Un des enjeux des élections de 2020 concerne la gouvernance de la métropole. En effet, la métropole est devenue le centre décisionnel d’un nombre important de prérogatives transférées en son sein par les municipalités.

Jusqu’ à présent, les élus à la métropole étaient issus des rangs de chacune des municipalités qui composent la métropole. La prochaine élection verra s’affronter des listes, ce qui suscite l’ire des maires des petites communes de l’ouest lyonnais regroupés sous l’appellation Synergies-Avenir.

Aux commandes de 29 des 59 mairies qui composent la Métropole de Lyon, le groupe ne représente que 10 % des habitants de la collectivité, et ne compte donc que 30 membres au conseil métropolitain, sur 165 élus. Il s’agit malgré tout de la troisième force politique de l’hémicycle de la rue du Lac, et de loin.

Alors qu’un fléchage effectué à partir des élections municipales de chaque commune permettait à l’ensemble des maires de siéger à l’échelon métropolitain, la donne sera sensiblement différente dans un an et demi. Un scrutin de liste aura lieu dans 14 circonscriptions dessinées pour l’occasion. Or la circonscription M, couvrant précisément la zone d’influence de Synergies, se verra attribuer 14 sièges pour 25 communes.

De manière encore plus concrète, les maires ne siégeront plus nécessairement dans les commissions chargées de préparer les délibérations votées à la Métropole, ni au Sytral ou encore à l’agence d’urbanisme, quand bien même celles-ci pourraient avoir de lourdes conséquences sur leur commune. Pire encore, cette absence pourrait être doublée d’une présence de leur opposant municipal !

C’est grâce à un pacte de gouvernance (et des postes) signé avec le groupe Synergies pourtant à droite que l’ex-ministre de l’Intérieur Gérard Collomb a conservé sa majorité au Grand Lyon en 2014. Sentant la fronde gronder, si ce dernier a retrouvé le siège de maire de Lyon il se garde bien de provoquer une nouvelle élection au sein de la métropole ce qui donne des idées à David Kimelfeld l’actuel président.

En 2020, même si une dix conseillers métropolitains étiquetés Synergies, dont huit maires, ont fait défection pour rallier Gérard Collomb il n’en reste pas moins difficile pour ce dernier de reconquérir la métropole ce qui est son ambition première.

Et David Kimelfeld a le vent en poupe. Ce lundi soir, il était l'invité de comités locaux de la République en marche en froid avec Caroline Collomb. Ils se sont visiblement bien trouvés. Une heure après les organisateurs de la soirée publiait un communiqué acerbe contre Gérard Collomb et sa femme. Ils se disent "scandalisés par la façon dont le poste de ministre de l’Intérieur a été brutalement abandonné, et inquiets de constater à quel point des préoccupations personnelles centrées sur les futures élections locales ont pris le pas sur tout le reste".