Sacré Jean-Jacques.

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Samedi 24 novembre 2018

Le parti socialiste vaudais a perdu un de ses membres charismatique puisque nous apprenons que Jean-Jack Queyranne l’ancien président de la région Rhône-Alpes (la fusion avec l’Auvergne n’avait pas encore eu lieu sous son mandat) n'a pas repris sa carte. 

Celui qui  "pense avoir sous-estimé la déconfiture du PS" se confit sur le blog saladelyonnaise

"Je suis plus que triste. Je n’ai pas repris ma carte d’ailleurs. J’ai adhéré en 1966 à la Convention des institutions républicaines, qui allait devenir le PS. Pour la petite histoire, Gérard Collomb était là aussi. Le problème actuel du PS, c’est qu’il n’a toujours pas fait le bilan des années Hollande et de ses petites combines. Au niveau local, on sait tous que Yann Crombecque, le premier fédéral, est un vrai élu de gauche, mais on a malheureusement toujours des élus comme Annie Guillemot qui sont prêts à dealer avec Collomb. Le PS est en train de s’éteindre. Mais j’ai quand même bon espoir, car il y a une attente aujourd’hui de tous ces gens déçus par la politique et le style de Macron. Je discutais récemment avec le philosophe Raphaël Glucksmann – qui a lancé son mouvement Place publique – et il me disait que la reconstruction de la gauche ne passerait pas par le PS. Il a raison ".

Il y a donc des combinards au PS ? Nous ne nous en sommes pas rendus compte, incroyable comme découverte de la part d’un élu qui a fait plus de quarante années de mandats divers et variés. Le Parti socialiste va-t-il renaitre de ses cendres. Rien n’est moins sur, même avec du temps, peut-être en changeant de nom et encore…Ségolène Royal, François Hollande n’ont pas encore abandonnés la scène politique et les éléphants sont le premier frein.

La reconstruction à gauche se fera-t-elle avec le Parti Socialiste ? La encore rien n’est moins sur, le PS n’a plus une image de gauche, plutôt de centre droit, d’opportuniste. Les alliances lors des prochaines élections nous monterons son visage. Hélène Geoffroy ne devrait pas pouvoir compter sur le parti communiste, ni sur la France insoumise mais plutôt "dealer" du coté d’En Marche et d’Agir une partie de la droite vaudaise représentée par Philippe Moine.

Jean-Jack Queyranne n’est pas tendre avec Gérard Collomb qui a décidé de ne pas vous apporter son soutien durant la campagne de 2015…

 "C’est certain qu’il a avant tout joué le positionnement de sa femme. En voulant à tout prix que je lui donne la deuxième place sur ma liste, il voulait faire de la Région une collectivité inféodée à la Métropole de Lyon. L’objectif des Collomb était clair : faire de la Région un tiroir-caisse de la Métropole. Du coup j’ai refusé, et Caroline Collomb a quitté la liste avec une quinzaine de candidats. Puis la fédération du Rhône s’est mise en grève et n’a pas fait campagne pour moi. Ils ont clairement joué la défaite ".

Et d’en rajouter une petite couche face à ANTOINE COMTE le journaliste qui l’interroge.

"Il (Gérard Collomb) voulait à tout prix instrumentaliser la Région. Je n’ai pas de preuves, mais on m’a rapporté qu’il avait rencontré Wauquiez pendant la campagne des régionales pour conclure un deal contre moi. Il l’aurait rencontré avec un chef d’entreprise très puissant à Lyon qui a joué les entremetteurs. Mais je ne vous donnerai aucun nom, car je ne peux pas l’attester.

Même si cette période reste une vraie blessure pour moi, je n’ai pas de vengeance ou de revanche à prendre. Mais je n’hésite pas à dire ce que je pense de son retour à Lyon. Ce qu’il a fait au président de la République – que je ne soutiens pas du tout – est très grave. Être ministre de l’Intérieur, c’est être au cœur de l’État régalien, et c’est avoir une responsabilité extrêmement importante pour le pays. En misant sur Emmanuel Macron, il avait réussi un coup de poker. Et il décide de le trahir comme ça, en quittant son poste sur un testament politique très inquiétant sur les ghettos de la République, les islamistes et les trafiquants de drogue qui règnent en maître sur la France. Gérard Collomb a préféré jouer sa sécurité plutôt que celle des Français ".

Et apparemment Jean-Jack Queyranne a aussi une dent contre David Kimelfeld l’actuel président de la métropole mais qui était président de la fédération du Rhône lors du lâchage de 2015

"David Kimelfeld est sollicité par beaucoup de monde, et notamment le PS, car son mode de management diffère de celui de Collomb. Mais son problème, en plus d’avoir été le petit télégraphiste de Gérard Collomb pendant de nombreuses années, c’est que personne ne le connaît. En fait, je crois que Kimelfeld rêve en son for intérieur de faire à Collomb ce que Macron a fait à Hollande. Mais je ne crois pas qu’il sera en capacité de le faire, parce que ses soutiens vont s’effilocher et chacun va regagner son camp. Il suffit de voir les élus Synergies qui semblent aujourd’hui le soutenir, mais qui vont se retrouver chez Collomb ou à droite en 2020. Quant au PS, j’ai bien peur qu’il soit une force très insuffisante… ".

Si Jean-Jack Queyranne est très bavard sur ses ex-camarades du PS il est beaucoup moins disert lorsque le journaliste l’interroge sur l’affaire Erai (Entreprise Rhône-Alpes International), pour laquelle une enquête préliminaire pour favoritisme et prises illégales d’intérêt vient d’être ouverte au pénal d’après nos informations. " Je ne suis pas du tout au courant ", assure celui qui était aux commandes de la Région lorsque cette structure d’aide au développement des entreprises de la région à l’étranger a été liquidée. 

L’association majoritairement subventionnée par la Région avait été liquidée en 2015. Actuellement, son liquidateur judiciaire réclame plus de 10 millions d’euros à la Région et à l’ancien président d’Erai, Daniel Gouffé.

Depuis cet été, les élus écologistes Etienne Tête et Jean-Charles Kohlhaas tentent d’ailleurs de s’inviter dans le dossier au civil (pour un rappel des faits à ce sujet, lire ici) afin que ce ne soit pas l’institution Région et donc le contribuable qui paient les pots cassés, mais plutôt ses responsables de l’époque, personnes physiques et non morales.

Concernant les soupçons de prise illégale d’intérêts, les enquêteurs cherchent à en savoir davantage sur l’embauche en salariés de personnes proches d’Erai et de la Région parmi lesquelles, selon nos informations, la belle-fille de Jean-Jack Queyranne.

A l’origine association pour le rayonnement des entreprises régionales, Erai avait selon la Chambre régionale des Comptes « progressivement évolué vers une démarche commerciale et entrepreneuriale » dont toutes les décisions étaient concentrées dans les mains de son président, expliquait la CRC.

Le rapport notait entre autres « plusieurs recrutements de proches ou membres de la famille d’administrateurs ou d’agents de la région. […] S’agissant d’une structure financée à 60 % sur fonds publics, le conflit d’intérêts est d’autant plus marqué que la plupart des personnes concernées a bénéficié d’une rémunération négociée objectivement élevée au regard des diplômes ou qualifications professionnelles qu’elles présentaient lors de leur recrutement ».

La Chambre régionale des Comptes glissait en outre que « malgré la proximité qui caractérise ses relations avec l’association dont elle est l’unique financeur public, la région n’a pas exercé le pouvoir de contrôle qu’elle tenait de la loi. Erai a pu ainsi présenter et obtenir des demandes de subventions appuyées sur des documents ne permettant pas de justifier leur montant, en l’absence de tout plan d’actions chiffré ».

Alors, combines ou pas combines ?

Thomas Petragallo