Le parti fourre tout.

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vendredi 7 juin 2019

La plus grande réussite d’Emanuel Macron c’est d’avoir détruit la culture du bipartisme qui a cloisonné la politique française pendant plusieurs décennies. Exit le parti socialiste grâce à un François hollande qui en tant que secrétaire générale puis président de la République n’a pas su consolider les différents courants. Depuis les élections européennes, « LR » semble prendre la même direction. La présidentielle leur était pourtant promise, Fillon avait la faveur des sondages avant que le canard enchainé et les affaires n’en décident autrement.

En deux ans, Laurent Wauquiez n’aura réussi qu’à conduire son parti à la débâcle et face à l’inquiétude des maires sortants pour les futures élections municipales nombre d’entre eux préfèrent se rallier à Emmanuel Macron afin de préserver leur poste.

LREM est devenu un parti fourre-tout et donne la vraie perception de nos élus et des valeurs qu’ils prétendent défendre.  

À Lyon, une irrésistible envie de rire me vient lorsque j’imagine que l’investiture LREM pour les élections métropolitaines et municipales sera donnée par Dominique Perben candidat de droite contre Gérard Collomb aux municipales de 2008. Le plusieurs fois ministre de Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy et pur produit va départager les ex-socialistes. Finalement pendant des années on nous a fait avaler qu’il y avait un clivage gauche, droite car les valeurs défendues par les uns et les autres n’étaient pas les mêmes et aujourd’hui tout ce beau monde « Marche » main dans la main.       

Mieux encore, le baron local Gérard Collomb est probablement partie prenante de la réussite d’Emmanuel Macron pour la victoire à la présidentielle. C’est lui qui à Lyon fait la pluie et le beau temps depuis des années.  C’est d’ailleurs lui qui a investi les députés lyonnais « En Marche » faisant fi de la commission électorale. Mais voilà, Gérard Collomb n’était plus en odeur de sainteté voilà qu’une grande partie de ses obligés le lâche pour prêter allégeance à David Kimelfeld le favori face aux apparences.

À Vaulx-en-Velin, le petit vaudais Stéphane Gomez nous offre son analyse politique en ne manquant jamais une occasion d’égratigner au passage son ex-collègue Stéphane Bertin. Il oublie en passant qu’il doit à ce dernier son poste d’adjoint et de conseiller métropolitain. Deux mandats et les indemnités qui vont avec.   

Les résultats des élections européennes n’ont pas valeur de comparaison par rapport à des élections locales. C’est très difficile voir impossible d’en faire une projection locale. De quoi nourrir toutes les supputations. Stéphane Gomez est heureux, car apparemment le PS local est le seul en capacité de mobiliser des troupes dans le cadre d’une campagne électorale. Sans doute ce fait est-il plausible. Il pourra peut-être même compter sur les transfuges de l’APVV. Mais j’ai le souvenir pas si lointain d’une campagne des législatives ou tout le PS était sur le pont et y compris Hélène Geoffroy qui n’avait pas ménagé sa peine et pourtant Muriel Lecerf avait pris ce que l’on peut assimiler à une déculotté.  

Peut-être puis-je avancer une conclusion. Il va falloir au PS local chercher à élargir sa base. Je ne compte pas le PRG, car il ne représente rien sur Vaulx-en-Velin. S’ouvrir à la société civile ne sera pas suffisant, car tout le monde veut s’ouvrir à la société civile. Aller chercher la gauche vaudaise après l’avoir traitée d’incapable me paraît difficile. Reste le centre droit, plus droit que centre « LREM ». Quel changement de Cap pour des Aubrystes qui se voulaient il y a encore peu « les Casques bleus » de la gauche.  

Reste le vote communautaire.  Mokdad Salem, ancien colistier de Genin pourra-t-il devenir un partenaire intéressant. Avec 4.84 % des voix au global et quelques bons résultats sur quelques quartiers, la tentation est grande.

Les semaines qui vont venir seront surement  très intéressantes.

Thomas Petragallo