De Vaulx-en-Velin à Tavernes.

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 Vendredi 15 novembre 2013

 Sur la route qui mène aux gorges du Verdon, le petit village de Tavernes vit tranquillement de la culture de la vigne et de l’olivier. C’est ce lieu idyllique qu’ont choisi Maurice Charrier et sa femme pour passer leur retraite, loin du tumulte Vaudais et de l’activité débordante d’une grande métropole. Retraite, pas tout à fait. Ni pour l’un ni pour l’autre. Si Maurice Charrier est toujours Vice-Président du Grand Lyon et membre actif de l’INTA ce qui le conduit à voyager à travers le monde, sa femme, après avoir pendant de longues années partagée en tant que directrice de cabinet de son Maire de mari, les turpitudes Vaudaises, elle s’est senti portée par le désir de passer de l’autre côté de la barrière et devenir conseillère municipale de sa nouvelle commune. Elle est probablement soutenue dans sa démarche par la figure historique du village, Charles Fiterman, qui en fut maire en 1989 et actuellement 3ème adjoint. Pour les plus jeunes d’entre nous un petit rappel historique : Charles Fiterman fut un responsable du PCF et Ministre d’État chargé des transports dans les deuxièmes et troisièmes gouvernements de Pierre Mauroy de 1981 à 1984. Depuis 1998, ce dernier est membre du Parti Socialiste ce qui n’est pas sans créer quelques tensions idéologiques avec des porteurs du projet Mélenchoniste. Mais comme dans la famille Charrier, on n’aime pas jouer les seconds rôles, Annie charrier se lance à son tour dans la bataille des municipales, non sans provoquer certains remous dans un paysage politique local jusqu'à présent très consensuel. Tavernes va probablement avoir le choix entre deux listes, les divergences prennent-elles le dessus ?

Même si nous sommes un peu loin de Vaulx-en-Velin et des préoccupations des vaudais, analysons un peu les grandes lignes du programme de Mme Charrier. Elle se présente sans étiquette. Voilà qui est surprenant pour une personne qui a toujours revendiqué son positionnement à gauche, voir même à l’extrême extrême gauche. Quelle est la raison de ce changement ? Est-ce pour ne pas heurter la sensibilité des habitants ou bien la reconnaissance que l’impuissance des politiques conduit à ce que les citoyens décident de prendre en main le destin de leur ville. Le projet d’Annie Charrier est nettement moins social que celui qu’elle soutenait dans notre ville. Il ressemble à un « copier-coller » des revendications de certaines associations Vaudaises quand elles mettent en avant leur souhait de conserver une certaine part d’authenticité dans leur quartier ou quand elles déclarent leur désir de mettre en valeur la ville, son patrimoine, son histoire. Annie Charrier dans le projet qu’elle souhaite mettre en œuvre parle de développement économique raisonné et respectueux de l’environnement. Les habitants se plaignent du trop grand développement de l’urbanisme privé qui est en train de modifier le paysage et l’ambiance de ce petit village qui s’agrandit beaucoup trop vite pour eux. Les terrains constructibles pour des maisons sont légions et la population a pratiquement doublé en 10 ans passant d’environ 750 habitants à environ 1300. 90% des logements sont des maisons et, à moins d’une erreur dans notre étude, il n’y a aucun logement social et rien dans le programme de madame Charrier en ce qui concerne des logements de cette nature. C’est en majorité une ville de propriétaires. La préservation du patrimoine, la sécurité et la tranquillité, la propreté, les personnes âgées, ainsi que l’aspect visuel du village de Tavernes seront au cœur des priorités de Mme Charrier. Question budget, il est certain que la situation diffère de celle de Vaulx-en-Velin. Les taux d’impositions de Tavernes sont bien moindres que ceux de Vaulx-en-Velin (Taxe Foncière à 20,20% à Tavernes contre 26,46% à Vaulx-en-Velin et Taxe d’Habitation à 10,97 % à Tavernes contre 26,46 % à Vaulx-en-Velin) ainsi que l’endettement qui se situe aux alentours de 500 € par habitant contre près de 1500 € pour les Vaudais. On dit toujours que plus on prend de l’âge plus on est de droite. Cela semble marcher pour la famille Charrier. Si Mme Charrier était restée à Vaulx, parions qu’aujourd’hui elle aurait été sur la liste de l’UMP !

Il reste qu’avec son programme Mme Charrier nous donne envie de prendre la direction du Sud et du champ des cigales. Peut-être pourra-t-elle, si l’occasion se présente, souffler quelques mots à l’oreille de Bernard Genin pour lui donner quelques conseils de bonne gestion !