"SOS Macron"

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Mardi 19 novembre 2019

Hélène Geoffroy commence à le dire ouvertement aux personnes qu’elle rencontre et elle en rencontre qu'elle n'aurait pas de concurent LREM.  Cela veut dire que malgré son choix de soutenir David Kimelfeld, choix qui a pu évoluer depuis car elle se garde bien d’apparaitre en sa compagnie, le soutient de son ami devenu président de la république et de son ami premier ministre de droite lui semble acquis ? Les semaines à venir devraient apporter des éléments de réponse car les premières investitures commencent à être annoncées au niveau des villes limitrophes et Christine Bertin et Jafar Greinch sont toujours en lice pour conduire une liste LREM à Vaulx-en-Velin. 

En échange de quoi ? Pourtant les socialistes sont clairement en opposition à la politique d’Emmanuel Macron. La question mérite d’être évaluée.

En politique il est une règle qui prime sur toutes les autres, c’est qu’il n’y a pas de règles. Rien n’est vraiment très clair, c’est l’art de la subtilité, de l’entre soi, du renvoi d’ascenseur entre camarades de promotion, de gouvernement, L’art des petits arrangements. C’est l’art du calcul avec en ligne de mire conserver ou prendre le pouvoir.

En politique, on ne tue pas vraiment. Les « ennemis » d’hier peuvent brusquement devenir les « amis » de demain. Il y a toujours de bons arguments à développer pour convaincre l’électeur qu’un accord est fait pour son bien. Car pour avoir un poste d’élu et toucher des indemnités certains sont peu regardant sur la question des valeurs.

Depuis 2001 date de son premier mandat ou elle fût adjointe de Maurice Charrier déléguée à l'emploi, l'insertion, la formation professionnelle et la condition féminine, (Presque 20 années de politique à son compteur) Hélène Geoffroy a fait du chemin. La protégée de René Beauverie, son mentor qui lui a tout apprit, en a éliminé du monde, à commencer par Philippe Zittoun à qui revenait normalement le leader chip PS sur Vaulx-en-Velin. Un autre PS Nordin Gasmi a suivi le même chemin un temps plus tard. Le dernier en date fut Stéphane Bertin qui a appris à ces dépends qu’il n’était pas bon de faire de l’ombre à l’ambition de notre impétrante. D’autres plus prudents à l’image de Stéphane Gomez serrent parfois les poings pour ne pas succomber au dépit de rester dans l’ombre de la chef.

Et il se susurre déjà quelques arrangements en perspective. Même lorsqu’on est convaincu d’être réélu dans un fauteuil, les autres prétendants n’étant que des losers, mieux vaut commencer à assurer ses arrières.   Et dans cette optique, et sur fond de réconciliation, les 10% que peut apporter Nordine Gasmi ne sont pas à négliger. Cela sera surprenant lorsque Hélène Geoffroy lui trouvera toutes les vertus.

Les arrangements se discutent également en termes de présence sur la liste électorale. Yvan Margue par exemple, l’actuel adjoint à la santé ne doit sa présence dans l’exécutif d’Hélène Geoffroy que par l’accord avec l’APVV de Stéphane Bertin. Ce choix s’est fait au détriment d’un autre colistier socialiste. Roger Bolliet, médecin généraliste aujourd’hui retraité.

Il semble que cela ne joue plus pour Yvan Margue qui a fortement contribué à mettre en minorité Stéphane Bertin. Sa présence n’est plus utile, Il ne lui restera plus qu’à s’occuper de l’association qu’il a mis en place avec son collègue Roger Bolliet pendant que ce dernier sera le potentiel nouvel élu.  

Ancien monde, nouveau monde, en fait rien n’a vraiment changé. 

 

Thomas Petragallo