L’Elu du Lundi : Bernard Genin : Le Peppone vaudais.

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Lundi 2 décembre 2013

Bernard Genin occupe le poste de premier magistrat de notre ville. Une fonction qui en fait rêver plus d’un en cette période des municipales. Son élection est due à la défection de Maurice Charrier qui contrairement à ses engagements électoraux, a quitté son poste seulement quelques mois après son plébiscite de 2008. S’il est légitime dans sa fonction aujourd’hui, comme il aime si bien le faire remarquer, ce n’est pas par un choix des Vaudais, mais par un adoubement du Seigneur Maurice, comme sous l’ancien Régime. Et la couronne est tombée sur Bernard qui s’est retrouvé placé au premier rang de l’échiquier municipal. Faute de grive nous avons eu du merle. Il a bien essayé de voler de ses propres ailes aux législatives de 2012 mais avec un score de 18% il s’est fait battre à plate couture au premier tour par la socialiste et Conseillère Municipale d’opposition Hélène Geoffroy (46%) qui est devenue par la suite députée de notre circonscription.

Bernard Genin est un communiste de longue date. On peut même dire qu’il est tombé dedans quand il était petit et que rien ne le fera dévier du chemin tracé par ses ainés. Même, lorsqu’à la fin des années 70 Alexandre Soljenitsyne avec son livre « L’Archipel du Goulag » révélait à la face du monde la réalité des camps de rééducation modèles du camarade Staline et que le financement du parti communiste Français par Moscou éclatait au grand jour, les Peppones ont continué avec une assurance aveugle à défendre bec et ongles cet idéal. Bernard Genin est donc un militant actif de toujours et a participé à de très nombreuses campagnes électorales aux cotés des différents maires qui se sont succédés à Vaulx-en-Velin. Jean Capievic disait à l’époque de lui « Ne donnez pas trop de tracts à Bernard car il va se fatiguer et ne pas les distribuer ». Il est comme cela Bernard, la procrastination c’est son truc : pourquoi faire le jour même ce que l’on peut garder pour demain ? Laisser du temps au temps, pourquoi se précipiter. C’est ainsi qu’au conseil municipal l’exécutif traite des délibérations en retard, sans aucune utilité sur le cours des choses (c’est le cas lors des enquêtes publiques déjà closes). C’est une démarche que n’ont pas apprécié les amis de Saïd, bousculant quelque peu l’ordre établi et obligeant Bernard Genin à se lancer dans la campagne des municipales avant le dépouillement des bulletins.

Cet art, Bernard l’a cultivé jusqu’au moindre détail. Ne pas répondre aux courriers est une stratégie. De toute manière, comme souvent il ne peut ni ne veut rien faire autant ne pas répondre plutôt que de s’exprimer de manière négative. Pour les visites de quartier, c’est pareil. Les habitants lui exposent toujours les mêmes problèmes. Et ne rien faire, c’est tactique car il sait pertinemment que s’il répond favorablement il aura d’autres demandes. De cette manière il maitrise le sujet et peut donner inlassablement la même réponse : « C’est de la faute au Grand Lyon, au Conseil Général, à Hollande, au temps, aux idées que je n’ai pas…….. ». Un ange passe. Cette stratégie Bernard Genin doit l’avoir pensé car il faut dire quand même qu’en termes d’adjoint ce n’est pas ça. Il ne doit pas beaucoup compter sur eux alors il compense comme il peut. Bernard à la capacité des politiques à se contredire avec un aplomb à faire pâlir plus d’un Moscovici ou un Chirac voir pour les plus anciens un Georges Marchais des grands jours. Nous avons pu en faire l’expérience à l’époque du Conseil de développement. C’est la marque des grands. Cependant, parfois trop c’est trop et c’est limite du vice.      

Ce qu’il aime finalement Bernard, c’est passer du temps avec les copains un verre à la main, à parler football ou politique. Il est ce que l’on appelle un bon gars taillé pour la convivialité. Ca le gave parfois les discussions a n’en plus finir où il a l’impression de perdre son temps. Lors des visites de quartiers on peut parfois observer son dépit et son plaisir lorsqu’il renvoi la patate chaude à l’un de ses adjoints (enfin les adjoints ne viennent jamais à part J Fayat). C’est pour cela qu’il ne brille pas par sa présence au sein du conseil communautaire. Dans le dernier Lyon Capitale on peut lire « Comme beaucoup de maire de l’agglomération et beaucoup de communistes, Bernard Genin n’imagine pas que la ville de Vaulx puisse être représentée par un autre que lui au Grand Lyon où il rate pourtant une séance sur deux ». C’est vrai que lorsque l’on regarde la liste du taux d’absence, les communistes tiennent le haut du pavé et notre Bernard, le pompon. Ils ont une autre caractéristique que partage Bernard Genin : c’est celle de s’indigner. Mais comme c’est un bon garçon et qu’il n’aime pas fâcher son ami Gérard Collomb, au moment des votes, il est souvent pris par une envie pressante d’aller aux toilettes. C’est fou ce que, parfois, voter peut déclencher comme besoins urinaires chez les élus de tout bord (on a vu une forte augmentation de la fréquentation des toilettes au moment du vote du renouvellement du marché de l’eau au Grand Lyon ou de l’augmentation des impôts à la région). Le courage politique pour nos élus c’est cela : aller aux toilettes.

L’opposition Vaudaise fait souvent des reproches à notre maire, notamment concernant sa fameuse culture du « clientélisme ». Selon le Larousse, il s’agit du « Fait pour un homme ou un parti de s'appuyer sur des clientèles pour augmenter son pouvoir politique » une petite centaine de voix par là, une petite dizaine par ci avec dans la balance une petite subvention. Nous sommes en France, pays de la liberté, qui peut imaginer qu’il soit possible que des personnes tremblent pour perdre une malheureuse subvention. Non, contrairement à ce qu’ils peuvent imaginer dans l’opposition c’est toujours dans un souci d’optimisation que l’on retrouve à la tête des structures importantes de la ville des personnes qui partagent un même art de vivre et des idées. Quelque soit le camp d’ailleurs. C’est dans la genèse politique, acte 3 verset 2 « Cooptation tu feras, pour porter la bonne parole au sein des brebis du troupeau ». C’est logique : pourquoi perdre du temps à convaincre alors que si l’on adhère ça colle bien. Qui se ressemble s’assemble. Tout ce temps gagné, hé bien il peut être utilisé à rêver. Car c’est cela qu’il veut faire partager aux Vaudais, Bernard : un rêve. Son rêve, et tant pis si la réalité est loin du rêve. Les vaudais adhèreront-ils à ce rêve ? Réponse dans 4 mois.