Un budget sur le fil coupant du rasoir

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 Vendredi 27 juin 2014

En premier lieu, nous remercions l’exécutif pour avoir mis en ligne et en direct le conseil municipal et en soi, respecté un des engagements de son programme. Nous avons pu tester et apprécier l’intérêt de la démarche. C’est beaucoup plus intelligible que d’être sur place ou parfois le brouhaha du public couvre la voix des élus. C’est comme suivre un match de football sur grand écran. Nous avons même le replay puisque les vidéos seront stockées et accessibles. Cela présente un avantage évident pour les personnes intéressées et ne pouvant se déplacer pour raison de handicap ou familial. Il est même à parier que d’anciens élus ne manqueront pas à distance de suivre les débats. Peut-être même que les enseignants utiliseront une vidéo enregistrée pour présenter à leurs élèves ce qu’est l’exercice de la démocratie dans une ville. En finalité une démarche bénéfique à tous les Vaudais qui a enregistré pour sa première audience environ 400 connexions pour un budget annuel de 15 000 euros ; l’exercice de la démocratie n’est finalement pas si élevé.

La première partie du conseil municipal a été très orienté budget, en premier lieu par le vote des comptes administratifs 2013. Cette délibération n’a pas été commenté outre mesure car au final ce n’est que l’approbation de la gestion du précédent mandat. Seul le groupe « Vaulx c’est Vous » a voté contre. Mais c’est surtout le bilan fait par Hélène Geoffroy sur la situation financière de la ville qui vient qui a donné le ton de la soirée. Vis-à-vis des besoins financiers concernant les travaux engagés par la précédente équipe (42 M€) et l’orientions que veut donner l’exécutif pour le mandat. La barre du bateau municipal est mise priorité toute pour les écoles, qu’une projection de photos montrant leur état à difficilement pu contredire. Tout d’abord leur rénovation (74 M€) et la construction de trois nouveaux groupes scolaires nécessaires pour couvrir les perspectives de 58 nouvelles classes qui s’annoncent (48 M€). Tout le monde s’est accordé à dire que, bien évidement les écoles sont des investissements prioritaires, mais pour l’opposition de gauche, les besoins des Vaudais sont énormes et la participation des institutionnels devrait être plus importante car nous avons deux fois plus d’enfants dans notre ville que la moyenne nationale et les besoins ne s’arrêtent pas que sur ce point. Nous voulons en premier rassurer Saïd Yahiaoui sur la compréhension que nous avons pu avoir de la situation financière de la ville qu’il semble apparemment trouver complexe pour un public de néophytes. La présentation était pourtant très explicite. Le bilan et les nouvelles orientations comme nous pouvions nous y attendre sonnent malheureusement la mort du centre aquatique. Parmi le public nombreux certains étaient venu soutenir ce projet mais devant la réalité des chiffres ils ont bien dû admettre que la priorité n’était sans doute plus là. Nous disons malheureusement car bien entendu comme tout un chacun nous aimerions que les Vaudais et la ville bénéficient des meilleures infrastructures. Cependant, pour avoir fait un point sur la situation des centres aquatiques de Décines et Meyzieu la plaquette présentée par l’opposition de gauche est quelque peu trompeuse notamment au niveau des frais de fonctionnement dont elle se garde bien de parler. Il suffit de faire un comparatif avec le planétarium pour voir combien ce genre d’équipement est difficile à maitriser en termes de charges. Cela ne se passe jamais comme prévu et c’est toujours plus couteux que l’image idyllique des croquis originaux. D’ailleurs pendant cette séance il nous a été confirmé qu’effectivement il était question du renouvellement de l’équipement de projection pour un budget de 1,5 M€ non prévu. Bernard Genin n’a pas fait de commentaires. Nous sommes une commune en grande difficulté, c’est clair net et précis. Les marges de manœuvre sont plus que réduites autant en termes de recours à l’emprunt qu’a la hausse des impôts. Il va falloir convaincre nos partenaires institutionnels de nous soutenir, notamment en nous garantissant le report des financements prévus pour le centre aquatique afin de pouvoir les réemployer pour les écoles. Démarche entreprise par Hélène Geoffroy depuis maintenant deux mois et qu’elle espère bien voir aboutir.

Nous trouvons indispensable et nécessaire de recadrer les actions de la ville en premier lieu autour des enfants, de nos enfants. Ce n’est pas nouveau, nos premiers articles en 2013 ont souligné cette priorité bien avant que n’interviennent les élections. Nous avons effectivement un nombre d’enfants plus élevé que la moyenne, mais aussi des enfants pour certains également plus défavorisés que dans les villes périphériques. Faire un effort au niveau des écoles veut dire faire un effort au niveau de la scolarisation car les beaux locaux ne font pas tout. Personne n’a évoqué le sujet, mais nous avons plus de 20% des enfants qui ne sont pas scolarisés sur notre ville à cause de la crainte des parents concernant le niveau d’enseignement et l’insécurité. Beaucoup de couples de viennent pas s’installer sur notre ville à cause du problème de la scolarité ce qui montre que c’est un souci plus global que la seule rénovation des écoles. D’ailleurs personne n’a relevé lorsqu’il a été souligné que les élus eux-mêmes ne scolarisaient pas leurs enfants sur Vaulx. L’égalité des chances implique l’acquisition des bases qui vont permettre d’évoluer plus facilement dans les études et ensuite dans la vie active. L’apprentissage de la natation est une pierre de l’édifice mais pas son seul fondement. Il faut savoir ce que l’on veut porter. C’est à nous de rendre les choses plus justes et nous devons tous nous y employer. Pour aller au fond des choses, il y aurait beaucoup à dire sur le projet de ville voulu et initié par Maurice Charrier. Il est aussi le fond du problème et il faut avoir le courage de dire les faits. Et c’est parfois difficile quand on a porté le projet ou bien quand on s’est laissé emporter par le projet, mais savoir reconnaitre que l’on s’est trompé est une grande preuve d’humilité. La municipalité de l’époque et son grand prêtre auraient pu partir mener une réflexion plus aboutie sur les ruines du Grand Vire et les événements des années 1990. L’analyse aurait dû conduire au constat qu’il y avait un contexte à changer. Or, même si on a donné à travers le renouvellement urbanistique, le sentiment que la ville allait se transformer, le fond lui n’a pas été modifié ni son équilibre qui aurait dû être un des objectifs. Quand Maurice Charrier fait ses colloques en tant que pseudo spécialiste de la rénovation urbaine, c’est la face visible de l’iceberg qu’il met en avant dans ses présentations mais l’essor de Vaulx-en-Velin, se dessine en aggravant les conditions budgétaires décrites par Hélène Geoffroy sans apporter de réponses concrètes aux Vaudais et à leurs problèmes. Tout ceci, nous le dénonçons depuis des années sans nous faire entendre. Les écoles ne sont qu’une des composantes du mal être Vaudais. Les commerces sont eux aussi également dans une situation de crise ainsi que bon nombre de quartiers qui s’effacent devant les projets de ZAC (Cachin, la Balme et tant d’autres). Les Vaudais méritent également une ville agréable à vivre, en termes de sécurité, de propreté, et d’embellissement comme par exemple des entrées de villes dignes de ce nom. Autant de points qui demandent des besoins financiers mais devant le gouffre financier qui nous a été présenté nous comprenons maintenant pourquoi cela n’a jamais été fait. Ce sera aussi un des enjeux du présent mandat.