Lettre ouverte au ministre de l’Education Nationale.

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Jeudi 5 septembre 2019

Après 3 jours de grève, une audience avec l’inspecteur d’académie, et le silence du rectorat, les personnels du collège Henri Barbusse adressent cette lettre ouverte au Ministre de l’Education Nationale.

Monsieur le ministre de l’Éducation Nationale, 

Nous vous interpellons par ce courrier car dans notre collège Henri Barbusse, REP+ de Vaulx-en-Velin, la rentrée n’a pas eu lieu cette année.
En effet, l’ensemble des professeurs est en grève depuis déjà trois jours en raison des conditions d’accueil dégradées que votre administration propose à nos élèves. Voilà plus de 15 ans que nous sommes parvenus à maintenir des effectifs de classe limités à 24 élèves, en accord avec toutes les préconisations des assises de l’éducation prioritaire.

Cette question des effectifs limités est le socle sur lequel nous avons bâti l’ensemble de notre ingénierie pédagogique afin que nos élèves, issus d’un quartier particulièrement défavorisé, aient tous accès à la réussite.

En cette rentrée, non seulement nos effectifs sont entre 24 et 27 élèves par classe avec un niveau sixième particulièrement chargé, mais vos services nous assurent qu’ils pourront encore largement augmenter au cours de l’année.

En cette rentrée, nous découvrons que si de tels seuils d’effectifs sont atteints, c’est que votre administration a décidé de ne plus prendre en compte les élèves SEGPA et UPE2A pourtant inclus dans nos effectifs de classe.

En cette rentrée, mise sous le signe de «l’inclusion» des élèves ULIS relevant du handicap, vos services font disparaitre les autres types d’élèves à besoins particuliers de nos chiffres comme s’ils n’existaient plus.

Nous vous rappelons que si les ULIS sont bien inclus, ils sont de fait comptabilisés dans nos classes. Au même moment, les élèves qui rencontrent les plus «graves» et «persistantes» difficultés (SEGPA) et ceux non francophones ou récemment arrivés dans notre pays (UPE2A) ne comptent plus dans nos effectifs.

Vous comprendrez donc, qu’au-delà du niveau déraisonnable de nos effectifs, c’est le principe même d’égalité républicaine qui est rompu à l’égard de ces enfants et de leurs parents.

Monsieur le Ministre, puisque votre administration au niveau local reste désespérément sourde et muette à notre demande de moyens et de justice, vous êtes le seul en mesure de rendre l’inclusion des élèves à besoins particuliers aussi réelle qu’effective. Dans le cas contraire, nous vous enjoignons à nous répondre publiquement pour expliquer à la Nation que les élèves non francophones et ceux en grandes difficultés scolaires ne comptent plus dans les classes de la République.

Veuillez croire, Monsieur le Ministre, que notre engagement est totalement dédié à la réussite de tous nos élèves.