Philippe moine invente le mélange de l’huile et de l’eau

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Mardi 10 décembre 2019

C’était une secret de polichinelle. Depuis plusieurs mois malgré quelques commentaires de l’intéressé prétendant se mettre en retrait de la vie politique et démentant tout rapprochement, plusieurs indices confirmaient le ralliement de l’élu de droite avec les socialistes d’Hélène Geoffroy. Et pourtant, le socialisme, ce n'était pas sa tasse de thé à Philippe Moine.    

Si certains à droite font souvent référence au général de Gaulle, pour Philippe moine, souvent confondu avec Emmanuel Moine le boulanger du village, sa référence pour justifier cette alliance de la carpe et du lapin, ce revirement de position, c’est le président Macron et sa volonté de casser les lignes. Et oui, avant 2017 impossible de mélanger de l’huile et de l’eau. L’ère Macron engendre le tout est possible. D'autant que Geoffroy est apparement Macron compatible. 

Et si à l’approche des élections municipales Philippe moine se montre plutôt compatissant avec l’ancienne secrétaire d’Etat de François Hollande, il y a encore peu, les critiques étaient plutôt acerbes.

Par exemple, en décembre 2017 le journal le progrés titre : « Le chef de file de la droite locale (Philippe Moine) livre son analyse, fortement critique, de la gestion de l’équipe d’Hélène Geoffroy (PS) à mi-mandat ».

Propos recueillis par Hervé Pupier 

Quel est le principal domaine où vous auriez agi différemment d’Hélène Geoffroy (PS) si vous aviez été élu maire en 2014 ? 

« La sécurité, car le compte n’y est pas. Il a fallu l’état d’urgence pour que tombent les premières décisions. Pour l’heure, ce n’est que de l’affichage. On nous parle de 20 policiers municipaux en 2020, mais cet effectif devrait être atteint depuis longtemps. Même constat pour le déploiement annoncé de 80 caméras de vidéo protection. Et le centre de supervision urbain n’est toujours pas opérationnel. Pour ma part, j’aurais doté les policiers municipaux d’armes à feu. Hélène Geoffroy a opté pour un équipement a minima. Si on met les moyens, on peut obtenir des résultats significatifs. Tel est le cas à Rillieux-la-Pape.  (Le couple propose 100 policiers municipaux à la fin 2026)

Autre domaine où les lacunes sont patentes : la propreté.

La ville est sale, c’est le sentiment général. Signer des conventions avec la Métropole, c’est bien, mais l’efficacité et la réactivité, c’est mieux et c’est possible. »

La municipalité s’emploie à renforcer la mixité sociale. Vous approuvez ?

« Elle ne va pas assez loin. Les futurs programmes ne devraient pas compter 20 % mais 0 % de logements sociaux. Il faut descendre en dessous de la barre des 50 %, objectif annoncé pour seulement 2024, contre 58 % aujourd’hui. » 

L’effort sur les écoles est-il à la hauteur des besoins ?

« Oui. Il y avait un impératif dans ce domaine. La Ville y répond avec la construction ou la réhabilitation de groupes scolaires. »

Vous pointez l’absence de redressement des finances. Mais le contexte budgétaire n’est-il pas très contraint ?

« Vaulx-en-Velin n’a pas subi de baisse des dotations de l’État. Pour autant, et contrairement à son engagement de 2014, Hélène Geoffroy n’a pas réduit l’endettement. Il y a des économies d’échelle à réaliser. Sur le Planétarium par exemple, la Ville continue d’assumer seule le budget d’un équipement à vocation régionale. Dans le secteur social, des organismes reçoivent des subventions alors qu’ils sont redondants. Cette redistribution relève d’un fonds de commerce électoral sous-jacent. Pour rationaliser, il faut du courage politique… »

Hélène Geoffroy a engagé la modernisation de l’administration communale. Qu’en pensez-vous ?

« Vaulx emploie plus de 1 000 permanents contre 530 à Caluire, qui compte le même nombre d’habitants. Bien sûr les problématiques ne sont pas les mêmes. Réorganiser les services ne suffit pas, il convient de revoir la méthode de travail. Il ne s’agit pas de dégraisser le mammouth mais de le rendre plus efficace afin de répondre aux besoins des Vaudais. »  

 

En  juin 2018 suite à l’insécurité qui a traversé la ville, Philippe Moine le chef de file de la droite vaudaise à la tête du groupe d’opposition « Vaulx, c’est vous » envoie des grands tacles à la gestion de crise mise en place par Hélène Geoffroy.

 « La réaction semble bien dérisoire et surtout extrêmement tardive face à l’ampleur des dégâts »

 « Aujourd’hui le ver est dans le fruit. Et les petites incivilités d’il y a quelques années s’entrechoquent avec le grand banditisme et les extrémismes. En ce sens, la réaction de Madame la maire semble bien dérisoire et surtout extrêmement tardive face à l’ampleur des dégâts. Elle reprend point par point les propositions de notre groupe faites en 2014 et ambitionne aujourd’hui de les mettre en œuvre », déplore le conseiller municipal.

Et de fustiger « le temps perdu » avant de prévenir : « Si les intentions sont là, les actes seront-ils au rendez-vous ? Et le seront-ils rapidement ? Car les habitants ont suffisamment soupé des opérations de communication municipale qui ne débouchent sur rien ».

Brusquement à l’approche des élections municipales Philippe Moine travaille « depuis quelque temps déjà à un projet commun avec Hélène Geoffroy ». Surement un projet de droite puisque le proche de Philippe Cochet le maire LR de Caluire et de Michel Forissier l’ancien maire de Meyzieu  n’entend pas renier sa sensibilité.

Et lorsqu’il y a un rapprochement entre deux idéologies politiques avec un mode de pensée marqué par de solide différences, on évoque le partage de valeurs. Sur la question des valeurs, il pourra évoquer avec Hélène Geoffroy l’affaire Chekhab « Au centre de son désaccord profond avec la municipalité d’Hélène Geoffroy et « sa volonté de voir l’adjoint démissionner après ses propos du printemps dernier, le recours administratif qu’il a déposé et sa réponse aux critiques suite à sa promesse de boycotter les conseils tant qu’il n’aura pas obtenu gain de cause ».

Puisqu’il partage des valeurs avec Hélène Geoffroy, Philippe Moine pourra lui parler des subventions versées dans le cadre du plan de lutte, de celles versées à L’EPI qu’il a régulièrement fustigé. « Cette redistribution relève d’un fonds de commerce électoral sous-jacent »

Et en terme de gestion, les discutions vont être chouettes. Pendant des années le leitmotiv de Philippe Moine concernant les finances publiques vaudaise, « Trop de dettes, Trop de personnel municipal, trop de subventions distribuées à droite et à gauche, trop de, trop de, …. » va peut-être trouver des réponses.

Vivement que soit dévoilé le projet commun de Philippe Moine et Hélène Geoffroy en espérant que ce ne soit pas comme le fabuleux rapport Auroux dont personne n’a vu la couleur.

 

Et Philippe Zittoun de faire le commentaire suivant sur les réseaux sociaux en réponse à un point du communiqué de Philippe Moine « Les oppositions actuelles à la majorité municipale, dont celle que j’ai l’honneur de présider jusqu’à ce jour, ne sont pas de mon point de vue, en capacité de fédérer et de porter un projet consensuel ».

  

Gageons que le prochain conseil municipal qui aborde le débat d’orientation budgétaire sera quelque peu animé. D'ailleurs c'est peut être Philippe Moine qui l'a rédigé ?   

 

Thomas Petragallo