Le PCET à la sauce bilan

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Jeudi 30 janvier 2020

C’est le graal de la démarche environnementale municipale, la bible de la transition écologique vaudaise, le catalogue de la redoute format 3.0 des actions développement durable. Un labeur de cinq longues années accompagné par un cabinet extérieur spécialisé. Résultat, le PCET Vaudais est né en octobre 2018. La municipalité en a beaucoup parlé en 2019 et continue à en parler en 2020. C’est que l’accouchement a été long et l’enfant tellement beau alors il ne faut pas gâcher son plaisir. Chaque occasion est bonne de le remettre sur le tapis comme lors du dernier conseil municipale ou l’adjoint à l’environnement en a fait la lecture.

Comme je l’ai dit, avec le sport, la sécurité, la démocratie participative, l’environnement ce n’est pas trop le truc d’Hélène Geoffroy, personne n’est parfait, elle a des qualités dans d’autres domaines notamment celui de l’outplacement politique et de l’alignement des planètes. Question carrière politique pour l’instant c’est presque un sans-faute. Hormis une défaite aux municipales de 2008, son parcours de professionnelle de la politique est rectiligne. On l’annonce déjà dans les starting-blocks pour les élections sénatoriales qui auront lieu quelques mois après les élections municipales. Il faut dire qu’elle ne tient pas en place notre maire, Paris semble exercer un certain magnétisme sur elle.

D’ailleurs en juin 2019, notre maire ancienne secrétaire d’État chargée de la ville sous François Hollande, a été nommée à la présidence du comité national de suivi des conseils citoyens. Elle entend « réinsuffler des perspectives et de l’énergie » à ces instances créées en 2014. Avec la modestie qui la caractérise Hélène Geoffroy n’a pas communiqué cette information dans le journal municipal. Quand on voit dans quel état se trouve notre conseil citoyen, non loin de tomber dans le coma, nul doute qu’elle sera la spécialiste du sujet.

L'environnement est un autre chaud sujet d’actualité, il faut bien montrer que c’est une préoccupation municipale et le bilan de mandat ne manque pas de mettre en avant le travail accompli. Déjà le titre du chapitre qui lui est consacré est par lui-même évocateur. Environnement et Développement Durable. La Définition du Développement durable se suffit à elle-même car l’environnement n’est pas dissociable du Développement Durable, c’est un tout.

Il se trouve que l’adjoint à l’environnement faisait partie du groupe APVV jusqu’en octobre 2018. C’était un des postes attribué à l'APVV en 2014 lors de l’accord du second tour car chacun sait que la préoccupation environnementale a toujours été et restera toujours un sujet majeur au sein de l’APVV.

Cet adjoint a donc régulièrement tenu informé le groupe des avancées et des projets en cours, d’autant que les questions ne manquaient pas à son intention. Eh bien, à part la problématique des antennes relais, le panier était loin d’être garni. Le leitmotiv « On y travaille, mais c’est pas facile, le temps administratif, c’est compliqué » a souvent été la réponse apportée mais rarement grand-chose de concret, ce qui a rendu l’APVV dubitatif d’où des tensions naissances.

Le bilan environnemental d’Hélène Geoffroy est présenté sous un angle qui n’est pas le reflet de la réalité, mais honnêtement, quel maire produirait un document qui plaiderait en sa défaveur ? Effectivement, il y a bien eu un service environnement de créé mais déjà du temps de Maurice Charrier il y avait un adjoint à l’environnement qui aujourd’hui se trouve exercer au cabinet du maire.

Alors le lot de consolation c’est le fameux PCET. Les premiers PCET ont commencé à être mis en œuvre en 2012, il existe donc une large panoplie d’exemples qui permettent aujourd’hui d’élaborer en peu de temps un PCET, d’autant que le nôtre a été bâti en partenariat avec celui de la Métropole de Lyon. Ce qui est important, c’est d’établir un diagnostic dans les différents domaines afin de construire un plan d’action. Les domaines sont connus, Vaulx-en-Velin n’a pas eu besoin d’inventer le fil à couper le beurre.

Le bilan est donc un inventaire à la Prévert de ce qui apparait comme une démarche classique qui fait la part belles aux actions internes que personne ne peut contredire puisque difficilement vérifiables.

Pour les actions externes, la solution c’est le principe « comité Théodule » encadré en plus par un cabinet extérieur avec appel à projets à clé couronné par un budget de 20 000 euros à dispatcher. Le truc classique des vieux partis politique. Et cela permet de faire de la communication.

Le top du bilan ce sont les actions menées sur la zone agricole dite « Terre du Velin » appellation donnée sous le mandat de Bernard Genin à un projet de revitalisation. Depuis 2014 la municipalité et l’adjoint à l’environnement qui gère aussi l’agriculture en sont encore au niveau des appels à projet. Dites-nous ce que vous voulez faire ? D’ailleurs le cabinet du maire a pris contact avec Décines pour demander ce qui avait été fait par cette collectivité. Alors que ce patrimoine agricole est une des richesses de la ville et que la ville elle-même possède une cinquantaine d’hectares ce potentiel n’a pas fait l’objet d’une grande attention.

Le bilan est sympathique, mais il s’attribue tout un ensemble d’action dont l’origine vient du tissu associatif et des habitants engagés et dans les faits la ville ne participe pas souvent aux actions portées par la métropole ou à d’autres niveaux.

Si le bilan en matière de développement durable a largement été embelli, plus que le fleurissement et les espaces verts qui malheureusement n’ont pas obtenu « la première fleur » promise par Hélène Geoffroy en conseil municipal, il a le mérite de mettre en avant l’impérative nécessité de la préservation de la planète. Il est cependant regrettable que lors du lancement de campagne d’Hélène Geoffroy, le candidat adjoint à l’environnement dans sa prise de parole n’ait trouvé comme argument de son action que de taper sur Stéphane Bertin.

Il devrait conserver dans un petit coin de sa mémoire dans quelles conditions il a obtenu son poste d’adjoint et avoir plus de reconnaissance pour ceux qui lui ont fait confiance et l’on fait élire alors qu’il était loin d’être le plus méritant. S’il avait fait preuve d’honnêteté il aurait démissionné.

Se sentant lui aussi porté par la vague verte il a souhaité adhérer à EELV fin 2019 et tel un représentant de commerce est arrivé avec son PCET. Mais loin de susciter l’intérêt de ses interlocuteurs il a raté son « examen d’embauche ». Il aura cependant droit dans quelques temps à une session de rattrapage.

Thomas Petragallo.