#indignations-sélectives

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Mercredi 26 février 2020

 

Après des années à suivre l’actualité vaudaise, je peux affirmer posséder une certaine connaissance des personnes qui agissent au niveau politique sur la ville. Et dans ce domaine c’est assez facile car on ne peut pas dire que les nouvelles têtes, au niveau des leaders sont foisons. En général à chaque élection on prend les mêmes et on recommence.

En politique plus qu’ailleurs semble-t-il, le comportement de tout-un chacun est à souligner car au niveau de la cohérence cela frôle parfois le burlesque. Ce qui est l’essence même du politique « la conviction, les valeurs) est souvent sacrément bousculé par ce que l’on peut nommer intérêt personnel.

Et dans ce domaine il y a les petits joueurs, les amateurs et les professionnels. On peut ajouter à la liste, le redevable. C’est-à-dire celui qui a bénéficié pour lui ou un membre de sa famille d’une « faveur ». Aucun de ceux-ci ne s’indignera. Certain feront profil bas, d’autres au contraire tenteront par tous les moyens de se justifier. Tout le monde connait les termes gratter, aller à la gamelle.

Quelque fois, il arrive que l’on se fasse abuser, séduit par la nouveauté d’une promesse. Celle du président normal de François Hollande ou du nouveau monde d'Emmanuel Macron par exemple. Mais la réalité ne tarde jamais à nous rattraper car elle apparait finalement au grand damne de nos espoirs disloqués.

C’est ce qui s’est passé avec Hélène Geoffroy qui a rapidement renié tous ces engagements et fait beaucoup moins bien que ces prédécesseurs dans beaucoup de domaines. 

J’ai toujours trouvé que l’analyse de Raymond Barres avait un relent de vérité et qu’il était nécessaire de la mettre en pratique sur notre ville gouvernée depuis trop longtemps par une même équipe.

« Il ne faut pas qu’un même homme, une même équipe, un même parti ou un même clan reste trop longtemps au pouvoir. Que ce soit à la tête d’un pays ou d’une ville. Car forcément de mauvaises habitudes se mettent en place, des réseaux se créent….C’est pour cela que le renouvellement des élus et du personnel politique est indispensable et que l’alternance peut être une très bonne chose »

Lorsqu’un homme politique d’expérience exprime aussi formellement un point de vu, c’est qu’il y a une réelle nécessité à appliquer ce précepte.

C’est cette raison qui m’a guidé dans ma démarche en 2014 et non animé par un quelconque esprit de vengeance ou quelque autre forme de manigance. Pour moi un renouvellement ne pouvait être que profitable aux vaudais. 

C’est ainsi qu’Hélène Geoffroy a pu gravir les marches de l’hôtel de ville et s’installer dans le fauteuil de maire. Cela n'a pas été une réussite je l'avoue.  

Mediavaulx alors était très critique sur l’exécutif conduit par Bernard Genin. Pas sur les personnes, jamais il n’a été question d’attaque sur la vie personnel de quiconque, comme aujourd’hui encore d’ailleurs ». Hors de question de jouer les « Voici ».

Les sujets des articles ont toujours porté sur les actions ou les inactions de l’exécutif, l’opposition n’ayant qu’un faible rôle. C’est la règle du jeu lorsqu’on participe à la vie publique de se mettre à la portée d’un contre-pouvoir et c’est une chance qu’offre notre démocratie.

A cette époque, ceux qui s’indignent aujourd’hui des propos de médiavaulx étaient les premiers à applaudir les faits dénoncés. Parfois même à en rires. Comme l’arroseur arrosé les voilà qui aujourd’hui bavent comme des limaces lorsque des commentaires leurs sont moins favorables. De l’indignation sélective en somme. Ce qui permet en outre de satisfaire leur besoins d’expression sur les réseaux sociaux.  

J’aurai souhaité que ces personnes, s’indignent au sujet des attaques portés sur certains candidats sur ces mêmes réseaux sociaux. C’est encéphalogramme plat de la part de ceux sur lesquels pourtant l’index a été pointé.

Oui j’ai été sensible à l’agression qui s’est déroulé samedi et dont l’issu est encore incertaine pour celui qui se trouve dans un état grave. N’en ai-je pas le droit ? Comme je serais en droit d’attendre que l’on communique les chiffres de la délinquance sur notre ville.

Cette violence récurrente qui comme je l’exprime n’est pas l’apanage de Vaulx-en-Velin n’est-elle pas condamnable ? Ces actes gratuits pour des futilités sont inquiétants et faudrait-il garder le silence ?

N’ai-je pas d’autant plus le droit de m’interroger alors que l’adjoint à la sécurité claque la porte en s’épanchant sur le fait d’avoir été empêché par Hélène Geoffroy de mener des actions pour lutter contre les incivilités ? Cette dernière préférant jouer de la communication avec les élites de la nation. 

La campagne des municipale n’a pas empêché l’exécutif de distribuer 140 pages de bilan et Hélène Geoffroy de se fendre d’un courrier aux vaudais pour dire que tout va bien. La preuve que tout ne va pas bien ce sont les fats.

Ces personnes si prompts à réagir sur les réseaux sociaux s’indigneraient-elles dans le cas ou des personnes ce seraient vues comment dirait-on « intimidées » si elles se présentaient sur une liste concurrente ?

C’est toujours facile de faire de la morale lorsque cela concerne les autres et de s’indigner de manière sélective. J'en connais qui ont été beaucoup plus critiques que je ne le suis envers l'équipe d'Hélène Geoffroy. Jusqu'à encore peu,  leurs remarques étaient accerbes et voila que brusquement depuis leur soutien à l'exécutif et leur présence sur la liste des municipales, Hélène Geoffroy et son équipe possède toutes les vertues y compris celles d'accepter la proximité de personnes qui n'hésitent pas à tenir des propos que l'extrême droite n'aurait pas renié.

 

Thomas Petragallo