On ne prête qu’aux riches

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Vendredi 28 février 2020

Le loup fini toujours par sortir du bois. Dès le début 2019 les manœuvres d’Hélène Geoffroy en vue de sa réélection commençaient à être visibles. Soutiens appuyés de David Kimelfed le président LREM de la métropole lors des vœux de janvier 2019 et 2020, puis plus surprenant encore, le fameux courrier sur la stratégie du parti présidentiel qui place Hélène Geoffroy comme une tête de pont pour renforcer l’aile gauche du parti LREM et collecter des renégats PS.

Selon son habituelle constance, Hélène Geoffroy joue la carpe et ne répond pas aux questions des uns et des autres. Par contre,elle est beaucoup plus bavarde sur les plateaux de télévision lorsqu’il faut enjoliver son mandat face à des journalistes qui l’écoutent béats réciter une leçon bien apprise et n’apportent aucune contradiction. Bravo les médias pour ces exercices démocratiques qui ne donnent pas aux autres candidats l’occasion de s’exprimer. On ne prête qu’aux riches.

Seuls les habituels partenaires de gauche pointent du doigts cet étrange imbroglio et ont mis l’index sur l’impossibilité de conduire une liste rassemblée pour les élections métropolitaines sur Rhône Amont avec des socialistes de moins en moins socialistes et très enclins à jouer l’ouverture à droite.

Finalement, à l’approche du dépôt des listes, la situation s’est décantée. Et l’annonce arrive. Le président de la métropole fusionne sa liste avec celle d’Hélène Geoffroy ce qui donne un mixe PS-LREM dissidents puis, Emmanuel Macron lui apporte son soutien pour les municipales et par rebond pour les métropolitaines mettant en porte-à-faux celui à qui il a pourtant donné l’investiture, c’est-à-dire Gérard Collomb qui présente lui-même une liste concurrente. Il faut suivre…..

Là où cela devient encore plus compliqué et met en avant la duplicité en matière d’arrangement politique c’est que le parti du président Macron, plutôt que soutenir les marcheurs vaudais qui ont contribué à son élection et ont tracté pour les élections législatives et européennes apporte son soutien à une opposante.

Une opposante qu’il connait bien pour l’avoir fréquenté lorsqu’ils étaient tous deux membres du gouvernement Valls. Le copinage qui prévaut dans les grands corps d’état, prévaut également en politique ou les petits mots face à la presse ne sont que du théâtre de façade. Allez, on continu à s’envoyer des SMS « Pour garder le contact  et partager les petites nouvelles de Paris».

L’attitude du PS est pour le moins étrange. Toujours prompt à donner des leçons c’est le silence complet. Où est passé le premier secrétaire du PS du Rhône ? nous aimerions bien avoir son avis sur la question du mélange des genres. Et que dire du secrétaire national du PS Olivier Faure.

C’est la franche rigolade quand on les écoute parler l’un et l’autre. Des baudruches qui se dégonflent dès qu’il faut passer aux actes. On va sévir…pouf pouf pouf..

Hélène Geoffroy voit dans la démarche d’Emmanuel Macron, « la reconnaissance d’un bilan, d’un travail sérieux fait sur la ville », comme si le président de la république savait ce qui se passe sur Vaulx-en-Velin, plutôt préoccupé par ses réformes qui piétinent. Et puis dans la liste d’Hélène Geoffroy il y a soi-disant des marcheurs. A part madame Jacob qui a bien tenté de marcher, je vois plutôt des suiveurs.

Ce qui est drôle dans ce genre de manigance politicienne, d’arrangement entre ami c’est la justification de la situation. En fonction du contexte pour certains, le national n’a pas à être pris en considération car c’est une élection locale et pour d’autres au contraire cela à nécessairement un impact.

Les Christine Bertin, Jaafar Greinch, Jihade Belmari doivent se poser beaucoup de question pour la considération que leur porte un parti qui se dit du nouveau monde. Un parti qui se dit démocratique et qui finalement montre que le pouvoir de décision n’est pas dans les mains des référents ou autres instances de proximité mais au sommet de la chaîne alimentaire.

Pour les socialistes vaudais il a souvent été question de conviction dans leur démarche. Il apparaît à la lueur de la flamme des municipales que celle-ci brûle faiblement, voire est éteinte. L’esprit de gauche qui soi-disant animait leurs convictions a disparu au profit de la conservation du pouvoir qu’offre les rênes de l’exécutif. Un exécutif qui n’a eu de cesse de reproduire toutes les déviances reprocher à leurs prédécesseurs comme si un général vainqueur pouvait tout s’autoriser.

Les militants socialistes sont moins prompts aujourd’hui à s’interroger sur le rapprochement républicain ordonné autours Hélène Geoffroy et notamment sur la question de la réflexion autour du Rassemblement National. Si Christiane Perret-Feibel s’est fait tancer suite à son appel à voter Marine Le Pen il n’en demeure pas moins qu’elle n’est pas la seule dans la proximité d’Hélène Geoffroy à jouer de cette ambiguïté. Ce qui démontre bien que lorsqu’il est questions arrangements les principes tombent à l’eau. Au minimum cinq colistiers de droite et bien à droite dans la liste Geoffroy. 

Je me souviens également qu’en 2014 Muriel Lecerf avait quelques différents de cohabitation avec Joëlle Giannetti, trop à droite et tenant des propos insupportables à ses oreilles. Persona non grata. Je suis content de voir qu’avec le temps les relations s’améliorent et que finalement les deux colistières sont sur la même longueur d’onde. A moins que ce ne soit que de façade ?

Joelle Giammetti n'a cependant pas toujours soutenue Hélène Geoffroy. Il y a encore quelques semaines elle faisait campagne avec Sacha Forca dont elle devait occuper la seconde place sur sa liste. Avec lui, elle a rencontré le maire LR de meyzieu Christophe Quiniou et la maire de Décines LR laurence Fautra. Et puis brusquement la voila qui change de crémerie abandonnant Sacha Forca pour Hélène Geoffroy qui a pourtant été adjointe de Maurice Charrier, avec Muriel Lecerf, Pierre Barneaoud et Armand Menzikian et donc également responsable de tout ce qu'elle reproche avec véhémence aux communistes. Pour faire un tel grand écart, Hélène Geoffroy à du avoir de bons arguments ou bien  Joelle Giammetti a su être convaincante. 

Le patrimoine et l'urbanisme vaudais seront peut-être entre de bonnes mains. Messieurs les promoteurs finis de faire n’importe quoi. Je l’entends déjà dire à l’adjoint qui serait en charge de l’urbanisme « Tu ne vas pas accepter ça ! ». Hélène (parce Joëlle Giannetti tutoie madame la Maire) on ne va pas faire comme cela !!!. 

Et je me pose une question. En cas de réélection d’Hélène Geoffroy, qui verrons nous arriver  en tant que chargé de mission patrimoine ? Je pense avoir une piste.....

Il y a beaucoup de personnes qui gravitent autour des municipalités. Quand on aborde le sujet elles prennent des postures offusquées, ce n'est jamais vrai. Prêtes à afficher des pudeurs de gazelle, on les voit arriver comme un fleur le moment venu.    

Thomas Petragallo